CONFERENCE DE PRESSE DU
DIRECTEUR GENERAL DU FMI
Rodrogo De Rato : « Le Gabon a
accompli des progrès louables ces dernières
années»
Pour le Directeur général du
FMI, ces efforts accomplis doivent servir de
tremplin pour relever les principaux défis
communs à l'ensemble des pays de la sous-région,
à savoir la réduction de la pauvreté,
l'assainissement des finances publiques et la
bonne gouvernance
APRÉS
la série d'entretiens qu'il a eu avec les chefs
d'Etat et de délégations des pays de la
sous-région, le Directeur général du Fonds
monétaire international (FMI), Rodrigo de Rato a
communiqué à la presse, la substance des
discussions à huis clos
A la faveur d'une conférence
de presse donnée en présence du ministre d'Etat
en charge de l'Economie, des Finances, du Budget
et de la Privatisation, Paul Toungui et du
directeur Afrique du FMI, Bio-Tchané, le patron
du FMI s'est, dans un premier temps, appesanti
sur le cas spécifique du Gabon.
" Au cours de mes discussions
avec les autorités gabonaises, j'ai noté que le
Gabon avait accompli des progrès louables ces
dernières années. Le Gabon a mené à bien un
programme soutenu par un accord de confirmation
avec le FNE en 2004-2005, ce qui a ouvert la
voie à un réchellonement de sa dette
extérieure"; a-t-il déclaré.
En effet, grâce à l'abondance
des recettes pétrolières soutenues par le cours
élevé du brut, le Gabon, s'est réjoui Rodrigo De
Rato, a été en mesure de stabiliser sa dette
intérieure et extérieure (environ 600 milliards
de francs).
Et ses efforts vers la
diversification de son économie se ressentent
manifestement depuis deux ans, avec 4 % de
croissance enregistrée dans le secteur hors
pétrole.
"Nous avons réfléchi à la
manière dont ces progrès pouvaient servir de
tremplin pour relever les principaux
défis du Gabon: pérenniser la viabilité des
dépenses publiques, diversifier l'économie et
faire sensiblement reculer la pauvreté".
Pour le Directeur général du
FMI, ces efforts doivent s'étendre aussi bien au
niveau de l'amélioration du climat des affaires
que du renforcement de la bonne gouvernance et
de la transparence dans la gestion des finances
publiques.
A cet effet, il s'est
félicité de l'engagement du Gabon et de son rôle
moteur dans le cadre de l'Initiative pour la
transparence des industries extractives ( ITIE)
à laquelle il est désormais membre du Conseil.
Après l'achèvement de
l'accord stand-by en juillet 2005 entre le Gabon
et cette institution, des discussions sur un
nouveau programme triennal (2006-2009) sont
actuellement en cours de négociation et
pourraient vraisemblablement, selon Rodrigo De
Rato, venir à terme.
RÉFORME DU FMI. Mais cet
appui au renforcement des capacités
institutionnelles des pays de la sous-région
dans un objectif commun de réduction de
la pauvreté handicapé par l'insoutenabilité de
leur dette, exige également de la part du FMI
une certaine souplesse dans le traitement des
dossiers.
Même si le taux de croissance
régionale tourne autour de 5% annuel depuis
quelques années et que l'inflation est jugulée à
moins de 10%, les perspectives d'atteindre les
Objectifs du millénaire pour le développement
(VMD) d'ici 2015 sont encore lointaines.
Il faut un taux de croissance
minimum de 7% pour espérer réduire d'ici 2015 la
pauvreté de moitié dans chaque pays. Et le Gabon
avec 2,4% de croissance l'an passé et 2%
anticipé pour 2007 est, à l'instar de ses
voisins régionaux, encore loin du compte.
C'est donc une assistance
technique doublée de certaines réformes de cette
institution qui doivent être renforcées,d'après
Rodrigo de Rato, pour remettre les pays de la
sous-région dans le cadrage onusien.
"Nous procédons à l'heure
actuelle à certaines reformes très importantes
dans la propre gouvernance du FMl. En
septembre dernier à Singapour, le FMI a
reçu un appui massif, y compris de la
quasi-totalité des pays africains, pour un
ensemble de mesures visant à réformer sa
gouvernance".
Des réformes qui sont, a-t-il
indiqué, la première étape d'un processus qui
rehaussera la représentation de nombreux pays
émergents, afin de prendre en compte leur poids
croissant dans l'économie mondiale.
Car pour ce dernier, il est
indéniable, dans le contexte économique mondial,
que des institutions solides sont les gages les
plus solides vers un développement économique et
une croissance soutenue pour les pays du Sud.
Des institutions vigoureuses
encouragent, soutient-il, la prévisibilité des
politiques économiques qui, à leur tour,
favorisent le développement et facilitent le
fonctionnement des marchés.
Ces solides institutions
intérieures permettront aux pays du Sud de
formuler leurs propres politiques dont la mise
en oeuvre sera cohérente.
"Le FMI s'emploie à aider
plus efficacement les pays à faible revenu à
atteindre les objectifs du Millénaire pour le
développement en se concentrant sur ce qu'il
fait le mieux et sur les tâches où sa
contribution peut-être la plus importante"
a-t-il ajouté.