XIE LÉGISLATURE / PRÉSIDENCE
DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Guy
Nzouba Ndama réélu
Il n'y a pas eu de surprise,
le président sortant revient au perchoir. Seul
couac, l'opposition, qui réclamait la 3e
vice-présidence et soulevé des questions
préjudicielles, n'a pas été suivie. Cons2quence,
ses députés ont quitté l'hémicycle.
AINSI
que nous l'écrivions dans ces mêmes colonnes, le
débat à l'Assemblée nationale au cours de cette
législature s'annonce explosif avec le retour
qualitatif de l'opposition au sein de cette
institution. De même qu'on indiquait en sus que
le PDG et les partis alliés, largement
majoritaires, gardent le contrôle de la deuxième
chambre du Parlement.
Si l'on n'est pas encore pour
l'heure plongé dans les débats qui ne débuteront
que dès la prochaine rentrée parlementaire
prévue pour le jeudi 1er mars 2007, on a
néanmoins eu un avant-goût de ce que le contrôle
de l'Assemblée nationale appartient bel et bien
à la majorité présidentielle. Puisqu'il n'y a
guère eu de consensus entre l'opposition et la
majorité quant à la composition du bureau de
l'Assemblée nationale. La majorité dans ce cas a
imposé son diktat, refusant à l'opposition le
poste de 3e vice-président qu'elle occupait
pourtant au cours de la législature sortante. En
tout cas sur cette question, les deux parties
n'ont pu s'entendre. De plus, l'honorable
Jules-Aristide Bourdès Ogoulinguéndé après avoir
écouté le président de séance, le Dr Paulin
Obame Nguéma qui donnait lecture des
dispositions du règlement intérieur de
l'Assemblée nationale, a soulevé des questions
préjudicielles s'agissant du vote des autres
membres du bureau de l'Assemblée nationale en
non conformité avec les dispositions légales.
Car, selon Ie règlement intérieur, "le président
de l'Assemblée nationale est élu au scrutin
secret à la majorité absolue au premier tour et
à la majorité relative au deuxième tour". Il en
est de même pour les autres membres du bureau.
DESAPPROBATION• Or,
seule l'élection du président de l'Assemblée
nationale a apparemment respecté à la fois les
dispositions constitutionnelles (l'article 40
alinéa 1) et le règlement intérieur de cette
institution (les articles 9 et 10). D'autant
plus que pour l'élection des autres membres du
bureau, c'est le vote électronique qui a été
choisi pour "aller vite", selon l'expression
usité par le président de séance, le doyen d'âge
de cette chambre.
Invoquant les dispositions du
règlement intérieur, le Dr Paulin Obame Nguéma a
tenu à faire savoir aux députés de l'opposition
que l'élection du bureau de l'Assemblée
nationale ne donne pas lieu à un débat.
Certes, mais comment faire
devant cette violation de la loi rétorquent les
députés de l'opposition qui n'ont
malheureusement pas eu gain de cause. Pour
manifester leur désapprobation, ils sont tout
simplement sortis de l'hémicycle pour se
retrouver en conclave dans une des salles, où se
tiennent habituellement les commissions, du
palais Léon Mba pour définir une seule et même
position. En tout cas, rien n'a filtré de cette
concertation. On aura sans doute les de
précision au cours du point presse que les
partis de l'opposition tiennent cet après-midi à
15 heures au siège du CDJ à Petit-Paris
Mont-Bouët.
Reste que pendant ce temps,
dans l'hémicycle, en l'absence des députés de
l'opposition, les députés de la majorité n'ont
nullement arrêté le processus du vote qui a
débuté avec l'élection du président Guy Nzouba
Ndama, puis de ses cinq vices-présidents, le
vote du 4e vice-président dévolu à l'opposition
étant resté en suspens. Pour la suite, on a eu
droit au vote d'un questeur et de cinq
secrétaires. Puisque les postes de 2e questeur
et de 6e secrétaire revenant à l'opposition ont
été là également gelés. Des postes qui restent
donc vacants, jusqu'à ce que l'opposition se
décide à les occuper ou non.
CIVISME• Après le vote du
bureau, le président de séance a demandé au
président élu de s'approcher et de prendre place
au perchoir, avant de prononcer une allocution,
la première de cette mandature. Tout en
félicitant les députés de la législatures
sortante, qui pour lui, ont mis tout en oeuvre
pour le bien-être des Gabonais à travers le vote
des lois favorables à l'améliorations de leurs
conditions de vie et au contrôle du gouvernement
pour l'amener à canaliser ses efforts en faveur
des populations, Guy Nzouba-Ndaura n'a pas non
plus manqué de remercier le président-fondateur
de son parti, Omar Bongo Ondimba qui n'a cessé
de le soutenir pour briguer à nouveau la tête de
l'Assemblée nationale.
A l'endroit des membres du
bureau, il a donné le sens de leurs
responsabilités : "Diriger veut dire commander,
orienter et déterminer. Le bureau doit jouer
pleinement son rôle et toutes les sensibilités
sont appelées à s'exprimer. Cependant, a tenu à
préciser l'élu du canton Lolo-Wagna, "le
droit à la différence ne signifie nullement le
blocage du travail". Se montrant rassurant,
envers ses collégies de l'opposition, il a
indiqué qu'i n'y aura pas de dictature de la
majorité pas plus que l'opposition n'est un
épouvantail.
Au reste, le président de
l'Assemblée nationale veut rêver. Son rêve est
qu'on puisse aller d'un endroit à un autre du
pays sur des routes bitumées. Il croit cela
possible, pourvu que l'institution dont il a la
charge, à travers son pouvoir législatif,
normalise et à travers son pouvoir représentatif
conduise le gouvernement à orienter ses choix en
faveur des Gabonais.
Qu'il appelle Justement à
observer les règles de civisme, ainsi que
l'avait demandé le président de la République,
il y a peu. Un appel également adressé aux
députés et aux responsables des partis
politiques qui doivent instruire leur électorat
pour les uns et leurs militants pour les autres
afin qu'ils adoptent des attitudes citoyennes.
Ceci pour "barrer la route à tous les avatars
qui gênent la démocratie".