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Le quotidien l'Union du 10 Janvier 2007

 

CONSOMMATION

Gamba au bord de la famine

La chasse est interdite dans les aires protégées de cette cité enclavée et donc difficilement approvisionnée. La pêche qui y représente une alternative au braconnage, connaît des moments difficiles. Les pratiques agricoles y sont hypothéquées à cause de la destruction des cultures par les animaux sauvages. De surcroît, les denrées coûtent cher dans cette ville pétrolière.

LE département de N'dougou dont la ville de Gamba est le chef-lieu est situé le long de la côte atlantique au sud-ouest du Gabon, dans le CAPG (Complexe d'aires protégées de Gamba) qui abrite deux de nos treize parcs nationaux (Loango-Setté-Cama et Moukalaba-Doudou). Cette partie du pays est essentiellement arrosée par une lagune N'dougou très poissonneuse qui s'étend sur plus de 50.000 hectares et comprend quelque 380 îles plus ou moins grandes. L'approvisionnement en ..au douce y est assuré non seulement par le fleuve Rembo-Mbongo, mais également par les sources souterraines et les nombreux ruisseaux situés le' long de la périphérie de la lagune.

Dans ce complexe d'aires protégées où la pêche représente une alternative au braconnage, le poisson est considéré comme la denrée la moins onéreuse, la plus disponible et la plus régulière sur Ie marché, donc la plus consommée par les populations. Les coûts pratiqués sont accessibles à toutes les bourses pour permettre d'écouler cette denrée riche en protéines. Ils varient selon le degré de transformation du produit et quelle que soit l'espèce : 1000 francs cfa pour le kilogramme de poisson frais, 1500 francs pour le fumé et 2000 à 2500 francs pour le poisson salé. Malheureusement, le poisson devient de plus en plus rare sur le marché.

Depuis plus d'un mois à Gamba, acheter un seul kilogramme de poisson devient problématique. Le service ne se fait plus actuellement qu'au compte-gouttes et par affinité. II faut connaître ou avoir des relations personnelles avec les quelques rares pêcheurs-vendeurs pour espérer avoir quelque chose. Cette situation est expliquée diversement par les consommateurs et par les pêcheurs qui sont les principaux acteurs de la filière.

Si certains pensent que la pénurie est passagère et qu'elle n'est due simplement qu'à la montée des eaux en cette période de saison des pluies, d'autres, en revanche, soutiennent que la mesure qui avait frappées les étrangers il y a quelques années, leur interdisant de continuer à pratiquer la pêche, est une cause de l'insuffisance actuelle de poisson sur le marché. Dernière raison, relevant de la superstition: d'aucuns estiment que la mort récente de deux individus par noyade dans la lagune N'dougou suscite la peur des pêcheurs qui ne veulent plus aller à l'eau.

Que faire alors pour vivre sans trop de difficultés dans la ville pétrolière de Gamba ? Pas de viande de brousse parce que la chasse y serait interdite dans les aires protégées. Pas de poisson pour les raisons évoquées ci-dessus. La pratique agricole quasiment difficile à cause de la destruction des cultures par les animaux sauvages. Pas de route ralliant Gamba à Tchibanga d'où viennent occasionnellement manioc, banane et taros, toutes denrées revendues à des coûts prohibitifs sur le marché local. Le gaz butane, le riz, les produits surgelés, la farine, l'huile

et d'autres produits manufacturés proviennent de Port-Gentil où Shell Gabon est "le maître à jouer"; parce que seul

à assurer la navette maritime vers Gamba où il ne transporte en priorité que son matériel destiné à l'exploitation pétrolière. De même, le transport aérien n'est pas envisageable à cause des coûts exorbitants affichés par Air Service (165.000 francs cfa par adulte pour un billet Gamba-Libreville-Gamba et 1500 francs par kg de bagages).

Les populations ne savent plus à quel saint se vouer pour vivre a Gamba, la deuxième ville de la province de l'Ogooué-Maritime qui abrite pourtant aujourd'hui près de 7000 à 9000 âmes. Une localité cosmopolite qui se distingue des autres sur toute l'étendue du territoire national par trois caractéristiques principales : sa situation d'enclavement qui lui confère une position dissymétrique par rapport au reste du pays, sa localisation à l'intérieur d'un complexe d'aires protégées et enfin le fait que cette partie du Gabon abrite une importante société pétrolière. Les Gambanais estiment qu'avec ce cocktail, leur localité ne devrait pas connaître un tel sort.

Source : Journal L'Union Plus du 10 Janvier 2007

 



   

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Pour moi quoi...Makaya
LE "gouvrement" a donc annoncé l'autre jour que la Nationale, au moins sur