ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 25 Janvier 2007

 

COMMENTAIRE

Leçon de droit

LA XIe législature a débuté, hier, jour d'élection des membres du bureau de l'Assemblée nationale par une bataille juridique, dont on se serait bien passé si la leçon de droit, pour ne pas dire, la lecture et l'application strictes des normes juridiques présidant au vote, avait été partagée par l'ensemble des forces en présence à cette Assemblée.

Ce qui n'a pas été le cas, du moins si l'on en juge par les réactions soulevées dans le camp de la majorité et le déroulement du vote électronique non prévu par les textes, en dépit de la question préjudicielle posée par l'opposition gabonaise, principalement son porte-parole, Jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé, le leader du Congrès pour la démocratie et la justice élu de Bendjè dans l'Ogooué-Maritime. Lequel, s'appuyant autant sur l'article 40 alinéa 1 de la Constitution que l'article 10 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, ne souhaitait ni plus ni moins, que le respect des dispositions relatives au mode de désignation des autres membres du bureau au scrutin uninominal secret.

Si les ressorts et les dessous de cette première sortie de l'opposition parlementaire sont difficiles à cerner, même s'ils peuvent avoir un rapport direct avec les discussions préalablement entamées quelques heures avant en vue de la répartition des sièges au sein dudit bureau, il n'en demeure pas moins, et cela tout le monde s'accorde à le dire, que la majorité parlementaire a péché dans cette bataille juridique par une sorte d'improvisation et d'esprit de facilité. Sa démarche et conduite des modalités d'une élection pourtant gagné d'avance pour ses candidats étaient incompréhensible. La loi étant la loi, il faut l'appliquer et les parlementaires qui votent loi; doivent être les premiers à s'y conformer. Car, face à des compatriotes qui n'ont jamais manqué, chaque fois que l'occasion se présente, de montrer qu'ils étaient très pointilleux sur les questions de droit, le fait d'avoir fait abstraction des lois, d'avoir agi en dehors du cadre juridique, ou encore, de s'appuyer sur la jurisprudence née souvent d'une pratique politique abusive; ouvrait bien une broche à la contestation et au boycott du vote auquel on a assisté hier au palais Léon Mba.

DICTATURE. Or, dans cette affaire qui alimentera la chronique pendant plusieurs jours encore, la majorité parlementaire a donné la mauvaise impression de se lancer dans une démarche risquée, car contraire aux textes régissant le fonctionnement de l'organe dirigeant de la Représentation nationale, à commencer par la désignation de ses membres. Donnant à ce début de mandature une image pas très enviable pour ne pas dire, écornée. Plus précisément, celle d'un groupe désireux d'imposer la dictature de la majorité dans l'arène parlementaire qu'elle domine par ses gros bataillons disciplinés,face à une opposition réduite à la portion congrue puisque représentant à peine 13, 33% de l'hémicycle. Mais, qui, tirant profit des erreurs du camp adverse, apparaît dans l'opinion nationale comme composés des défenseurs acharnés du droit, de véritables héraults de la légalité dans le pays. Ce qui augure d'une législature assez houleuse et au cours de laquelle les unes et les autres forces politiques utiliseront tous les moyens en vue de l'assimilation par tous de la leçon de droit.

Source : Journal L'Union Plus du 25 Janvier 2007

 



   

DÉBUT HIER DE LA XIE LÉGISLATURE
Nzouba-Ndama reste au "perchoir"

COMMENTAIRE
Leçon de droit

FIN DES PREMIERES JOURNÉES SOCIO-ÉDUCATIVES SUR LES ACTIVITÉS DU SECTEUR DE L'ARTISANAT
Mécanismes pour redynamiser l'artisanat

Pour moi quoi…Makaya
FAUT-IL raser "Sans-Famille" ? Vous vous rappelez, mes chers frères Makaya