LEGISLATIVES 2006
Percée
timide des femmes au Palais Léon Mba
SOUS réserve du règlement du
contentieux électoral dont sera saisie la Cour
constitutionnelle, les résultats du scrutin
législatif du 17 décembre 2006 proclamés
mercredi dernier font ressortir une timide
percée des femmes au palais Léon Mba, même si la
moisson n'a pas répondu à la promesse des
fleurs. En effet, pour la prochaine législature,
la 11e du genre, elles sont 15 femmes titulaires
qui ont été élues députés sur plus d'une
centaine de candidatures. Un chiffre en légère
progression par rapport à la 10e législature qui
n'avait enregistré que 9 femmes titulaires sur
120 députés.
Dans cette embellie relative
de la représentativité féminine à l'Assemblée
nationale, quelques partis politiques les plus
représentatifs ont fait le service minimum. Le
Parti démocratique gabonais (PDG) - le plus
ancien et le mieux structuré sur le terrain -,
notamment, s'en tire à bon compte avec 11 femmes
élues sur 16 candidates présentées. Suivent le
Rassemblement pour le Gabon (RPG), le Parti
gabonais du progrès (PGP), l'Union du peuple
gabonais (UPG) avec chacun "une" débuté,
auxquelles s'ajoute une indépendante élue dans
l'Okano (Mitzic).
Il faut préciser que parmi
ces 15 députés féminins, six (Paulette Missambo,
Honorine Dossou Naki, Angélique Ngoma, Marie
Missouloukagne, Paulette Oyane et Denise
Mekam'ne) sont membres du gouvernement. C'est
dire que le nombre de femmes devant siéger à
l'Assemblée nationale pourrait être revu à la
baisse ou à la hausse, en fonction du nombre des
députés (hommes et femmes) qui seront nommés au
gouvernement, et remplacés par leurs
suppléantes.
De la composition du prochain
gouvernement dépendra alors la représentation
féminine à la première chambre du Parlement qui,
lors de sa 10e législature, comptait 14 députés
femmes siégeant, avec pour tête de file,
Albertine Maganga Moussavou, présente dans
l'hémicycle depuis 1990 où elle aura été de tous
les combats sur les questions sociales.
Déclarée battue au 3e siège
du département de la Douya-Onoye, celle qui a
été longtemps l'unique député du Parti social
démocrate (PSD), dévouée à la cause de la femme
et de l'enfant, se voit ainsi privée de cette
tribune dont elle n'hésitait pas à se servir
pour prendre leur défense, dans son quadruple
statut de femme, d'épouse, mère et d'élue du
peuple. Cela avec une liberté de ton que lui
conférait son statut de député titulaire, à
l'opposé de certaines de ses collègues femmes,
murées dans un silence, à la limite de
l'effacement, craignant sans nul doute de mettre
à mal le titulaire siégeant au gouvernement. Son
absence sera incontestablement ressentie au sein
de la maison du peuple.
S'AFFIRMER. C'est
pourquoi, il faut saluer et encourager la petite
percée féminine opérée par d'autres de ses
congénères pour poursuivre sur sa lancée. Car,
bien qu'en nombre réduit, 15 femmes titulaires
constituent une avancée significative dans le
processus de la conquête du pouvoir politique.
La participation de ces élues, issues d'horizons
divers, aux débats de société, peut faire
avancer plusieurs causes sociales, qui n'ont pas
de barrières politiques, a travers des
propositions et le vote des lois en faveur du
plus grand nombre de leurs concitoyens.
C'est dire que, si les
dernières Législatives ont permis aux femmes de
renforcer, un tant soit feu, leur présence dans
l'une des sphères décisionnelles du pays, la
prochaine législature doit être une occasion
pour celles-ci de s'affirmer dans leurs tâches
et leur rôle de porte-flambeau de plus de la
moitié de la population gabonaise, qui éprouve
encore du mal à s'imposer comme agent
incontournable de la société et à faire valoir
ses droits.
Coup de chapeau donc aux
quinze nouvelles élues du peuple, qui ont pu
vaincre l'adversité pour triompher, avec
panache, lors de ce scrutin. Lequel aurait
mérité aussi la victoire des candidates de poids
comme la présidente des femmes du RPG, Rose
Mélighé me Ngwa, la fédérale du PDG du 6e
arrondissement, Annie-Flore Dingalt, Albertine
Maganga Moussavou du PSD, l'indépendante Berthe
M'béné Mayen et bien d'autres.
En somme, la mauvaise
organisation des élections et son principal
corollaire, l'abstention, le transfert des
électeurs, le déséquilibre des moyens financiers
et matériels entre concurrents, le manque de
conviction et de combativité, le peu de
mobilisation des femmes dans leur combat, le
poids politique et financier de certains
postulants, etc. sont autant de facteurs qui ont
défavorisé plusieurs candidatures féminines.
(Nous y reviendrons dans une
prochaine édition avec la réaction de la
ministre de la Promotion de la femme et SGA,
chargée de l'UFPDG, Angélique Ngoma).