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Le quotidien l'Union du 30 Décembre 2006 au 1er Janvier 2007

 

MAUX ET DÉBAT

Nos casernes, de vraies passoires ?

CHASSER le naturel, il revient au galop. » Ce dicton populaire n'a jamais aussi bien revêtu sa pertinence ce qu'aujourd'hui Avec notamment, ces pluies diluviennes qui s'abattent inlassablement et de manière inopportune sur tout le pays. En dépit de la petite saison sèche officiellement admise.

Comme une lame de fond, ces grosses trombes d'eau viennent quasiment annihiler les maigres efforts engagés par nos pouvoirs publics dans le développement des infrastructures de base. Au nombre de celles-ci, il y a singulièrement la route et tout ce qui s'ensuit. Dans ce cas précis, affirmons ouvertement que le Gabon a mal à ses voies de communication. Notre réseau routier bitumé urbain comme rural, déjà squelettique, subit au fil des pluies, les affres d'une érosion impitoyable.

Dans la région de Libreville et d'Owendo, le phénomène se passe de commentaire. Il n'y a qu'à rouler sur quelques kilomètres pour s'en convaincre. Après les fêtes tournantes de l'indépendance édition 2006, bis repetita ! Nids de poule, crevasses, éboulements de terrains et de chaussées et autres inondations à rien plus finir, ont rapidement refait surface. C'est que la qualité des ouvrages réalisés à la va-vite est nulle. Par comparaison, des travaux livrés trente ans plus tôt, dans les mêmes conditions et soumis aux mêmes intempéries, continuent d'afficher fière allure en résistant au temps qui passe. Curieusement, ceux produits tout récemment fondent comme beurre au soleil.

Il est temps - et alors là - largement temps qu'on mette un terme définitif à cette chienlit où une minorité de professionnels des Travaux publics s'en mettent plein les poches au détriment du pays tout entier. La Nationale 1, ainsi pompeusement dénommée, en est l'exemple patent, qui exhibe ostensiblement cette volonté à saper les efforts de l'Etat gabonais, volonté organisée en sourdine par certains compatriotes malintentionnés. Rappelons que

l'axe cité plus haut est aujourd'hui, plus qu'hier, la risée de notre pays à l'extérieur. Sous-dimentionnée et non

entretenue, cette voie fait honte à un pays pourtant producteur de pétrole et pourvu en sable,gravier, latérite,

ciment, eau, bois... Matériaux essentiels à toute construction.

Avec un parc automobile sans cesse croissant et une population d'agents économiques qui suit la même courbe, c'est à se demander qu'en sera-t-il dans dix ans. A moins de vouloir gérer une bombe à retardement.

Pendant que les infrastructures routières se dégradent dangereusement, les crimes (passionnels) reviennent au galop. Quand ce ne sont pas les feux de l'amour qui enflamment les coeurs, c'est l'instinct bestial qui domine le bon sens et la raison et pousse l'individu mentalement faible à commettre l'irréparable.

Cette affaire qui fait encore couler encre et salive, a choqué plus d'un mâle. En l'occurrence l'assassinat, à la mi-décembre courant, par son deuxième bureau (une militaire au béret gris), d'un officier de gendarmerie. En filigrane apparaît le côté égoïste de plus en plus prononcé de la gent féminine, plus prompte à recevoir qu'à donner. Prête à conquérir le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière, et même... la vache à lait. Sans, en contrepartie, rien débourser !

A bord d'un véhicule et très certainement aidée de bras plus vigoureux, la meurtrière, au terme de son acte ignoble, a pu traverser une partie de Libreville et une autre Owendo, sans être interpellée. Au camp Toulekima où elle déposera le cadavre, elle est entrée comme un couteau dans du beurre, sans être aperçue, en dépit des sentinelles censées être postées aux endroits sensibles.

Cette facilité d'accès laisse clairement penser que nos casernes ne sont pas bien gardées. On peut à tout moment y déposer des bombes sans être inquiété et disparaître quand bon nous semble.

La prouesse réalisée par une militaire au béret gris, dans une caserne supposée infranchissable par temps de nuit, laisse pantois. Alors qu'on croyait ces endroits, pourtant habités par des hommes en armes, des citadelles imprenables, il est fort déplorable de constater que ce ne sont - pour le moment - ni plus ni moins que des passoires. Des sites où tout le monde passe le temps à dormir en rond, parce que le Gabon est un havre de paix. Mais qui veut la paix prépare la guerre. C'est connu de tous, même des militaires.

Le futur gouvernement a là, posés sur sa table, deux dossiers brûlants sur lesquels il va devoir se pencher vite et bien: la route et la sécurité. Des réponses appropriées étant attendues. Parce que, si rien n'est ait dans 1e sens souhaité, la prochaine intrusion d'un quidam dans une caserne pourrait se révéler désastreuse si ce dernier est un terroriste ou un pyromane habité de mauvaises intentions. La sécurité des personnes et des biens devrait, en toute logique, commencer par là. A moins d'attester, en manière de chute, un autre dicton, tout aussi populaire, qui veut que le cordonnier soit, souvent, le plus mal chaussé !

Source : Journal L'Union Plus du 30/12/2006 au 1er Janvier 2007

 



   

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