LA POSTE / INSTALLATION DU
PRESIDENT–DIRECTEUR GENERAL
Alfred
Mabicka vers un service de proximité pour le
retour de la confiance
En homme d'expérience dans la
gestion des affaires de l'Etat, le tout premier
P-DG de la Poste a mis au point un programme de
restructuration de l'activité postale qu'il a
présenté hier au Delta, lors de son
installation, en présence du ministre délégué
aux finances Barro Chambrier et de son collègue
de la Communication Bilie Bi Nze
LE
président-directeur général de la Poste, Alfred
Mabika, nommé en janvier dernier, a finalement
été installé dans son fauteuil de tout premier
PDG de la nouvelle entité. Hier au Delta Postal,
c'est le ministre délégué à la Communication,
Alain-Claude Bihe bi Nze, qui a procédé au geste
symbolique. Cela, en présence de son collègue
des Finances, Alexandre Barro Chambrier.
Occasion pour le représentant
du ministre René Ndemezo'Obiang, dans une
ambiance relativement sobre, de rappeler le
contexte national tumultueux dans lequel s'est
récemment trouvé plongée l'activité postale:
Occasion également de souligner qu'au plan
international, les activités postales sont
confrontées à une introduction des nouvelles
technologies de l'information, notamment dans
les échanges épistolaires. Ce qui impose à la
Poste de s'adapter à un environnement fortement
concurrentiel pour apporter des réponses que la
clientèle est en droit d'attendre d'elle. Créer
de nouveaux services serait une des solutions,
la subvention octroyée par l'Etat à la nouvelle
structure étant promise à une réduction
progressive.
De 12 milliards l'année qui
s'achève, elle va passer à 6 milliards pour
tomber à 3 milliards dans les années à venir.
L'objectif de l'Etat est, bien entendu, d'amener
la Poste, à terme, à s'équilibrer au plan
budgétaire. Une vérité que n'a pas manqué de
confirmer le ministre délégué aux Finances à la
fin de la cérémonie.
"Ce qui importe pour le
ministère des Finances, a-t-il dit, est que les
ressources que L'Etat met à la disposition de la
Poste soient utilisées à bon escient de telle
sorte qu'elle puisse évoluer de façon autonome (
. .). De toutes façons, a-t-il ajouté, l'Etat
n'est plus disposé à subventionner des
entreprises qui font des pertes massives".
La deuxième chose qui importe
est de permettre à La poste de continuer de
travailler avec ceux qui seront retenus par la
nouvelle entité pour la satisfaction des
clients, et de favoriser et accompagner la
réinsertion de ceux qui, malheureusement, ne le
seront pas.
Dans tous les cas, pour le
développement du secteur de la poste, un espoir
subsiste : la désignation par le président de la
République de M. Alfred Mabika pour conduire les
destinées dé cette nouvelle entité. "Nous avons
un P-DG qui a eu des responsabilités très
importantes, a enfin dit M. Barro Chambrier,
pour avoir été membre du gouvernement. A ce
titre, il va gérer cette entreprise dans
l'esprit défini par le gouvernement pour
permettre de minorer appui budgétaire de l'Etat".
En effet, M. Mabika, ancien membre du
gouvernement, collaborateur du chef de l'Etat,
et grand commis de l'Etat, est aguerri aux
questions économiques. Du temps où il était
ministre, l'homme a démontré qu'il appartenait à
cette race recherchée de gestionnaires, ne
manquant malheureusement pas de susciter, dans
un contexte d'intrigues politiciennes, ces
inimitiés qui se révèlent finalement nécessaires
à la formation de l'homme.
MARQUE DE CONFIANCE. Sur
ce point, le nouveau P-DG n'a pas
oublié de lever toute équivoque sur sa
nomination. "C'est grâce à la seule
volonté du président de la République,
Omar Bongo Ondimba, a-t il précisé, que
j'ai été désigné à ce poste". Aussi a
t-il d'abord tenu à remercier le chef de
l'Etat, mais aussi le gouvernement, de la
marque de confiance témoignée à sa
personne en lui confiant la mission de redonner
vie à la Poste gabonaise. "je suis
particulièrement fier et honoré et Je mesure
toute la responsabilité de la tâche à accomplir.
C'est à la fois une mission et une tâche
remplies d'obligations de résultats, a-t-il dit,
(d'abord) envers le chef de l'Etat et le
gouvernement, (et ensuite) envers chaque
Gabonaise et chaque Gabonais". Avant de définir
la grande responsabilité qui est désormais la
sienne, envers les particuliers et les
professionnels, auxquels il entend apporter la
plus grande satisfaction possible, et auxquels
il demande d'ores et déjà de faire confiance,
encore une fois, à la Poste gabonaise.
Responsabilité aussi envers ces hommes et femmes
qui vont contribuer au développement de ce grand
projet qu'est la Poste gabonaise. Responsabilité
à l'égard des partenaires et des actionnaires.
Et enfin envers le pays.
Pour assumer au mieux toutes
ces responsabilités, M. Mabika a tenu à préciser
que c'est avec les meilleurs postiers qu'il
compte impulser le changement et mettre en place
des signes du renouveau, en rendant performants
la Banque postale et le transport des colis et
du courrier, deux des multiples activités sur
lesquelles la Poste va s'appuyer pour garantir
son développement. Objectif : redonner confiance
aux abonnés, parallèlement à l'action qui sera
menée par l'Etat dans la reconquête de cette
confiance.
Mais pour réaliser tout cela,
il ne faut pas oublier que la réussite a un prix
celui de la compétence. "Les métiers vers
lesquels nous nous acheminons, la dynamique qui
nous conduit, la vision que nous avons pour La
Poste, ne sont pas exempts de nouveautés et
d'exigences", a-t-il encore dit. Ajoutant que
"c'est pourquoi nous ne pouvons pas nous passer
de l'assistance extérieure, ni de recrutement
externe, ni d'une politique de formation aux
nouveaux métiers". La stratégie est donc celle
de l'ouverture et du partenariat. D'ailleurs, le
P-DG a annoncé qu'un programme de partenariat
est en voie de signature avec la poste
française.
La nouvelle Poste gabonaise,
qui assure une mission d'intérêt général et
d'espoir pour les Gabonais, sera porteuse de
deux valeurs déclinées par M. Mabika : la
proximité avec les agents vis-à-vis de la
population, et la confiance de cette dernière
vis-à-vis des services proposés.
Cependant, il y a quelques
conditions à remplir pour que le projet de
développement de la Poste soit une réussite. Il
s'agit notamment du respect total des
engagements de l'Etat vis-à-vis de la nouvelle
entité. "Ce respect passe par la mise à
disposition des montants nécessaires à
l'investissement et au fonctionnement...", a
souligné le P-DG. Il y a aussi le nécessaire
changement de mentalité auquel M. Mabika invite
les protagonistes impliqués dans le
développement de la Poste, notamment devant la
nécessité de transformer un organisme d'Etat en
entité commerciale profitable, précisant que "L'Etat
doit cesser de considérer la Poste comme une
administration publique. Il est révolu le temps
où le budget de l'Etat avait pour annexe le
budget de la Poste. Et le temps où la Poste
était une agence comptable du Trésor...".
Dernière chose : pour montrer
que la nouvelle entité était déjà engagée dans
le changement prôné : dès la semaine prochaine,
une série d'actions vont être entreprises pour
redonner confiance aux compatriotes la revue à
la baisse des coûts des services postaux, en
commençant par les boîtes aux lettres.