PENDANT combien de temps encore on va accepter que
soient malmenées de la sorte nos couleurs ? Chacun
parmi vous, mes chers frère Makaya abasourdis et
révoltés, est tombé un jour sur un drapeau décoloré,
voire quasiment en lambeaux, flottant au mât d'un
édifice public. Sans qu'un tel spectacle émeuve
outre mesure les occupants dudit édifice, ou
n'importe quelle autre autorité, quoi.
Voyez par exemple ce drapeau rapiécé du rond-point
du commissariat central. C'est pas que ça passe plus
facilement ailleurs, mais a-t.-on idée que puisse
exister pareille indifférence devant la dégradation
d'un des grands symboles de notre République, à zéro
micron de la préfecture de police et au cœur du
quartier « mistratif » et des affaires ?
Et comme ça ne semble gêner personne, pourquoi
s'arrêter en si bon chemin dans le piétinement de
précieux symbole? Voyez-vous, mes chers frères
Makaya catastrophés, c'est à dessein que j’emploie
ce mot de piétinement. Je ne sais pas si vous avez
fait dernièrement un petit tour du côté du stade qui
porte le nom de notre « présida » mais là on est
devant le type même de l'initiative malheureuse,
quoi.
Sans doute pour faire joli, on a entrepris de
peindre aux couleurs nationales les bornes posées
tout autour de l'enceinte. Enfin, pour l'heure seuls
le vert et le jaune apparaissent. Peut-être un
problème de disponibilité de la peinture, mais le
bleu devrait suivre rapidement.
Problème: les joggeurs du soir, du fait qu'ils
courent dessus ou parce qu'ils y font de la
musculation, les salissent ... proprement. Quiconque
attaché aux symboles jugera inacceptable un tel
usage de notre drapeau. Alors, ceux qui ont fait le
choix de cette peinture sur les bornes ne pensaient
certainement pas que les choses se passeraient ainsi
Mais maintenant que c'est comme ça, on fait comment?
Passe qu'on s'assied, dans les tribunes, sur des
sièges peints aux couleurs du pays! Mais piétiner
celles-ci, non!
Pour moi, quoi...