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Le quotidien l'Union du 24 Janvier 2007

 

ÉDITORIAL

Les enjeux du jeu

SON excessive appréhension ludique, par nos politiques, est sans doute à l'origine des fréquentes manipulations de ses règles. Comme tous les jeux présentant de confortables retombées matérielles, les participants ne peuvent résister à la tentation d'en vicier les normes. Il faut gagner. Le fait de perdre, ou plutôt l'acceptation de la défaite relevant, au Gabon particulièrement, du hara-kiri, philosophie inconnue sinon abhorrée dans la civilisation bantoue. Comme disait joseph de Maistre, « L'effet principal du jeu et qui le met au rang des institutions, c'est qu'il force les hommes à se regarder ».

Et c'est parce qu'il demeure un jeu où tous les participants doivent être déclarés vainqueurs, que le jeu démocratique, le nôtre, est naturellement d'une élasticité étourdissante. Dans la forme d'abord, où les organisateurs (l'administration) et les arbitres (la CENAP) sont idéologiquement et identitairement marqués. Le hasard faisant ce reste qui impose, depuis 1996, les mêmes arbitres à officier, sur les mêmes terrains, les mêmes rencontres toujours remportées parles mêmes équipes. C'est le jeu...

Dans le fond ensuite, puisqu'on a souvent, durant toute la campagne, le réflexe d'oublier, en termes de comportements ou d'«Actes », ce qu'on entend faire de la majorité sollicitée. Pas de programme de gouvernement aucune vision prospective, nulle perspective. Mais il faut quand même gagner. Ça aussi, c'est le jeu... Tricher au jeu sans gagner est d'une tel sottise.

Evidemment, à la fin, il faut toujours aller vers les enjeux. Et ceux d'aujourd'hui sont d'une sensibilité plus accrue au regard d'un contexte parlementaire particularisé par l'arrivée des professionnels de la contestation, somme toute constructive, que sont Pierre Mamboundou, Zacharie Myboto, Jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé et Léon Mbou Yembit. Garantie la pression permanente sur le futur gouvernement. Ainsi ces leaders s'exposeront avec sincérité dans les débats et tous les honorables députés toutes tendances confondues se trouveront mis en jeu.

C'est dire qu'il faudra bien, aujourd'hui plus qu'hier, que le futur Premier ministre vienne nous servir quelque chose de potable. Dans son projet de société, le chef de l'Etat a défini l'ossature de la politique de ce septennat. Il revient au gouvernement de la traduire, matériellement et non intentionnellement, en actes. La copie du précédent programme, et aucun esprit lucide ne peut le contester, a montré toutes ses insuffisances et toute sa caducité par rapport aux attentes des populations. La seule paternité présidentielle à l'augmentation du SMIG, en est une preuve implacable.

L'aveu d'incapacité viendra donc à revenir nous parler de l'amélioration de l'habitat social alors que nous venons de passer huit ans sans inaugurer un seul soubassement; de la maximisation de nos capacités sanitaires avec un CHL en désarticulation progressive; de la viabilisation d'un réseau routier qui n'existe plus que de nom ; du perfectionnement de ce système scolaire qui est quasiment sous tutelle du cabinet présidentiel. La juxtaposition de bonnes intentions comme programme du gouvernement est désormais à ranger dans les tiroirs des tâtonnements gouvernementaux. Le sort de la population avance à coups d'émotion, dons plutôt que de prévision gouvernementale. La capacité d'écoute du politique devient effective seulement pendant la période des élections. Et quand les élections passent, l'émotion tombe et les promues s'évanouissent sous terre.

L'heure et les enjeux imposent le pragmatisme. Le « flan quinquennal » ayant, depuis 1990, totalement disparu vocabulaire gouvernemental, le devoir de vérité du gouvernement envers le peuple commande qu'on souffre au moins, cette fois-ci, de nous épargner ces sempiternelles intentions, pourparler enfin chiffres. Combien de logements, d'hôpitaux, de kilomètres de route, de salles de classe seront construits, de tonnes de médicaments et manuels scolaires achetés? Durant quelle période? Avec quels moyens ? Et quels hommes ?

Répondre à ces questions ne fera pas que redonner espoir au peuple et prouve parlementaire de la confiance placée par le chef de l'Etat, cela marquera surtout la détermination de la future équipe à s'attaquer véritablement aux enjeux du vrai jeu démocratique. Pour ne pas dire aux problèmes des Gabonaises et des Gabonais que nous sommes tous.

Source : Journal L'Union Plus du 24 Janvier 2007

 



   

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Pour moi quoi...Makaya
ELLES sont bien gentilles ces instances internationales du sport qui ne perdent