OMNISPORTS / COMITE OLYMPIQUE
GABONAIS
Les
péripéties et les raisons d'une crise…
COUP
d'oeil dans le rétroviseur du Mouvement sportif
olympique gabonais en proie, pendant de
nombreuses années (près de 14 ans), à une grave
crise de légalité, de légitimité, d'intérêts et
de compétence entre le bureau squelettique
dirigé par Fidèle Waura et l'essentiel des
responsables des fédérations sportives
nationales.
La-quasi-majorité de ces
derniers, à juste titre et ouvertement, met à
rude épreuve le crédit et la légitimité du
bureau du Comité olympique gabonais (COG) au
retour des eux olympiques d'Athènes de 2004. Où
la gestion du Mouvement sportif olympique
gabonais, qualifiée par certains de peu
orthodoxe, est contestée.
Commence alors le bras de fer
entre l'équipe Waura et une frange des
dirigeants de quelques fédérations sportives
nationales. Le 20 septembre 2004, Fidèle Waura
est interpellé, à travers une correspondance,
par ses détracteurs qui le somment d'organiser
une assemblée générale extraordinaire avec un
seul point à l'ordre du jour : le renouvellement
du bureau directeur du Comité olympique
gabonais.
" ( Nous venons faire part
des problèmes liés au fonctionnement du COG.
Après deux Olympiades, nous constatons avec
regret que vous n'avez organisé aucune assemblée
générale dont la mission première est de rendre
compte des activités de cette importante
structure sportive pluridisciplinaire. Ce
manquement constitue une violation flagrante des
textes...'; martèle la majorité des
fédérations.
En réponse aux préoccupations
légitimes des fédérations sportives, Fidèle
Waura tient, le 7 octobre 2004 au RéNdama, un
point-presse. Au cours de celui-ci, il annonce
"Les statuts révisés ayant été officiellement
approuvés par le Comité international olympique
(CIO), l'assemblée générale ordinaire de notre
CNO se tiendra au mois de décembre 2004 "'.
Méthodique dans le jeu de
l'usure, Waura réitère sa pensée en corsant ses
propos dans une lettre adressée aux fédérations
sportives, datant du 11 octobre 2004: "(..)
L'assemblée générale pour le renouvellement du
bureau aura lieu en fin d'année conformément aux
nouveaux statuts adoptés en 2003 et approuvés
par le CIO en mai 2004. A cet effet, nous
vous demandons d'organiser vos assemblées
générales avant la mi-décembre pour que les
membres qui siègeront au COG aient une
légitimité".
Courroux des fédérations
sportives qui, tout en s'insurgeant contre la
décision du président du CNO qui ne repose sur
aucune disposition règlementaire et statutaire,
condamnent par ailleurs le mutisme de la
tutelle. "(..) Le bureau actuel du CNO
a épuisé son mandat depuis deux ans et se
trouve dans l'illégalité. Nous sollicitons
votre intervention afin d'amener le
président du CNO se lier à la légitime requête
des 2/3 de ses membres. De même, les
fédérations réfutent la période du mois de
décembre retenue par le président du CNO et
proposent celle u 31 octobre 2004",
expliquent les fédérations plaignantes au
ministre des Sports dans un courrier datant du
12 octobre 2004.
Le ministre des Sports de
l'époque, au fait du conflit, essaie de
temporiser en s'adressant au président du CNO en
ces termes: " (..) Je vous demande d'étudier
la possibilité de convoquer l'assemblée générale
élective en novembre 2004 plutôt que octobre ou
décembre si vos statuts ne s'y opposent pas.
TRIBUNAUX. Le louvoiement
de la tutelle oblige les fédérations à hausser
le ton en écrivant au président du Comité
international olympique (CIO) le 3 novembre
2004. Dans cette missive, Fidèle Waura est
descendu en flammes par ses adversaires "
(...) Fidèle Waura qui est à la tête de notre
CNO depuis 16 ans pose à ce jour des actes
blâmables contraires à la Charte olympique et
aux textes législatifs et réglementaires en
vigueur dans notre pays.
Waura qui est dans une
position d'illégalité criante laisse apparaître
au sein de notre opinion des doutes quant
à la contribution du CIO .Il jure sur tous les
toits que le CIO n'apporte aucune aide
significative aux fédérations sportives. Il
serait souhaitable, avant que la situation
n'explose, que votre haute organisation fasse
l'injonction à M. Fidèle Waura de convoquer dans
les meilleurs délais, une assemblée générale
élective avant d'entreprendre toute démarche
susceptible de porter préjudice au mouvement
olympique...: En vain !
Imperturbable, Waura qui
s'accroche avec la dernière énergie, écrit, le 8
novembre 2004, à la tutelle : " (...) Nous vous
précisons que notre assemblée générale est
convoquée pour le jeudi 30 décembre 2004. J'ai
reçu du CIO des copies de fax qu'il a reçus du
président de la Fédération gabonaise de boxe (ndrl)
Bonaventure Nzigou Manfoumbi en était le
président) daté du 4 novembre en cours.
Il a joint votre lettre du 27
octobre dernier. Ce qui est plus grave, c'est
que le CIO a reçu une lettre parlant de crise au
sein du COG avec des signatures des présidents
des fédérations nationales tirées de la lettre
du 20 septembre 2004. , II s'agit ici d'un délit
de faux et usage de faux dans le but de tromper
le CIO, nuire au président du COG et de faire
d'un ministre de la République son complice ".
La résistance de Fidèle Waura
déconcerte ses détracteurs qui utilisent, le 12
novembre 2004, les compétences d'un huissier de
justice. Lequel transmet au président du CNO la
lettre des plaignants convoquant l'assemblée
générale extraordinaire élective pour le 27
novembre 2004 à 10 h au Rapontchombo. Où,
effectivement, Bonaventure Nzigou Manfoumbi, élu
dans la cacophonie, subira par la suite les
foudres de Fidèle Waura. Lequel introduira, le
23 novembre 2004, une requête en annulation de
l'assemblée générale du 27 novembre 2004, auprès
du Conseil d'Etat.
Ce fut avec succès. Puisque
Nzigou Manfoumbi, conduit devant les tribunaux
par quelqu'un dont on disait qu'il ne jouissait
plus de la légalité et de la légitimité,
rentrera, malgré lui, dans sa coquille. Au grand
dam du Mouvement sportif olympique national miné
par une crise qui ne trouvera son épilogue que
le 7 octobre 2006 avec la brillante élection de
Léon-Louis Folquet. A l'issue d'une élection
démocratique et transparente à laquelle Fidèle
Waura (président sortant) fut battu dès le
premier tour,..
Dans nos prochaines éditions,
le dénouement de la crise et les alliances
contre nature contractées sur la base de
"l'intox" et de la manipulation par les ennemis
jurés d'hier dans le but d'humilier à la face du
monde, la justice et l'Etat gabonais, qui se
sont investis pleinement pour le bon déroulement
du scrutin du 7 octobre dernier.