HYDROCARBURES
L'intérieur du pays à nouveau sans carburant
«Les difficultés rencontrées
par l'entreprise SHO Tractafric font que les
transporteurs terrestres ne peuvent plus
ravitailler les régions Nord, Nord-Est et
Sud-Ouest du pays à partir es dépôts de Ndjolé
et Lambaréné , déclare le président de l'Amicale
des transporteurs d'hydrocarbures, Alain
Kouakoua.
ON avait cru, au mois de mars
dernier, lorsque l'Etat avait décidé d'augmenter
les prix du carburant à la pompe que
l'approvisionnement de I intérieur du pays en
hydrocarbures allait s'améliorer. Mais voilà que
depuis plus d'un trimestre, les mêmes problèmes
refont surface.
Et faute de produits dans les
dépôts de Lambaréné et Ndjlé, les
stations-services du Nord, Nord-Est et Sud-Ouest
du Gabon ne sont pas correctement
approvisionnées. La faute, a-t-on appris de
l'Amicale des transporteurs d'hydrocarbures,
incombe à la société SHO Tractafric, qui par
voie fluviale au départ de Port Gentil , ne
livre pas suffisamment ces deux dépôts.
Une affirmation que ne
réfutent pas des voix autorisées de cette
entreprise, lesquelles reconnaissent que "la
SHO Tractafric dispose aujourd'hui d'un matériel
obsolète qui ne permet plus de faire la
navigation de l'Ogooué".
Lors de l'augmentation des
prix du carburant il avait été demandé aux
transporteurs, fluvial et terrestre, de
renouveler leurs matériels afin d'éviter des
ruptures de stocks.
Si les transporteurs
terrestres se sont conformés à cette injonction,
en revanche, la SHO Tractafric n'a pas renouvelé
ses équipements. Occasionnant ainsi une pénurie
de carburant dans les dépôts de Lambaréné et
Ndjolé.
Une pénurie qui peut
s'expliquer en saison sèche, a cause de la
baisse des eaux. «Ce problème ne devrait pas
se poser en saison des pluies, étant entendu
que les eaux, hautes, facilitent la navigation
des barges vers ces deux dépôts, à partir
de Port-Gentil», déclare le président de
l'Amicale des transporteurs d'hydrocarbures,
Alain Kouakoua.
Qui ajoute qu"'il faut une
navigation continuelle d'environ 5 barges de 350
m3 chacune par jour pour pouvoir alimenter les
dépôts de Lambaréné et Ndjolé. En clair, il
faudrait 1750 M3/j pour que les deux dépôts
aient une disponibilité acceptable de produits.
Ce qui, ni plus ni moins,
soulève le problème de la disponibilité
d'un matériel suffisant pour le transport.
D'autant que lorsqu'il s'agit de faire le plein
des deux dépôts, celui de Ndjolé contient 10 000
m3 de gasoil, 2 500 m3 de super et 2 000 m3 de
pétrole. Tandis que celui de Lambaréné, qui ne
peut recevoir de super, contient 1400 m3 de
gas-oil et 200 m3 de pétrole.
La situation actuelle a, à
n'en point douter, freine l'activité des
transporteurs d'hydrocarbures. "Le chiffre
d'affaires des transporteurs a chuté de 30%".
«Où va-t on trouver de l'argent pour
s'acquitter de nos charges mensuelles ?»,
s'interroge un responsable de TRIAM, une autre
entreprise de transport de produits pétroliers
basée à Ndjolé.
Notons aussi que le dépôt
Mobil de Ndjolé est actuellement vieillissant.
Bien qu'ils aient bénéficié de l'augmentation
décidée en mars dernier, les responsables de
cette société n'auraient, pas voulu renouveler,
leurs matériel parce que, apprend-on, Mobil a
été rachetée par des Lybiens.