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Le quotidien l'Union du 31 Juillet 2007

 

LENDEMAIN DE LA VISITE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE AU GABON

Nicolas Sarkozy marque son intérêt pour la politique
d'ouverture de Bongo Ondimba

Le chef de l'Etat français a tenu à souligner, vendredi 27 juillet, à l'hôtel Méridien Ré Ndama, aux médias internationaux, toute l'importance de l'étape gabonaise de son périple africain. " Il y a une habileté du président Bongo Ondimba avec son opposition " a souligné Nicolas Sarkozy y voyant des similitudes avec sa propre méthode. Et d'évoquer ensuite les intérêts stratégiques de son pays en terre gabonaise, avant le dîner républicain en son honneur auquel a participé la classe politique sans exclusive
au palais du bord de mer.

NICOLAS Sarkozy, le chef de l’Etat français, en décidant de se rendre pour la première fois en Afrique subsaharienne auréolé de sa forte légitimité populaire qui lui confère incontestablement une grande liberté à entreprendre la "rupture " proclamée avec ce continent, n'imaginait pas devoir faire acte de pédagogie répétitive à adresse des médias internationaux l'accompagnant à cette occasion. Surtout pour leur faire comprendre une évidence souvent volontairement ignorée et méconnue. A savoir que dans les relations entre les Etats modernes, moins que les liens affectifs ou 'amitié qui peuvent se nouer au fil du temps entre les différents dirigeants politiques, ce sont davantage les intérêts économiques et stratégiques qui constituent les fondements solides de toute coopération bilatérale active.

En d'autres termes, ce principe de base est fondamental en ce qui concerne la vieille relation qui existe entre son pays, la France et le Gabon.

Hôte de son homologue, le président Omar Bongo Ondimba, reconnu comme le témoin privilégié et l'artisan indiscutable de cette relation exceptionnelle ancrée solidement dans l'Histoire, sur la base des accords conclus depuis l'accession du Gabon à la souveraineté nationale, sa visite effectuée au pas de charge, en aller-retour, vendredi 27 juillet, est à cet égard mémorable. Car, elle aura permis de découvrir la personnalité attachante de ce jeune président réputé incarner la "rupture" dans la conduite des relations franco-africaines, le plus souvent regardées uniquement de façon lapidaire sous l'angle réducteur du " maître et de l'esclave ", ou d'anciens colonisateurs et colonisés, prompt à revêtir sa robe d'avocat en vue de persuader ses concitoyens de la place de choix à accorder au Gabon dans le partenariat refondé que lui-même s'est engagé à impulser pendant ce quinquennat.

Certes, le président français s'est bien gardé d'entrer dans les détails, pour expliquer le sens profond de son séjour dans la capitale gabonaise, lequel va bien au-delà de la défense de l'environnement figurant officiellement en première ligne de ce voyage. Pour preuve, son invite au devoir de mémoire lancée à ses compatriotes qu'il a exhortés à mieux connaître "l’histoire de là France " pour saisir tous les contours stratégiques de sa coopération avec le Gabon. Sur place, les initiés de cette relation spéciale n'avaient pas besoin d'un dessin pour décrypter ce partenariat fécond pour Paris, tant au plan politique, économique, qu'industriel, avec ce pays subsaharien petit par la taille, mais "véritable scandale géologique" pour ce qui est des matières premières (or, gaz, manganèse, bois, uranium...) exploitées par des entreprises françaises et utilisées dans toute la gamme industrielle, dont la haute technologie scientifique des puissances nucléaires. Sans oublier que le chef de l’Etat français ne perd pas de vue que le Gabon est surtout un pays producteur de pétrole.

"Croyez moi, j'ai beaucoup réfléchi sur les étapes à retenir pour ce périple. J'en ai conclu que je n'avais aucune raison d'offenser les amis traditionnels et fidèles de la France " a fait savoir sur le ton du défi M. Sarkozy, souriant et disposé à consacrer plus de temps à faire en sorte qu'on ne se trompe pas sur l'essentiel des relations d'Etat à Etat. Le moins qu'on puisse dire est que le but de (exercice a été atteint, et que chacun s'est rendu compte que sur le plan économique, la présence française est très forte sur le marché gabonais. Où, entre 60 et 70% des investissements étrangers sont français, en somme 150 filiales ou succursales d'entreprises françaises v sont présentes en force. Voilà, donc, qui a suffi à rappeler à l'ordre les journalistes qui ont cru bon de lui faire le reproche d'être venu à Libreville plutôt que d'aller en villégiature dans certains pays africains n'appartenant pas à la zone d'influence française en Afrique, et où la France, manifestement, n'a pas d'intérêts économiques.

DIMENSION • L'autre dimension importante de cette visite, tout aussi incomprise par nombre de ses concitoyens, et qui a nécessité de la part du président français qu'il parle franchement de sa portée concerne la politique à proprement parler. Ce volet du voyage semble échapper à beaucoup d'observateurs venus dans sa suite, pour lesquels un président français doit toujours trouver à redire sur la longévité aux affaires de son homologue. Sans la moindre hésitation, en tout cas, "Sarko" a balayé d'un revers de la main cette conception dépassée des rapports entre deux Etats souverains, laissant entendre clairement que son périple n'avait pas vocation à donner des leçons de démocratie.

Mieux, sa réponse a été nette et appelle à une remise en cause des vieux paradigmes : "Vous jugez trop sévèrement le Gabon (:..) Il y a une habileté politique du président Bongo Ondimba ave son opposition ", a-t-il noté. Néanmoins, il a tenu à ajouter qu' " il ya des tas de progrès à faire ici ", mais il s'insurge contre les attaques excessives proférées à l'encontre du président gabonais. A juste titre, car ce n'est pas de cette façon qu'on doit traiter un compagnon de la France, un relai incomparable de sa diplomatie en Afrique, sans lequel bien des initiatives régionales et continentales, auraient connu un autre sort. Grâce à cette prise de position objective, le président Nicolas Sarkozy s'est engagé à continuer de servir de porte-parole et d'avocat auprès des institutions internationales et en Europe, pour témoigner des évolutions politiques accomplies depuis 2990 à l'échelle nationale.

Dans une allusion à la constance du dialogue politique entre la majorité présidentielle et l'opposition depuis cette période, il a noté l'existence de cette méthode politique conviviale au Gabon, soucieux de faire comprendre que la stabilité remarquable vécue par ce pays depuis un demi siècle, et enviée à l'échelon du continent n'est pas le fait du hasard. Elle a des ressorts contenus dans la politique d'ouverture pratiquée par son homologue gabonais. Le président Bongo Ondimba, justement, régulièrement élu à la magistrature suprême associe toujours l'opposition aux affaires sans que le pays vive en système de cohabitation. L'écho de cette méthode qui évite la balkanisation du pays lui est souvent parvenu. A ses yeux, elle doit faire école.

En France, dorénavant, les deux gouvernements formés après l'élection présidentielle et les élections législatives qui lui ont donné une majorité parlementaire à l'Assemblée nationale portent aussi cette marque d'ouverture à l'opposition, au parti socialiste en particulier. Autant qu'on sache, ce modèle politique est une nouveauté de la démocratie française, à travers laquelle le nouveau président français révolutionne la pratique en la matière, approuvé en cela par l'immense majorité de ses concitoyens. Mais qui d'autre, mieux que lui-même, avait depuis longtemps conscience que c'est un trait caractéristique du modèle politique gabonais. Et puis, s'il y en avait encore, certains dans sa délégation, pour le méconnaître, la preuve cinglante leur a été donnée par le chef de l'Etat, M. Omar Bongo Ondimba, en personne, au dîner républicain offert à son hôte au palais du bord de mer. L'opposition gabonaise, sans exclusive, a répondu à son invitation. C'est d'autant plus un acte fort en sa faveur qu'à l'étape précédente, à Dakar pour ne pas la citer, Nicolas. Sarkozy avait reçu l'opposition au président Abdoulaye Wade, prenant ainsi le risque de mécontenter son homologue. Le fait, enfin, de le reconnaître, est de la même façon un acte fort du président français, dont nul ne remet en cause les relations honnêtes avec le "Doyen" ainsi qu'il l'appelle respectueusement. D'ailleurs, à un journaliste qui lui demandait: pourquoi l'appelez-vous ainsi ? Sa réponse a fusé nette et instructive : " En Afrique, quand vous y venez, sachez que ça compte ". Au final, c'est l'autre invite à la France, à soutenir cette relation avec un partenaire qui accueille une importante communauté française et une base militaire pré positionnée et en alerte, dont il s'est félicité qu' " elle est celle qui ne nous pose pas de problème ".

A l'heure du bilan, si l'on en juge par le déplacement symbolique du président français dans la forêt de la Mondah, où il a passé l'après-midi avec les ONG et pris l'engagement de transformer 50 millions d'euros de dette gabonaise en investissement dans la forêt gabonaise, ne pas tout de même y voir un signe de " rupture " serait faire montre de mauvaise foi. Sa secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, chargée des Droits de l'Homme, Rama Yade, dans un salon de l'Hôtel Ré Ndama, aura elle également passé l'après-midi à s'entretenir avec des Organisations non gouvernementales. Pas avec les politiques. C'est un signe supplémentaire non négligeable.

 

Source : Journal L'Union Plus du 31/07/2007

 

 

 



   

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Pour moi quoi…Makaya
Et qui s’inquiète de l’avenir du personnel qui n'est pour rien dans la gestion calamiteuse de ces entreprises ?