Au
sortir d'un tête-à-tête avec le président Nicolas
Sorkozy hier, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, a
fait cette déclaration après avoir souligné que son hôte
français et lui « avaient parlé du Gabon et de la
France».
ARRIVE à Paris avant-hier,
mardi, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba a rencontré
son homologue français, hier en début d'après-midi.
C'était au cours d'un tête-à-tête de près d'une
demi-heure qui a eu lieu au palais de l'Elysée. Malgré
la pluie, le président français, Nicolas Sarkozy est
venu accueillir son hôte au bas du perron. Une façon
pour lui d'exprimer son respect au «doyen».
La pluie n'a pas empêché
non plus le président de la République de souscrire aux
traditionnelles questions de la presse. Interrogé sur
l'objet de sa rencontre avec le président français, le
N°1 gabonais a dit que son interlocuteur et lui ont
parlé du Gabon et de la France. « Les relations sont
excellentes », a déclaré en substance, le chef de
l'Etat.
Une courte déclaration qui
en dit long. D'autant plus qu'elle s'inscrit dans la
logique de ce qu'avait affirmé, en avril dernier à
Libreville, le Secrétaire d'Etat français à la
Coopération, Alain Joyandet. Lorsque, dépêché par le
président Sarkozy, au plus fort de la récente crispation
des relations entre le Gabon et la France, celui-ci
s’était rendu dans la capitale gabonaise accompagné du
Secrétaire généra de l'Elysée, Claude Guéant.
« Nous sommes venus au
Gabon, avait souligné, M. Guéant, pour deux choses:
d'abord exprimer l'estime, la gratitude et la
reconnaissance de la France, son président et son
peuple, à Omar Bongo Ondimba ; puis lui réitérer la
volonté des autorités françaises d'établir une relation
particulière avec le Gabon».
Le fait que Libreville soit
la première destination africaine de M. Joyandet, était
considérée par ce dernier comme étant un témoignage de
la volonté de la France d'établir ce type de relations
avec notre pays. La visite de ces émissaires du
président français, faisait suite à une « tension» au
niveau des relations entre le Gabon et la France.
Laquelle était provoquée par l'expulsion, de France, de
deux ressortissants gabonais, et la diffusion par la
chaîne française France 2 d'un reportage sur le
patrimoine immobilier supposé du président gabonais en
France.
DECLARATION On se
souviendra de ce que cette situation avait poussé notre
pays à sortir de sa réserve. « Le gouvernement
gabonais, face à l'attitude des autorités françaises à
l'endroit des citoyens gabonais résidant en France,
entend désormais appliquer la réciprocité à l'égard des
Français résidant au Gabon. », avait indiqué le
gouvernement gabonais dans une déclaration rendue
publique par les médias. Et de continuer: «Nous
mettons en garde contre les conséquences que pourraient
entraîner les comportements irresponsables dénoncés
ci-dessus des médias et de certains hommes politiques
français en quête de popularité ».
Au regard de tout ce qui
précède, on peut dire que l'entretien d'hier, a été une
occasion pour le chef de l'Etat de rassurer son
homologue français sur le fait que le message que les
émissaires de celui-ci lui avaient apporté à Libreville,
n'était pas tombé, dans les oreilles d'un sourd. Surtout
qu'entre-temps, les choses ont évolué. Notamment avec la
ratification par le Parlement français, de l'accord
signé en 2007 entre nos deux pays, relatif à la gestion
concertée des flux migratoires entre nos deux pays ...
Voilà pourquoi, peut-on
dire, Omar Bongo Ondimba a eu des longs échanges avec
plusieurs personnalités politiques françaises. Cela a
été le cas, hier, du Secrétaire d'Etat à la Coopération,
Alain Joyandet, des ministres Bernard Kouchner (Affaires
étrangères et européennes), Michèle Alliot-Marie
(Intérieur), et Claude Guéant (Secrétaire général de
l'Élysée).
AUTRE SYMBOLE Ces
audiences accordées aux membres du gouvernement français
vont d'ailleurs se poursuivre aujourd'hui. Autre symbole
fort de la rencontre entre Omar Bongo Ondimba et Nicolas
Sarkozy c'est qu'elle a eu lieu au moment où l'Union
africaine vient de tenir en Egypte, sa 11e Conférence
ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement ; et la
France entame sa présidence de l'Union Européenne. Omar
Bongo Ondimba aura été le premier chef d'Etat africain à
être reçu par Nicolas Sarkozy avec ses deux casquettes
(président français et président de l'UE).
Fidèle à son franc-parler,
le doyen des chefs d'Etat d'Afrique a réaffirmé sa
position et finalement celle de l'UA sur la crise
politique au Zimbabwe: une médiation en vue d'un
gouvernement d'unité nationale pouvant permettre à tous
les acteurs de travailler ensemble dans l'intérêt de
leur pays. Ce qui n'est pas du goût des Occidentaux qui
souhaitaient un isolement total de Robert Gabriel
Mugabe.