LÉGISLATIVES 2006
Majorité
:
trop de partis peu
représentatifs
LA dernières élections
législatives ont été pour ainsi dire
révélatrices des véritables forces politiques de
la majorité présidentielle. Au nombre de 40
partis, sept seulement s'en sont sortis avec
au moins un député. Le gros de la troupe n'étant
composé que de faire-valoir.
SUR la quarantaine des partis
politiques que compte la majorité
présidentielle, seuls, sept d entre eux se sont
positivement illustrés au cours des dernières
élections législatives en remportant au moins un
siège sur les 120 à pourvoir à l'Assemblée
nationale. Ce sont dans l'ordre le PDG, la
principale formation politique de ce
regroupement (83 députés), le RPG qui, avec ses
huit (8) députés apparaît désormais comme la
seconde force de cette coalition ; l'Adère (3
députés); le PSD (2) ; le CLR (2), enfin le MAD
et le RDR un (1) député chacun.
Ces résultats officiels sont
pour le moins révélateurs du manque de
représentativité d'un grande nombre de partis au
sein de cette majorité. Car, 33 d'entre eux
n'ont guère été de la fête. Ce qui pose le
problème de leur existence et celui de la
pléthore des partis à la fois au sein de la
majorité présidentielle et plus largement au
Gabon.
Au demeurant, le départ en
rangs dispersés desdits partis aux dernières
législatives a été une bonne initiative. Cela
qui a eu pour effet de démontrer les véritables
force des uns et des autres. A l'issue des
dernières législatives en tout cas, plusieurs
partis de la majorité se sont révélés plus
faiblards qu'ils ne se l'imaginent.
C'est à croire que le
positionnement à l'intérieur de la majorité de
ces formations politiques, semble n'être que
tactique, pour ne pas dire que tous ces partis
poursuivent un but inavoué. En dépit de leur
faible représentativité, ils n'hésitent pas pour
autant à se montrer agressifs. Exerçant parfois
des pressions sur l'Exécutif. On se souvient
encore de ce mouvement d'humeur manifesté par
"les partis gazelles" du groupe dit d'Akébé. Les
partis qui composent ce regroupement avaient, au
lendemain de la présidentielle ayant reconduit
actuel chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, à la
tête du pays, fait grise mine sitôt après la
formation du gouvernement, poussant une
"gueulante" pour faire savoir aux principales
figures de proue de l'exécutif qu'elles
méritaient tout aussi bien que les autres partis
de la majorité d'être récompensées pour le
travail abattu sur le terrain. Ce travail s'est
révélé insuffisant, sinon insignifiant,
maintenant qu'ils ont été livrés à eux-mêmes.
GROOVERS. C'est à ne rien
comprendre lorsqu'on observe le paysage
politique national. Les partis politiques de la
majorité comme ceux de l'opposition, du reste,
ne se regroupent pas selon des affinités
idéologiques. En France, pays qui nous sert
souvent de modèle dans ce domaine, il y a ce
qu'on appelle les partis de gauche, de droite,
du centre, d'extrême gauche et d'extrême droite.
Toutes ces dénominations ont un contenu
idéologique. Chaque formation tient un discours
cohérent et peut facilement être identifiée
grâce à l'idéologie. qu'elle défend et dont ses
adhérents se réclament. Ce qui n'est nullement
le cas chez nous où tous les partis sont des
coquilles vides sans contenu idéologique. A tel
enseigne que certains regroupements de partis
politiques se font sur des bases contre nature.
Il est plus qu'urgent de
mettre un contenu idéologique crédible dans le
positionnement politique de nos partis. De façon
que l'opinion soit fixée à la fois sur les
objectifs des uns et des autres et sur le mode
de gouvernement qu'ils comptent instaurer en cas
de prise du pouvoir.
La plupart des formations
politiques manquent cruellement de ligne
idéologique. Il y a même parmi elles beaucoup
qui s'approprient un peu abusivement le nom de
parti, d'autant qu'elles sont loin de remplir
les conditions d'une formation politique dont
l'ambition est à terme de prendre le pouvoir.
Pour certains partis, on note même l'absence de
siège et de militants, tandis que d'autres n'ont
pour seul et unique fief qu'une simple
circonscription électorale. Quel crédit accorder
alors à ce genre de partis ?
Certains partis
(Travailliste, Fundu, Gaulois, FDC, UNAF, RRI,
etc.), n'ont d'existence que leur nom et sont,
au mieux de simples faire-valoir, au pire des
épiphénomènes encombrant le paysage politique
national. Leurs leaders; tels des "grooveurs
politiques", n'ont pour seule ambition politique
que de se servir de la majorité comme d'une
sorte de planque susceptible leur servir une
pitance politique.