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Le quotidien l'Union du 3 Juillet 2008

 

GABON-FRANCE

« Les relations sont excellentes »
Au sortir d'un tête-à-tête avec le président Nicolas Sorkozy hier, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, a fait cette déclaration après avoir souligné que son hôte français et lui « avaient parlé du Gabon et de la France».

ARRIVE à Paris avant-hier, mardi, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba a rencontré son homologue français, hier en début d'après-midi. C'était au cours d'un tête-à-tête de près d'une demi-heure qui a eu lieu au palais de l'Elysée. Malgré la pluie, le président français, Nicolas Sarkozy est venu accueillir son hôte au bas du perron. Une façon pour lui d'exprimer son respect au «doyen».

La pluie n'a pas empêché non plus le président de la République de souscrire aux traditionnelles questions de la presse. Interrogé sur l'objet de sa rencontre avec le président français, le N°1 gabonais a dit que son interlocuteur et lui ont parlé du Gabon et de la France. « Les relations sont excellentes », a déclaré en substance, le chef de l'Etat.

Une courte déclaration qui en dit long. D'autant plus qu'elle s'inscrit dans la logique de ce qu'avait affirmé, en avril dernier à Libreville, le Secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet. Lorsque, dépêché par le président Sarkozy, au plus fort de la récente crispation des relations entre le Gabon et la France, celui-ci s’était rendu dans la capitale gabonaise accompagné du Secrétaire généra de l'Elysée, Claude Guéant.

« Nous sommes venus au Gabon, avait souligné, M. Guéant, pour deux choses: d'abord exprimer l'estime, la gratitude et la reconnaissance de la France, son président et son peuple, à Omar Bongo Ondimba ; puis lui réitérer la volonté des autorités françaises d'établir une relation particulière avec le Gabon».

Le fait que Libreville soit la première destination africaine de M. Joyandet, était considérée par ce dernier comme étant un témoignage de la volonté de la France d'établir ce type de relations avec notre pays. La visite de ces émissaires du président français, faisait suite à une « tension» au niveau des relations entre le Gabon et la France. Laquelle était provoquée par l'expulsion, de France, de deux ressortissants gabonais, et la diffusion par la chaîne française France 2 d'un reportage sur le patrimoine immobilier supposé du président gabonais en France.

DECLARATION On se souviendra de ce que cette situation avait poussé notre pays à sortir de sa réserve. « Le gouvernement gabonais, face à l'attitude des autorités françaises à l'endroit des citoyens gabonais résidant en France, entend désormais appliquer la réciprocité à l'égard des Français résidant au Gabon. », avait indiqué le gouvernement gabonais dans une déclaration rendue publique par les médias. Et de continuer: «Nous mettons en garde contre les conséquences que pourraient entraîner les comportements irresponsables dénoncés ci-dessus des médias et de certains hommes politiques français en quête de popularité ».

Au regard de tout ce qui précède, on peut dire que l'entretien d'hier, a été une occasion pour le chef de l'Etat de rassurer son homologue français sur le fait que le message que les émissaires de celui-ci lui avaient apporté à Libreville, n'était pas tombé, dans les oreilles d'un sourd. Surtout qu'entre-temps, les choses ont évolué. Notamment avec la ratification par le Parlement français, de l'accord signé en 2007 entre nos deux pays, relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre nos deux pays ...

Voilà pourquoi, peut-on dire, Omar Bongo Ondimba a eu des longs échanges avec plusieurs personnalités politiques françaises. Cela a été le cas, hier, du Secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, des ministres Bernard Kouchner (Affaires étrangères et européennes), Michèle Alliot-Marie (Intérieur), et Claude Guéant (Secrétaire général de l'Élysée).

AUTRE SYMBOLE Ces audiences accordées aux membres du gouvernement français vont d'ailleurs se poursuivre aujourd'hui. Autre symbole fort de la rencontre entre Omar Bongo Ondimba et Nicolas Sarkozy c'est qu'elle a eu lieu au moment où l'Union africaine vient de tenir en Egypte, sa 11e Conférence ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement ; et la France entame sa présidence de l'Union Européenne. Omar Bongo Ondimba aura été le premier chef d'Etat africain à être reçu par Nicolas Sarkozy avec ses deux casquettes (président français et président de l'UE).

Fidèle à son franc-parler, le doyen des chefs d'Etat d'Afrique a réaffirmé sa position et finalement celle de l'UA sur la crise politique au Zimbabwe: une médiation en vue d'un gouvernement d'unité nationale pouvant permettre à tous les acteurs de travailler ensemble dans l'intérêt de leur pays. Ce qui n'est pas du goût des Occidentaux qui souhaitaient un isolement total de Robert Gabriel Mugabe.

 

Source : Journal L'Union Plus du 04/07/2008

 

 

 

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