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Le quotidien l'Union du 4 Juillet 2008

 

INSECURITE

Des solutions appropriées s'imposent
En dépit du constat fait sur la montée vertigineuse de la criminalité et de la grande délinquance, le gouvernement se mure dans un mutisme assourdissant quand il ne fait pas dans la politique spectacle.

L'HEURE est sans doute grave. En l'espace de quelques jours seulement, le ministre de la Justice Garde des Sceaux, Martin Mabala, et le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama se sont intéressés à la question récurrente de l'insécurité dans notre pays.

Le premier, s'est dernièrement rendu à Lambaréné, chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué, théâtre ces derniers temps de disparitions étranges, de noyades suspectes, d’enlèvements d'enfants à répétition el d'assassinats crapuleux. El, pour montrer que l'indice de la criminalité a grimpé d'un cran, pour ne pas dire qu'il se situe désormais à une échelle un peu plus élevée et que la dose d'horreur n'avait pas encore atteint son pic, un chien errant déambulait dans les rues de Lambaréné avec dans sa gueule un bras humain. Effarant!

Le second, Guy Nzouba Ndama, a sonné le tocsin lundi dernier, lors de son allocution marquant la clôture de la première session ordinaire de l'Assemblée nationale. Le président de cette institution a ouvertement demandé au gouvernement de prendre à bras-le-corps le phénomène de l'insécurité qui tend à s’accroitre dangereusement et qui affecte les populations dans leur vil' quotidienne. Car, outre les crimes constatés sur fond de sacrifices humains, il se développe dangereusement une délinquance de proximité, au point que certains quartiers de Libreville, sont devenus des zones de non-droit.

A l'évidence, la descente à Lambaréné du ministre de la Justice et la montée au créneau du président de l'Assemblée nationale démontrent, s'il en était besoin, que la situation nécessite des solutions appropriées en urgence. Du reste, ces deux sorties ne sont pas les seules à illustrer la gravité du phénomène.

"Enrayer la délinquance" y compris bien sûr la criminalité sous toutes ses formes et "restaurer la légalité républicaine", est l'appel lancé par l'élu du canton Lolo-Wagna à l'Assemblé nationale au gouvernement. Sauf que pour opportun que se présente cet appel, celui-ci ne semble pas ébranler outre mesure le premier responsable en charge de la sécurité des Gabonais: le ministre de l'Intérieur, André Mba Obame.

Le membre du gouvernement faisait part, il n'y a pas très longtemps encore, à nos confrères de la station panafricaine Africa N°1 qui l'interrogeaient justement à propos de la montée vertigineuse de la criminalité, "qu'il n'y avait pas péril en la demeure". Pour le moins une sous-évaluation de la situation réelle qui prévaut dans la capitale!

Au fol espoir suscité par la création de la police de proximité a succédé un sentiment de déception, disons même de révolte face à cette unité de la police qui ne remplit pas, sinon plus, la mission qui lui était assignée. D'autant que la délinquance de proximité, ainsi que mentionné plus haut, se développe elle aussi dangereusement. Cela, même dans le périmètre où les policiers ont établi leurs quartiers !

A cette déception des populations due a l'inefficacité des forces de l'ordre, s'ajoute un sentiment d'impunité du fait que certains crimes et autres infractions de proximité commis sur les paisibles citoyens ne sont jamais élucidés. Pis, ces affaires sont classées sans suite. Ce qui encourage fort logiquement la délinquance et dissuade les citoyens de porter plainte mais plutôt de se faire justice eux-mêmes, comme en témoigne l'augmentation des cas de lynchages populaires dans les quartiers sous-intégrés de Libreville.

Au demeurant, la faiblesse ou l'absence d'action répressive aggrave considérablement le phénomène, puisque, dans certaines juridictions, le constat est désormais établi que de nombreuses affaires non élucidées en ce domaine sont classées sans suite par les parquets. Une vacuité judiciaire qui tient aussi à la difficile collaboration entre les officiers de police judiciaires (OPI) et les magistrats. Ce qui complique et rend inopérante, on s'en doute, l'action de la justice. A un moment où des solutions appropriées pour lutter contre la criminalité, le grand banditisme et la délinquance de proximité s'imposent.

 

Source : Journal L'Union Plus du 04/07/2008

 

 

 

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Pour moi quoi ... Makaya
De quel droit ?