Le
président de la Commission de l'Union Africaine (UA)
dont c'était le premier sommet, a souligné, lors de la
cérémonie d'ouverture officielle des assises auxquelles
participe le président de la République, Omar Bongo
Ondimba, qu'en dépit des progrès non négligeables
réalisés sur le continent, en matière d'accès à l'eau
potable, beaucoup reste à faire.
LA 11e Conférence ordinaire
des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaine
(UA) s'est ouverte hier à Sharm El Sheikh, sous la
présidence du Tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete, le
président en exercice de l'organisation panafricaine. En
présence du président de la République, Omar Bongo
Ondimba, et de plusieurs dizaines de ses pairs, au
premier chef desquels l'Egyptien Hosni Moubarak, l'hôte
des assises, avec qui le N°1 gabonais a d'ailleurs eu un
entretien en marge des travaux.
D'autres personnalités ont
également effectué le déplacement de cette ville
égyptienne, charnière entre l'Afrique et le
Proche-Orient. On peut citer dans cette catégorie, le
Secrétaire général adjoint de l'Onu, Mme Asha Rose
Migiro, venue confirmer la disponibilité des Nations
unies à accompagner l'Afrique dans ses efforts pour la
paix, la sécurité et développement. Il y a aussi le
Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Amr
Moussa, le président de l'Autorité palestinienne,
Mahmoud Abbas, etc.
Les assises ouvertes hier
portent sur le thème: « Réalisation des Objectifs du
Millénaire pour le développement en matière d'eau et
d’assainissaient». Sujet qui
revêt une «importance capitale», a relevé le
président de la Commission de l'Union Africaine, notre
compatriote Jean Ping, dont c'était le premier sommet
depuis son élection il y a six mois. II intervenait
après le mot de bienvenue du président égyptien.
Par rapport au thème des
travaux, M Ping a reconnu que notre continent avait
réalisé des progrès non négligeables, notamment en
matière d'accès à l'eau potable. Cependant, il a
souligné que beaucoup reste à faire pour que l'Afrique
atteigne les Objectifs du Millénaires (OMD) dans les
délais fixés.
"Je suis convaincu, a-t-il
dit, que vas délibérations sur cette question de
déboucheront sur des décisions concrètes et feront
l'objet du suivi requis tant aux niveaux national que
régional et continental ".
Rappelant les nombreux
défis auxquels fait face le continent, et la volonté de
ses dirigeants de tout mettre en œuvre pour les relever,
le président de la Commission de l'UA a exprimé sa ferme
détermination à contribuer à la réalisation des
ambitions de l'organisation panafricaine. « C'est
pourquoi, poursuivra-t-il, j’ai décidé de placer
mon mandat à la tête de la Commission sous le sceau de
l’action et de l'efficacité, prenant en cela appui sur
ce que l'équipe précédente a pu réaliser dans des
conditions qui, au demeurant, n’ont pas toujours
été faciles... ».
REFORMES C'est dans cet
esprit que Jean Ping a déjà' engagé un certain nombre de
réformes au niveau de sa structure pour améliorer ses
performances et renforcer ses capacités d'initiative et
d'exécution. L'objectif étant de permettre à la
Commission de remplir effectivement les responsabilités
qui sont les siennes et de répondre pleinement aux
attentes des Etats membres.
Evoquant par ailleurs le
contexte dans lequel se tient le 11e sommet ordinaire de
l'UA, l'orateur a souligné les crises (alimentaire,
énergétique, climatique) que connaît le monde
aujourd'hui. Face à tout cela, Jean Ping a demandé aux
Etats membres de se mobiliser davantage. En
somme, il a prôné la solidarité et l'unité. Tout comme
il a milité pour l'accélération du processus
d'intégration économique du continent, en accordant un
intérêt particulier au NEPAD.
En outre, le président de
la Commission a affirmé que la paix et la sécurité
constituent le passage obligé de tous les efforts. C'est
pourquoi, il a soutenu les avancées dans ce sens.
Notamment aux Comores, Burundi, Somalie, RDC, Côte
d'Ivoire, etc. Cependant, a dit l'intervenant, dans le
même temps le continent fait face à de nombreuses
difficultés. C'est le cas au Darfour, dans les relations
entre le Tchad et le Soudan, celles entre l'Erythrée et
l'Ethiopie, l'Ethiopie et Djibouti. A ce niveau, M. Ping
a demandé aux leaders africains de renforcer leur
volonté politique en vue de trouver des solutions
définitives à ces tensions.
Tête-à-tête Par rapport
à la crise au Zimbabwe, le président de la Commission,
qui s'est déjà rendu dans ce pays membre de l'UA, s'est
voulu très diplomate en se situant au dessus dé la
mêlée. « L'Afrique, a-t-il dit, doit assumer une
pleinement les responsabilités qui sont les siennes, et
faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les
parties zimbabwéennes à travailler ensemble dans
l'intérêt supérieur de leur pays, afin de surmonter les
défis de l'heure. »
Signalons qu'après la
cérémonie d'ouverture, les chefs d'Etat et de
gouvernement se sont retrouvés dans le cadre de leur
traditionnel huis clos. Moment réservé aux discussions
sur le thème des assises, et les autres questions
inscrites à l'ordre du jour.
Comme à l'accoutumée, le
président de la République va au-delà du
programme des travaux pour échanger, souvent en
tête-à-tête, avec certains de ses pairs, et avec
d'autres personnalités ayant exprimé le vœu de
recueillir les avis et les sages conseils du doyen des
chefs d'Etat d'Afrique, sur telle ou telle question.
C'est dans ce cadre qu'il s'est entretenu, entre autres,
avec le président égyptien Hosni Moubarak.
Signalons enfin que la 11e
Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA
prend fin aujourd'hui. Et au terme des travaux, Omar
Bongo Ondimba pourrait quitter l'Egypte pour Paris
(France).