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Le quotidien l'Union du 25 Janvier 2007

 

XIE LÉGISLATURE / PRÉSIDENCE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Guy Nzouba Ndama réélu

Il n'y a pas eu de surprise, le président sortant revient au perchoir. Seul couac, l'opposition, qui réclamait la 3e vice-présidence et soulevé des questions préjudicielles, n'a pas été suivie. Cons2quence, ses députés ont quitté l'hémicycle.

AINSI que nous l'écrivions dans ces mêmes colonnes, le débat à l'Assemblée nationale au cours de cette législature s'annonce explosif avec le retour qualitatif de l'opposition au sein de cette institution. De même qu'on indiquait en sus que le PDG et les partis alliés, largement majoritaires, gardent le contrôle de la deuxième chambre du Parlement.

Si l'on n'est pas encore pour l'heure plongé dans les débats qui ne débuteront que dès la prochaine rentrée parlementaire prévue pour le jeudi 1er mars 2007, on a néanmoins eu un avant-goût de ce que le contrôle de l'Assemblée nationale appartient bel et bien à la majorité présidentielle. Puisqu'il n'y a guère eu de consensus entre l'opposition et la majorité quant à la composition du bureau de l'Assemblée nationale. La majorité dans ce cas a imposé son diktat, refusant à l'opposition le poste de 3e vice-président qu'elle occupait pourtant au cours de la législature sortante. En tout cas sur cette question, les deux parties n'ont pu s'entendre. De plus, l'honorable Jules-Aristide Bourdès Ogoulinguéndé après avoir écouté le président de séance, le Dr Paulin Obame Nguéma qui donnait lecture des dispositions du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, a soulevé des questions préjudicielles s'agissant du vote des autres membres du bureau de l'Assemblée nationale en non conformité avec les dispositions légales. Car, selon Ie règlement intérieur, "le président de l'Assemblée nationale est élu au scrutin secret à la majorité absolue au premier tour et à la majorité relative au deuxième tour". Il en est de même pour les autres membres du bureau.

DESAPPROBATION• Or, seule l'élection du président de l'Assemblée nationale a apparemment respecté à la fois les dispositions constitutionnelles (l'article 40 alinéa 1) et le règlement intérieur de cette institution (les articles 9 et 10). D'autant plus que pour l'élection des autres membres du bureau, c'est le vote électronique qui a été choisi pour "aller vite", selon l'expression usité par le président de séance, le doyen d'âge de cette chambre.

Invoquant les dispositions du règlement intérieur, le Dr Paulin Obame Nguéma a tenu à faire savoir aux députés de l'opposition que l'élection du bureau de l'Assemblée nationale ne donne pas lieu à un débat.

Certes, mais comment faire devant cette violation de la loi rétorquent les députés de l'opposition qui n'ont malheureusement pas eu gain de cause. Pour manifester leur désapprobation, ils sont tout simplement sortis de l'hémicycle pour se retrouver en conclave dans une des salles, où se tiennent habituellement les commissions, du palais Léon Mba pour définir une seule et même position. En tout cas, rien n'a filtré de cette concertation. On aura sans doute les de précision au cours du point presse que les partis de l'opposition tiennent cet après-midi à 15 heures au siège du CDJ à Petit-Paris Mont-Bouët.

Reste que pendant ce temps, dans l'hémicycle, en l'absence des députés de l'opposition, les députés de la majorité n'ont nullement arrêté le processus du vote qui a débuté avec l'élection du président Guy Nzouba Ndama, puis de ses cinq vices-présidents, le vote du 4e vice-président dévolu à l'opposition étant resté en suspens. Pour la suite, on a eu droit au vote d'un questeur et de cinq secrétaires. Puisque les postes de 2e questeur et de 6e secrétaire revenant à l'opposition ont été là également gelés. Des postes qui restent donc vacants, jusqu'à ce que l'opposition se décide à les occuper ou non.

CIVISME• Après le vote du bureau, le président de séance a demandé au président élu de s'approcher et de prendre place au perchoir, avant de prononcer une allocution, la première de cette mandature. Tout en félicitant les députés de la législatures sortante, qui pour lui, ont mis tout en oeuvre pour le bien-être des Gabonais à travers le vote des lois favorables à l'améliorations de leurs conditions de vie et au contrôle du gouvernement pour l'amener à canaliser ses efforts en faveur des populations, Guy Nzouba-Ndaura n'a pas non plus manqué de remercier le président-fondateur de son parti, Omar Bongo Ondimba qui n'a cessé de le soutenir pour briguer à nouveau la tête de l'Assemblée nationale.

A l'endroit des membres du bureau, il a donné le sens de leurs responsabilités : "Diriger veut dire commander, orienter et déterminer. Le bureau doit jouer pleinement son rôle et toutes les sensibilités sont appelées à s'exprimer. Cependant, a tenu à préciser l'élu du canton Lolo-Wagna, "le droit à la différence ne signifie nullement le blocage du travail". Se montrant rassurant, envers ses collégies de l'opposition, il a indiqué qu'i n'y aura pas de dictature de la majorité pas plus que l'opposition n'est un épouvantail.

Au reste, le président de l'Assemblée nationale veut rêver. Son rêve est qu'on puisse aller d'un endroit à un autre du pays sur des routes bitumées. Il croit cela possible, pourvu que l'institution dont il a la charge, à travers son pouvoir législatif, normalise et à travers son pouvoir représentatif conduise le gouvernement à orienter ses choix en faveur des Gabonais.

Qu'il appelle Justement à observer les règles de civisme, ainsi que l'avait demandé le président de la République, il y a peu. Un appel également adressé aux députés et aux responsables des partis politiques qui doivent instruire leur électorat pour les uns et leurs militants pour les autres afin qu'ils adoptent des attitudes citoyennes. Ceci pour "barrer la route à tous les avatars qui gênent la démocratie".

Source : Journal L'Union Plus du 25 Janvier 2007

 



   

DÉBUT HIER DE LA XIE LÉGISLATURE
Nzouba-Ndama reste au "perchoir"

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