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Le quotidien l'Union du 03 Janvier 2007

 

LÉGISLATIVES 2006

Majorité : trop de partis peu représentatifs

LA dernières élections législatives ont été pour ainsi dire révélatrices des véritables forces politiques de la majorité présidentielle. Au nombre de 40 partis, sept seulement s'en sont sortis avec au moins un député. Le gros de la troupe n'étant composé que de faire-valoir.

SUR la quarantaine des partis politiques que compte la majorité présidentielle, seuls, sept d entre eux se sont positivement illustrés au cours des dernières élections législatives en remportant au moins un siège sur les 120 à pourvoir à l'Assemblée nationale. Ce sont dans l'ordre le PDG, la principale formation politique de ce regroupement (83 députés), le RPG qui, avec ses huit (8) députés apparaît désormais comme la seconde force de cette coalition ; l'Adère (3 députés); le PSD (2) ; le CLR (2), enfin le MAD et le RDR un (1) député chacun.

Ces résultats officiels sont pour le moins révélateurs du manque de représentativité d'un grande nombre de partis au sein de cette majorité. Car, 33 d'entre eux n'ont guère été de la fête. Ce qui pose le problème de leur existence et celui de la pléthore des partis à la fois au sein de la majorité présidentielle et plus largement au Gabon.

Au demeurant, le départ en rangs dispersés desdits partis aux dernières législatives a été une bonne initiative. Cela qui a eu pour effet de démontrer les véritables force des uns et des autres. A l'issue des dernières législatives en tout cas, plusieurs partis de la majorité se sont révélés plus faiblards qu'ils ne se l'imaginent.

C'est à croire que le positionnement à l'intérieur de la majorité de ces formations politiques, semble n'être que tactique, pour ne pas dire que tous ces partis poursuivent un but inavoué. En dépit de leur faible représentativité, ils n'hésitent pas pour autant à se montrer agressifs. Exerçant parfois des pressions sur l'Exécutif. On se souvient encore de ce mouvement d'humeur manifesté par "les partis gazelles" du groupe dit d'Akébé. Les partis qui composent ce regroupement avaient, au lendemain de la présidentielle ayant reconduit actuel chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, à la tête du pays, fait grise mine sitôt après la formation du gouvernement, poussant une "gueulante" pour faire savoir aux principales figures de proue de l'exécutif qu'elles méritaient tout aussi bien que les autres partis de la majorité d'être récompensées pour le travail abattu sur le terrain. Ce travail s'est révélé insuffisant, sinon insignifiant, maintenant qu'ils ont été livrés à eux-mêmes.

GROOVERS. C'est à ne rien comprendre lorsqu'on observe le paysage politique national. Les partis politiques de la majorité comme ceux de l'opposition, du reste, ne se regroupent pas selon des affinités idéologiques. En France, pays qui nous sert souvent de modèle dans ce domaine, il y a ce qu'on appelle les partis de gauche, de droite, du centre, d'extrême gauche et d'extrême droite. Toutes ces dénominations ont un contenu idéologique. Chaque formation tient un discours cohérent et peut facilement être identifiée grâce à l'idéologie. qu'elle défend et dont ses adhérents se réclament. Ce qui n'est nullement le cas chez nous où tous les partis sont des coquilles vides sans contenu idéologique. A tel enseigne que certains regroupements de partis politiques se font sur des bases contre nature.

Il est plus qu'urgent de mettre un contenu idéologique crédible dans le positionnement politique de nos partis. De façon que l'opinion soit fixée à la fois sur les objectifs des uns et des autres et sur le mode de gouvernement qu'ils comptent instaurer en cas de prise du pouvoir.

La plupart des formations politiques manquent cruellement de ligne idéologique. Il y a même parmi elles beaucoup qui s'approprient un peu abusivement le nom de parti, d'autant qu'elles sont loin de remplir les conditions d'une formation politique dont l'ambition est à terme de prendre le pouvoir. Pour certains partis, on note même l'absence de siège et de militants, tandis que d'autres n'ont pour seul et unique fief qu'une simple circonscription électorale. Quel crédit accorder alors à ce genre de partis ?

Certains partis (Travailliste, Fundu, Gaulois, FDC, UNAF, RRI, etc.), n'ont d'existence que leur nom et sont, au mieux de simples faire-valoir, au pire des épiphénomènes encombrant le paysage politique national. Leurs leaders; tels des "grooveurs politiques", n'ont pour seule ambition politique que de se servir de la majorité comme d'une sorte de planque susceptible leur servir une pitance politique.

Source : Journal L'Union Plus du 03 Janvier 2007

 



   

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