A DEUX MOIS DES LOCALES
Myboto
et Ogouliguendé discutent des élections au
palais
Membres du groupe
parlementaire des Forces du changement (FDC),
ils ont exprimé au président Omar Bongo Ondimba,
leurs inquiétudes par rapport à la
non-application de l'ordonnance du 21 août 2007
modifiant certaines dispositions la loi sur les
élections politiques et la loi sur la
Décentralisation.
ZACHARIE Myboto et
Jules-Aristide Bourdes Ogouliguendé, leaders
respectifs de l'Union gabonaise pour la
démocratie et le développement (UGDD) et du
Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ)
ont discuté, hier mercredi 10 octobre 2007, des
élections avec le président Omar Bongo Ondimba,
à deux mois du renouvellement des Assemblées
municipales et départementales.
Les deux hommes,
qu'accompagnaient d'autres membres du groupe
parlementaire des Forces du changement (FDC) à
l' Assemblée nationale, ont saisi cette
rencontre pour exprimer au chef de l'Etat, leurs
inquiétudes par rapport à la non application de
l'ordonnance prise le 21 août 2007 par le
président de la République, durant fa période
d'intersession parlementaire, en vue de la
modification de certaines dispositions sur la
loi sur les élections politiques dans notre
pays, indispensable à l'organisation du prochain
scrutin.
Cette ordonnance comporte des
innovations de taille destinées à renforcer
l'outil électoral, au plan de l'organisation du
vote, notamment, l'administration de la
Commission électorale nationale autonome et
permanente (art 16 nouveau), l'allongement des
délais d'examen par la Cour constitutionnelle
des recours en fonction les élections et
opérations référendaires, la date de convocation
des électeurs après l'annulation d'un vote (art
124 nouveau). L'entrée en vigueur de ces
dispositions ne ose aucun problème puisqu'aucun
débat n'a été ouvert sur ces questions.
En revanche, le changement
apporté dans le cadre des opérations
préélectorales, pour parler plus précisément, de
la phase de révision des listes électorales
incluant des données de biométrie (art 48
nouveau), celui-ci est difficilement applicable,
pour l'heure. La preuve de cette difficulté
réside dans le retard accusé, depuis son
adoption, dans la mise en oeuvre par
l'Administration, de cette donnée
d'identification intégrant l'empreinte digitale,
l'iris et autres, pour éviter les irrégularités,
les manipulations et les doublons qui ont
souvent rendu la liste électorale peu fiable.
PROBLEMES• Or, si au
cours des concertations politiques majorité
opposition auxquelles les présidents de l'UGDD
et du CDJ ont pris une part active aux côtés des
autres acteurs politiques, le consensus s'est
dégagé pour renforcer le dispositif électoral
afin de garantir la transparence lors du vote,
en adoptant plusieurs mesures qui ont été
saluées par l'ensemble de la classe politique
gabonaise, en ce qu'elles constituaient des
avancées. Zacharie Myboto et Jules-Aristide
Bourdès Ogouliguendé, relayant le sentiment
général du camp de l'opposition, s'étonnent de
ce que l'ordonnance prise à cette fin n'ait pas
été appliquée. Ils l'ont dit au président de la
République, principal artisan du dialogue ayant
débouché sur ce nouveau dispositif. Tout en
ayant conscience des problèmes que pose la mise
en oeuvre de la biométrie, notamment ses
avantages et inconvénients.
Sur cette question, nul doute
que des éléments de réponse seront apportés
demain vendredi à l'Assemblée nationale par le
ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, André
Mba Obame, qui sera auditionné par les membres
de la Commission des lois. D'autant que, dans la
logique ministérielle, la ratification de ce
texte par le Parlement est une étape
indispensable pour la mise en oeuvre des
dispositions modifiées. Car, c'est uniquement à
l'issue de cet échange qu'il aura avec les
députés, avant les sénateurs, que l'on devrait
savoir si le module d'identification
nouvellement approuvé par la classe poli= tique
sera maintenu dans l'ordonnance. Et si
l'expérimentation se fera ou pas lors des
prochaines locales. De même que si l'on se
résoudra à utiliser l'ancienne liste électorale
sur la base de laquelle, d'ailleurs, tous les
députés de la présente législature ont été élus
en décembre 2006.
L'audience que le président a
accordé à ces deux leaders politiques a
également porté sur le fonctionnement des
Collectivités locales régies par la loi sur la
Décentralisation qui confère à ces entités
territoriales dotées de la personnalité
juridique, une autonomie financière. Un point
régulièrement soulevé par les élus locaux du
pays et même les sénateurs, conscients des
énormes problèmes rencontrés par les mairies et
assemblées départementales, en dépit de la
promulgation de cette la loi organique du 15/96
du 6 juin 1996 relative à la Décentralisation.
A la veille des prochaines
joutes électorales devant déboucher, sans nul
doute, sur une ré-composition des assemblées
municipales et départementales, les présidents
Myboto et Ogouliguendé avaient à coeur de
réitérer cette préoccupation au chef de l'Etat
gabonais. Lequel n'a jamais ménagé ses efforts
pour doter les Collectivités locales de moyens
leurs permettant d'assurer eu mieux leurs
missions. Il faut rappeler qu'en vue d'un
développement harmonieux du territoire national
et afin de mieux faire participer les
populations à la prise de décisions, l' Etat a
tenu à confier la gestion administrative des
collectivités locales à des autorités élues. Le
Gabon compte 97 collectivités locales recouvrant
communes et 47 départements.