SPECIAL XIE LÉGISLATURE
Quinze
femmes élues à l'Assemblée nationale
Un chiffre en légère hausse
par rapport au scrutin de 2001, où neuf
seulement avaient eu les faveurs des électeurs.
COMBIEN seront-elles à siéger
au palais Léon Mba pendant la onzième
législature qui court de 2007 à 2011 ? Cette
interrogation trouvera une première réponse à
l'issue de la formation du nouveau gouvernement.
Puis, éventuellement, au terme du volumineux
contentieux électoral actuellement en examen à
la Cour constitutionnelle. En attendant, on sait
que 15 femmes ont été élues députés sur plus
d'une centaine de candidatures féminines qui
étaient en course pour la conquête d'un siège à
l'Assemblée nationale.
Quinze femmes, c'est certes
une goutte d'eau dans l'océan des 120 sièges que
compte le palais Léon Mba. Cependant, ce nombre
constitue une légère avancée sur le plan de la
représentativité féminine au sein de cette
chambre du Parlement. Car, dans la législature
précédente, 9 femmes avaient été élues députés.
Mais 14 ont effectivement siégé (titulaires et
suppléants comprises).
Aussi ce chiffre pourrait-il
être revu à la hausse (ou à la baisse) lors de
cette 11e législature, dans la mesure où de
nombreux députés masculins, qui pourront être
appelés ou confirmés au gouvernement, ont des
femmes comme suppléantes. Et que par ailleurs,
parmi les quinze femmes titulaires élues
députés, six sont ministres dont cinq ayant pour
suppléants des personnes du sexe opposé. Il
s'agit de Paulette Missambo, Honorine Dossou
Naki, Marie Missouloukagne, Paulette Oyane et
Denise Mekam'ne. Angélique Ngoma, ministre en
charge de la Promotion de la femme dans le
gouvernement sortant de Jean Eyeghé Ndong, après
deux mandats successifs avec un homme comme
suppléant, a changé de fusil d'épaule en formant
un tandem gagnant avec Françoise Makaya. C'est
donc, en principe, cette dernière qui devrait
siéger à l'Assemblée nationale en cas de
reconduction de la titulaire au gouvernement.
LAURIERS•Cependant,
quelles que soient celles qui siégeront dans
l'hémicycle de l'Assemblée nationale, peu
importe désormais leur nombre. On sait que
quinze femmes ont vaincu avec brio l'adversité
sur le terrain, pour finalement s'imposer face à
des concurrents de taire. Et dans ce chapitre,
des lauriers sont à tresser à Bernadette
Bourobou Koumba, épouse Tchibinda, la nouvelle
député(e) de l'Union du peuple gabonais (UPG) du
2e siège du 3e arrondissement de Libreville.
L'aura personnelle de son leader charismatique,
désormais député-maire de la ville de Ndéndé, a
sans nul doute rejailli sur cette femme,
inconnue sur la scène politique nationale, au
point de réussir à terrasser l'un des
baobabs de cette même scène, Jean-Boniface
Assélé, député dans cette circonscription de
1990 à 2006.
Une performance qui fait
d'elle une "star", pour ne pas dire une mascotte
du parti de Pierre Mamboundou, et peut-être de
la Représentation nationale. Première femme
député de l'UPG, son élection, et celles
d'autres nouvelles venues à l'Assemblée
nationale, traduisent non seulement le besoin
exprimé par les populations sur un
renouvellement de la classe politique, mais
également de ses acteurs. Beaucoup souhaitent,
en effet, l'émergence d'un nombre élevé de
femmes sur l'échiquier politique, en vue d'un
nouveau dynamisme dans la recherche des
solutions aux problèmes sociaux dont les
principales victimes sont les femmes. Les
spécialistes corroborés par les chiffres
affirment que la pauvreté, les IST et le
VIH-sida, l'analphabétisme et d'autres maux
encore ont un visage féminin.
COMPETENCES• Neuf femmes
en 2001. Quinze en 2007. La gent féminine avance
donc lentement, mais sûrement sur le chemin de
la conquête d'une parcelle du pouvoir politique,
grâce à son dynamisme, sa combativité, et
l'enracinement de notre jeune démocratie, qui
permet désormais à toutes les compétences de
s'exprimer.
Cependant, cette marche est
de longue haleine, sur un chemin escarpé, semé
d'embûches politiques et socioculturelles,
menant vers une société égalitaire, qui
reconnaît la valeur réelle de la femme et lui
donne la place qui lui revient de droit, en tant
que principale composante de la population. La
mise en place du bureau de l'Assemblée nationale
et, plus tard, des commissions, devrait être une
occasion de valoriser ces compétences féminines,
afin d'être en phase avec l'évolution du monde
où les femmes occupent de plus en plus le devant
de la scène politique.
Le processus, amorcé en 2006,
avec l'avènement, ou en voie de l'être, au
sommet des Etats d'un certain nombre de femmes
suit son bonhomme de chemin.
En effet, après Angéla Merkel
en Allemagne, l'histoire poursuit son cours,
avec la probabilité de voir deux autres femmes à
la tête des grandes puissances mondiales:
SégoIène Royal, candidate investie par le Parti
socialiste, pour l'élection présidentielle de
cette année en France et, peut-être, Hillary
Clinton, en course pour l'investiture de sa
formation politique, le parti démocrate, en vue
de l'élection présidentielle de novembre 2008
aux Etats-Unis. Toutes deux sont détentrices
d'un mandat électif à des degrés divers. La
première est présidente de Région. La seconde
est sénatrice de l'Etat de New York. En Afrique
Ellen Sirleaf a ouvert la voie en conquérant la
présidence du Liberia.