ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 03 Janvier 2007

 

PLUS D'UN MOIS APRÈS LA GRÈVE DU PAR LE SYNDICAT NATIONAL DE L'ÉDUCATION NATIONALE

Le gouvernement et le Sena s'accordent sur des mesures et décisions significatives

A la suite de la grève lancée le 15 novembre 2006 par le Sena, des pourparlers, placés sous l'égide du Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong, ont été entamés avec les pouvoirs publics en vue de trouver des solutions aux revendications ders enseignants. Une Comité de suivi chargé de veiller à l'application desdites mesures a été mis en place.

PLUS d'un mois après la grève illimitée lancée par le syndicat national de l'Education nationale (SENA), les négociations entamées avec le gouvernement, sous l'égide du Premier ministre, Eyéghé Ndong, ont. débouché sur plusieurs conclusions significatives visant l'amélioration de la situation des, enseignants.

Après avoir examiné le cahier de doléances en vingt-huit (28) points que lui avaient transmis les responsables de ce syndicat, lesquels entendaient amener le gouvernement à trouver des solutions aux nombreux problèmes posés par le personnel enseignant, le chef du gouvernement n'avait pas hésité à les appeler à la table des négociations. Convaincu de ce que, au regard de l'importance du secteur de l' Education nationale et surtout de la pertinence des revendications, l'ouverture du dialogue prôné par le président de la République, Omar Bongo Ondimba, était la seule voie permettant aux responsables de ce syndicat et au gouvernement de débattre de tous les problèmes et surtout de leur trouver des solutions.

C'est dans cet esprit que ,est ouvert le dialogue entre le Sena et plusieurs administrations publiques représentées au plus haut niveau. Outre jean Eyéghé Ndong, l'Exécutif était représenté par le ministre de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative et de la Modernisation de l'Etat et du ministre délégué aux des finances. Ces discussions qui se sont déroulées pendant plusieurs semaines ont permis la prise de plusieurs mesures et décisions importantes ouvrant des perspectives prometteuses, tant sur le plan de l'amélioration des conditions de vie et de travail du corps enseignant, que sur celui de la politique éducative en général. La synthèse des négociations, dont copie nous est parvenue, marque la volonté affirmée de ce pan de l'Exécutif agissant suivant les directives présidentielles, de changer la donne à l'origine des remous enregistrés dans ce secteur important de la vie nationale.

INTEGRATIONS• Au sujet de l'amélioration des conditions de vie des personnels, premier grand axe des discussions, la régularisation des situations administratives, professionnelles et financières des agents de Education nationale et de l'Enseignement supérieur, la reprise des travaux du guichet unique à partir du 20 décembre 2006 ont été obtenues. Il est envisagé la signature de tous les dossiers en instance y compris ceux rejetés à la suite du changement de gouvernement devant intervenir ce mois au terme des législatives tenues les 17 et 24 décembre dernier. Concernant le point relatif à la rectification du décret n°1483 du 15 octobre 1996 portant intégration à titre exceptionnel et de l'arrêté n° 0895 du 20 mars 1997 portant engagement dans la Fonction publique des agents du privé confessionnel, deux (2) projets d'arrêtés ont été pris: l'arrêté n° 0084 du 21 janvier 2000 portant validation des services auxiliaires des agents du privé confessionnel et l'arrêté du 15 février 2001 portant validation des services auxiliaires des agents du privé confessionnel. Dans cette perspective, il est prévu de faire un point avec les directions nationales des enseignements privés confessionnels pour identifier les agents dont les dossiers sont incomplets. Il a été indiqué qu 'en ce qui' concerné renseignement catholique, les dossiers sont en instance à la Fonction publique pour signature, tandis que pour enseignement protestant, aucun dossier n'a été, à ce jour, transmis par la direction nationale.

Quant à l'intégration à titre exceptionnel des enseignants auxiliaires, on retient que 1287 auxiliaires ont été recensés sur l'ensemble du territoire. Sur ce total, 1018 dossiers de recrutement complets sont prêts pour signature par les autorités compétentes. Pour ce faire, une évaluation et programmation budgétaire sur la base des listes nominatives détaillées des auxiliaires recensés. Les auxiliaires retardataires sont appelés à compléter leurs dossiers, de même qu'il est envisagé la transmission à la Fonction publique pour la prise des textes de recrutement à titre exceptionnel.

INDEMNITES• S'agissant du paiement de la prime de logement aux inspecteurs et conseillers pédagogiques, quatrième point, les deux parties sont tombées d'accord sur l'établissement d'une liste détaillée des personnels d'encadrement concernés (inclure l'établissement d'affection) et transmission à la direction générale du Budget. Un projet de texte définissant la notion d'enseignant, un décret élargissant le bénéfice du loyer d'astreinte forfaitaire aux inspecteurs et conseillers pédagogiques sont revus en termes de perspectives. En matière il prime d'incitation à la profession d'enseignant revendiquée par le Syndicat de l'Education nationale, il a été rappelé que des mesures incitatives existent: l'indemnité de spécialité à taux différenciés instituée en janvier 1994 fixant les montants et les modalités. Par ailleurs, la finalisation des textes sur l'indemnité d'éloignement pour les personnels enseignants, d'attribution de l'indemnité de spécialité, le loyer d'astreinte forfaitaire pour les personnels enseignants, sont annoncées. Toutefois, la mise en place de la Fonction publique de l'Education née de la refonte du Statut de la Fonction publique devrait permettre la création d'autres mesures incitatives.

Lors de ces pourparlers qui ont accordé une place de choix aux questions financières, le paiement de la prime d'éloignement existe depuis 1995, a-t-on rappelé. Mais "en vue de l'application de la mesure en concertation avec le ministère des Finances, le ministère de l'Éducation a identifié pour chaque degré d'enseignement la liste des établissements et le nombre d'enseignants en service dans les zones de services déshéritées"", deux projets d'arrêtés d'application prévus par le décret du 18 juillet 1995 ont été élaborées et transmis à la direction générale du Budget pour avis. A cet effet, la validation et signature des deux arrêtés devraient intervenir incessamment. Il reste, néanmoins, que l'abrogation du texte actuel demandé par le syndicat aurait comme conséquence d'annuler le caractère incitatif de l'indemnité d'éloignement, lit-on dans le document.

DOSSIERS• Dans celui-ci, la question relative à l'intégration de tous les personnels en attente de postes budgétaires a été examinée. Il ressort des discussions que 895 dossiers d'attribution de postes budgétaires en instance ont été traités et transmis par la direction générale du Budget à la Fonction publique. Au total, 2192 postes budgétaires ont été attribués depuis décembre 2005. Pour cela, l'attribution des numéros matricules et l'établissement des attestations de recrutement seront assurées, de même que la transmission de 118 dossiers à la Fonction publique, envisagée. On relève, au titre des observations que 655 dossiers sont à compléter par les intéressés à la direction centrale du personnel des Ressources humaines. Les dossiers des sortants 2006 des écoles de formation (ENI et ENS) sont en cours de constitution par les intéressés.

La revendication ayant trait à la restauration des concours professionnels pour les catégories C et B2 n'a pas été négligée. Loin s'en faut. Un projet de texte ouvrant l'accès à l'ENI par la voie interne a été élaboré pour permettre aux agents B2 de bénéficier d'une formation et d'un reclassement après stage. On note que selon les besoins, des concours professionnels seront organisés par la Fonction publique à la demande du ministère de l'Education nationale. La validation et signature du projet de décret sont prévues.

Le second grand point portant sur l'amélioration des conditions de travail a permis l'ouverture de pourparlers sur trois aspects. Le premier visait la dotation à chaque enseignant des programmes scolaires et du matériel didactique. A ce sujet, des ressources existent dans les lycées et collèges pour la diffusion des programmes via les départements et le matériel didactique, reconnaissent les deux parties. Mieux, elles notent que la direction de I'imprimerie est mise à contribution en ce qui concerne le primaire. Depuis 2005, les programmes sont distribués de la 1ère à la 4e. Ceux de la 2e année le seront en septembre 2007. Le second, quant à lui, était relatif à l'acquisition des logements pour les personnels de l'Education nationale. Les démarches entreprises avec les partenaires en vue du financement sont en cours", lit-on en guise de réponse. Le troisième aspect, portait sur la sécurité de tous les établissements du premier degré. Le gardiennage des écoles primaires était devenu indispensable pour préserver ce précieux patrimoine. Le budget initial avoisinant 500 millions pour les seules écoles de la capitale et d'Owendo, a connu un diminution rendant quasiment impossible la poursuite de cette action pendant toute l'année. Il est envisagé de responsabiliser le directeur d'école en lui octroyant les moyens de recruter et de payer sous statut de main d'oeuvre non permanente un nombre de gardiens conforme aux besoins. Ainsi de réformer les 140 millions disponibles en postes budgétaires et octroyer des ressources additionnelles dont le montant est à évaluer par la tutelle ministérielle.

GRATUITE• La politique éducative constituait le troisième grand point des revendications du Sena, qui demandait à l'Exécutif d'instituer la gratuité de l'école, notamment les fournitures scolaires, les frais d'inscription et d'écolage, la tenue scolaire. Au terme des pourparlers, il ressort que depuis 2001, "le gouvernement consacre 472 millions de francs pour le programme de gratuité des manuels scolaires dans l'optique d'atteindre le ratio idéal de un manuel, un élève dans les matières principales. Ce programme s'est vu renforcé, avec le collectif budgétaire 2006, de 322 millions au titre de la mise en place de l'approche par compétence (APC) et de 1,4 milliard décidé par le président de la République". "En 2007, effort de l'Etat en la matière s'élèvera à près de 2,2 milliards de francs, ce qui ajouté aux ressources d'appoint gérées directement par les établissements permettrait d'asseoir durablement la politique de la gratuité des manuels scolaires". "Fin janvier 2007, les premiers stocks de manuels de mathématiques, français, physique-chimie et SVT seront livrés", une fois que les décaissements sollicités par le Premier ministre seront effectifs.

L'augmentation de la durée de la formation à l'ENI de 1 à 2 ans, un projet de décret a été élaboré. Alors que pour le recrutement et la formation des enseignants, il a été convenu du recrutement direct de 289 professeurs et sur concours de 194 instituteurs adjoints formés localement. Une formation des instituteurs adjoints dans les centres de province rentre dans les perspectives, tout comme l'organisation d'un concours pour le recrutement de 245 bacheliers scientifiques pour les classes préparatoires à l'ENS.

Source : Journal L'Union Plus du 03 Janvier 2007

 



   

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