LES candidats au
baccalauréat, session 2008, sont descendus hier dans la
rue à Libreville, pour protester contre la mesure de
reprise de certaines épreuves de la session, décidée par
le ministère de l'Education nationale, au lendemain de
la découverte de nombreux cas de fraude. Au lycée Nelson
Mandela comme au lycée national Léon Mba, les
candidats-manifestants ont érigé des barricades sur la
voie publique, perturbant ainsi la circulation.
"Nous ne voulons pas
reprendre le bac. Ce ne sont pas tous les élèves qui ont
triché. On veut le bac, la jeunesse est sacrée",
clamaient-ils, renforcés en cela par la rumeur circulant
dans la ville sur une éventuelle annulation de cette
session de juin.
A travers cette
mobilisation, les élèves entendaient exprimer leur
détermination à poursuivre, malgré tout, les épreuves,
nonobstant les cas de tricherie qui ont sérieusement
entache cette session.
Pour se faire entendre, les
intéressés ont organisé, une marche pacifique, laquelle
a eu comme point de chute la Primature. Après une
demi-heure de ramdam fait dans le dessein d'attirer
l'attention des autorités compétentes, les candidats au
baccalauréat ont été finalement reçus par le Premier
ministre, Jean-Eyeghé Ndong. Ce dernier a assuré à ses
interlocuteurs que les épreuves de philosophie et de
français ayant fait l'objet d'une fraude massive seront
reprises aujourd'hui. Comme annoncé samedi par le
ministre de l'Education nationale, Michel Menga.
Le chef du gouvernement a
relevé que la proposition des syndicats appelant à
l'annulation de la session ne doit pas être prise en
compte, car elle n'a pas été notifiée aux autorités par
voie écrite comme le recommandent les exigences de
l'administration.
Rappelons qu'au cours d'une
conférence de presse samedi matin, les responsables de
trois syndicats de l'Education nationale avaient demandé
la reprise totale du bac en septembre prochain.
Une proposition qui a paru
rencontrer l'assentiment de certains examinateurs. En
effet, exaspérés par l'envergure de la fraude planifiée
par certains membres véreux de l'Office des concours et
examens et celui du Bac, les responsables de différents
centres d'examens de la capitale ont donc suspendu la
poursuite de la session, demandant par la même occasion
aux candidats de retourner chez eux. C'est cette
décision qui a provoqué l'ire des élèves.
Ceux-ci sont aussitôt
descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement
et dessiller les yeux des autorités compétentes. Le
Premier ministre, Jean Eyeghé Ndong, qui attache du prix
à ce que la session se passe sans problèmes majeurs, a
tenu à démêler les fils de l'écheveau.
L'examen devra donc
reprendre son cours ce matin dans tous les centres.