VIE DES PARTIS / PDG / POINT
DE PRESSE
Le
secrétaire provincial dans le collimateur des
secrétaires fédéraux
Tirant les leçons des
dernières élections législatives, les
responsables de ces organes du Parti
démocratique gabonais ont ouvertement accusé
André-Jules Y'Ombénontory d'être, entre autres,
responsable de son propre échec. Joint au
téléphone juste après le point de presse, Victor
Ngoma, secrétaire fédéral de la fédération "E",
absent dans la salle, a dit ne pas se
reconnaître dans cette déclaration. Ce
conseiller municipal affirme qu'il soutient son
leader dans le combat qu'il mène à l'Hôtel de
Ville et ne saurait par conséquent lui donner un
coup de poignard dans le dos pendant qu'il est
encore au front. Basile Mboumba de la fédération
"F" qui répondait lui aussi aux abonnés absents
était injoignable.
DÉCIDÉMENT,
la capitale économique n'est pas encore sortie
de la tourmente l'ayant secouée ces derniers
jours. Alors qu'à la municipalité le torchon
brûle toujours entre l'édile de la ville et la
majorité des conseillers municipaux (les
supporters de Ndaot ont organisé une marche
vendredi tandis que les maires opposés à lui
n'ont toujours pas repris du service) et ce,
malgré l'intervention personnelle du chef de l'Etat.
Il est à redouter que le
Parti démocratique gabonais (PDG) entre à son
tour dans une crise aux conséquences
imprévisibles au moment où les autres formations
politiques moins huppées se soudent pour aborder
avec confiance les prochaines élections locales.
En effet, samedi écoulé dans
l'après-midi, quatre secrétaires fédéraux (des
fédérations C, D, E, F) sur les six que compte
la ville, accompagnés des secrétaires de
section, ont donné un point de presse - c'est
devenu la mode - au quartier général de leur
formation politique. Le document a été lu devant
les médias par le secrétaire d'une d'entre
elles, Ousman Moukoukou, par ailleurs membre du
comité central.
D'entrée, l'orateur a
remercié le président-fondateur du PDG et le
secrétariat exécutif pour le soutien sans faille
et multiforme qu'ils on apporté aux candidats
PDG dans la commune. Les mêmes remerciements
associés aux félicitations ont été adressés au
député Jean Richard Sylong pour sa "brillante
réélection" au premier siège de la capitale
économique.
Fruit, a-t-il soutenu, du
remarquable travail battu à ses côtés par
l'ensemble des militants et sympathisants de la
fédération communale "A" et les différents
comités de soutien mis en place pour les besoins
de la cause.
PROFONDE REFLEXION
• "les camarades estiment de
la même façon indispensable et fondamental
de tirer tous les enseignements de l'échec du
parti dans les trois autres
arrondissements"; a confié Ousman Moukoukou en
mettant surtout l'accent sur le troisième
arrondissement où le secrétaire provincial était
en course pour l'hémicycle du palais Léon Mba. "Au
3 arrondissement, notre candidat, secrétaire
provincial, est classé quatrième derrière le PGP,
I'indépendant Tdhango et l'UPG avec seulement
204 voix"; a-t-il souligné.
Pour lui, les causes de cette
"lourde défaite" sont multiples. Il a
cité pêle-mêle la personnalité du candidat, son
manque d'esprit d'équipe, son inobservation des
directives du parti, etc. "Au troisième
arrondissement, il a refusé d'associer les
membres de la fédération dans la mise en place
d'un directoire de campagne. Il a procédé de la
même manière au quatrième où il a imposé le
candidat de son seul choix au détriment de celui
des fédérations D et F", a accusé l'orateur,
lequel, dans ce qui apparaît comme un
réquisitoire contre André-jules Réténo Y'Ombénontory,
a par ailleurs dénoncé le flou dans la gestion
du franc électoral.
Les résultats réalisés par le
PDG dans la commune, a-t-il concédé, sont
inadmissibles. Il a prévenu : "si des mesures
ne sont pas prises dans l'immédiat nous sommes
persuadés que les mêmes causes produisant les
mêmes effets, notre formation politique pourrait
subir de nouvelles défaites cuisantes lors des
joutes électorales à venir":
Les secrétaires fédéraux, par
la voix d'un secrétaire de section ont, face à
ce qu'ils considèrent comme une débâcle,
interpellé le secrétariat exécutif du "grand
parti de masse" et les responsables politiques
de la province afin qu'ils prennent toutes les
mesures qui s'imposent pou assainir la situation
car, ont-ils soutenu, "le secrétaire
provincial a montré ses limites."
Joint au téléphone juste
après, le secrétaire fédéral de la fédération E,
absent dans la salle, a dit ne pas se
reconnaître dans cette déclaration. "Je
soutiens André-jules Rétèno dans le combat qu'il
mène à l'Hôtel de Ville, je ne peux donc pas lui
donner un coup de poignard dans le dos",
nous a confié Victor Ngoma.
Nous avons par ailleurs tenté
de joindre Basile Mboumba, responsable de la
fédération "F" lui aussi n'ayant pas pris part à
la rencontre pour donner son avis.
Malheureusement sans succès.
Signalons que le PDG comptait
au cours de la dixième législature 9 députés sur
les 13 sièges de la province. Son effectif au
parlement au cours de la mandature qui débute
bientôt a été quasiment divisé par deux. Une
profonde réflexion s'impose au risque de voir le
nombre de ses sénateurs et autres conseillers
municipaux se réduire comme une peau de chagrin.