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Le quotidien l'Union du 30 Décembre 2006 au 1er Janvier 2007

 

LEGISLATIVES 2006

Percée timide des femmes au Palais Léon Mba

SOUS réserve du règlement du contentieux électoral dont sera saisie la Cour constitutionnelle, les résultats du scrutin législatif du 17 décembre 2006 proclamés mercredi dernier font ressortir une timide percée des femmes au palais Léon Mba, même si la moisson n'a pas répondu à la promesse des fleurs. En effet, pour la prochaine législature, la 11e du genre, elles sont 15 femmes titulaires qui ont été élues députés sur plus d'une centaine de candidatures. Un chiffre en légère progression par rapport à la 10e législature qui n'avait enregistré que 9 femmes titulaires sur 120 députés.

Dans cette embellie relative de la représentativité féminine à l'Assemblée nationale, quelques partis politiques les plus représentatifs ont fait le service minimum. Le Parti démocratique gabonais (PDG) - le plus ancien et le mieux structuré sur le terrain -, notamment, s'en tire à bon compte avec 11 femmes élues sur 16 candidates présentées. Suivent le Rassemblement pour le Gabon (RPG), le Parti gabonais du progrès (PGP), l'Union du peuple gabonais (UPG) avec chacun "une" débuté, auxquelles s'ajoute une indépendante élue dans l'Okano (Mitzic).

Il faut préciser que parmi ces 15 députés féminins, six (Paulette Missambo, Honorine Dossou Naki, Angélique Ngoma, Marie Missouloukagne, Paulette Oyane et Denise Mekam'ne) sont membres du gouvernement. C'est dire que le nombre de femmes devant siéger à l'Assemblée nationale pourrait être revu à la baisse ou à la hausse, en fonction du nombre des députés (hommes et femmes) qui seront nommés au gouvernement, et remplacés par leurs suppléantes.

De la composition du prochain gouvernement dépendra alors la représentation féminine à la première chambre du Parlement qui, lors de sa 10e législature, comptait 14 députés femmes siégeant, avec pour tête de file, Albertine Maganga Moussavou, présente dans l'hémicycle depuis 1990 où elle aura été de tous les combats sur les questions sociales.

Déclarée battue au 3e siège du département de la Douya-Onoye, celle qui a été longtemps l'unique député du Parti social démocrate (PSD), dévouée à la cause de la femme et de l'enfant, se voit ainsi privée de cette tribune dont elle n'hésitait pas à se servir pour prendre leur défense, dans son quadruple statut de femme, d'épouse, mère et d'élue du peuple. Cela avec une liberté de ton que lui conférait son statut de député titulaire, à l'opposé de certaines de ses collègues femmes, murées dans un silence, à la limite de l'effacement, craignant sans nul doute de mettre à mal le titulaire siégeant au gouvernement. Son absence sera incontestablement ressentie au sein de la maison du peuple.

S'AFFIRMER. C'est pourquoi, il faut saluer et encourager la petite percée féminine opérée par d'autres de ses congénères pour poursuivre sur sa lancée. Car, bien qu'en nombre réduit, 15 femmes titulaires constituent une avancée significative dans le processus de la conquête du pouvoir politique. La participation de ces élues, issues d'horizons divers, aux débats de société, peut faire avancer plusieurs causes sociales, qui n'ont pas de barrières politiques, a travers des propositions et le vote des lois en faveur du plus grand nombre de leurs concitoyens.

C'est dire que, si les dernières Législatives ont permis aux femmes de renforcer, un tant soit feu, leur présence dans l'une des sphères décisionnelles du pays, la prochaine législature doit être une occasion pour celles-ci de s'affirmer dans leurs tâches et leur rôle de porte-flambeau de plus de la moitié de la population gabonaise, qui éprouve encore du mal à s'imposer comme agent incontournable de la société et à faire valoir ses droits.

Coup de chapeau donc aux quinze nouvelles élues du peuple, qui ont pu vaincre l'adversité pour triompher, avec panache, lors de ce scrutin. Lequel aurait mérité aussi la victoire des candidates de poids comme la présidente des femmes du RPG, Rose Mélighé me Ngwa, la fédérale du PDG du 6e arrondissement, Annie-Flore Dingalt, Albertine Maganga Moussavou du PSD, l'indépendante Berthe M'béné Mayen et bien d'autres.

En somme, la mauvaise organisation des élections et son principal corollaire, l'abstention, le transfert des électeurs, le déséquilibre des moyens financiers et matériels entre concurrents, le manque de conviction et de combativité, le peu de mobilisation des femmes dans leur combat, le poids politique et financier de certains postulants, etc. sont autant de facteurs qui ont défavorisé plusieurs candidatures féminines.

(Nous y reviendrons dans une prochaine édition avec la réaction de la ministre de la Promotion de la femme et SGA, chargée de l'UFPDG, Angélique Ngoma).

Source : Journal L'Union Plus du 30/12/2006 au 1er Janvier 2007

 



   

ASSEMBLÉE NATIONALE/ CLÔTURE DE LA 2E SESSION ORDINAIRE
Sur l'air des adieux

LEGISLATIVES 2006
Percée timide des femmes au Palais Léon Mba

CÉRÉMONIE DE LA DEUXIÈME SESSION ORDINAIRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
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