COOPÉRATION ENTRE LA GABON ET
L'UNION EUROPÉENNE
Signature de deux nouvelles conventions de
financement en faveur du Gabon
Elles concernent l'appui à la
prévention et à la lutte contre la grippe
aviaire et l'appui à la formation
professionnelle au Gabon, pour un budget global
de 5,6 millions d'euros près de 4
milliards de nos francs. Les documents ont été
paraphés par Casimir Oyé Mba et Thierry Mathisse,
respectivement ministre d'Etat au Plan et chef
de la délégation de la Commission européenne.
CASIMIR Oyé Mba et Thierry
Mathisse, respectivement ministre d'Etat a la
Planification et à la Programmation du
développement et chef de la délégation de la
Commission européenne au Gabon, ont signé deux
conventions de financement, l'une pour l'appui à
la lutte contre la grippe aviaire, et l'autre
pour l'appui a la formation professionnelle au
Gabon.
La cérémonie a eu lieu, dans
la salle des réunions dudit département
ministériel, en présence notamment, des
ministres d'Etat Faustin Boukoubi (Agriculture
et Elevage), Paulette Missambo (Santé publique)
et Pierre-André Kombila Koumba (Formation
professionnelle) et des partenaires au
développement.
Le montant global de ces deux
conventions s'élève à 5,6 millions d'euros, soit
3 milliards 673 millions 359 mille 200 francs.
Un financement d'importance, qui vient appuyer
les efforts du gouvernement en matière de santé
et de l'éducation.
Pour Casmir Oyé Mba,
également ordonnateur national du Fonds européen
de développement (FED), les projets en objets
"visent à appuyer la mise en oeuvre du pilier 3
de la Stratégie de croissance et de réduction de
la pauvreté au Gabon, à savoir l'amélioration de
l'accès des compatriotes aux services sociaux de
base".
De façon détaillée, le projet
d'appui à la lutte contre la grippe aviaire,
d'une enveloppe de 1,1 million d'euros (721
millions 552 mille 700 francs), porte sur une
série de mesures à mener par le comité
interministériel pour la prévention et la lutte
contre cette épizootie. Il s'étend sur une
période de 18 mois, sous l'assistance technique
de la FAO (Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture).
Sur ce volet, Casimir Oyé Mba
a rappelé à l'assistance que les premières
alertes à la grippe aviaire remontent à 2006.
"Ainsi, a travers ce financement, le Gabon
va-t-il se doter de mécanismes permettant de
prévenir d'autres crises zoo-sanitaires", a-t-il
indiqué.
Notons qu'à ce jour, dix pays
africains sont touches par la maladie, dont le
Cameroun avec lequel Gabon entretient des
échanges commerciaux et humains. Si l'on s'en
tient aux couloirs communs d'immigration
d'oiseaux susceptibles de propager le virus,
notre pays n'est pas à l'abri de la contagion.
ACCOMPAGNEMENT. C'est la
raison pour laquelle la Commission européenne a
répondu à la demande du gouvernement, pour
appuyer la première phase des "mesures de
prévention et d'urgence du plan national de
lutte contre cette maladie qui menace aussi les
hommes".
S'agissant du deuxième
projet, il est doté (toujours sous forme de don)
d'un budget de 4,5 millions d'euros (2 milliards
951 millions 806 mille 500 francs) sur quatre
ans. Il permettra d'accompagner le gouvernement
dans la ré orme et le développement de la
formation professionnelle, par une approche
pilote basée sur les métiers de l'agriculture,
du bois et du BTP (bâtiment travaux publics).
Pour le représentant de
l'Union européenne, le développement de la
formation professionnelle
constitue à la fois "une des voies pour la
réinsertion sociale d'un certain nombre
de jeunes qui n'ont pas pu poursuivre le
système d'enseignement général, et une
réponse aux besoins de notre économie en
main d'oeuvre qualifiée.
Ceci est d'autant plus
important que l'on constate au Gabon, que 60%
des jeunes en quête d'emploi n'ont pas atteint
le premier cycle du secondaire et sont, de ce
fait, sans qualification. Pour faire référence à
l'actualité liée à la réalisation du projet
d'exploitation du minerai de fer de Bélinga, les
pouvoirs publics envisagent la création de
milliers d'emplois. Partant, il faudrait dès à
présent procéder à la formation des Gabonais qui
seront utilisés sur le chantier et dans la mine.
C'est dans ce contexte que le gouvernement, dans
la conduite de ce programme, se prépare à former
des ouvriers gabonais qualifiés pour le chantier
de Bélinga. L'appui à la formation
professionnelle apportera des réponses
pertinentes au problème de l'adéquation
formation/ emploi, contribuant ainsi à une
meilleure "socialisation de la jeunesse
gabonaise".
En fait, dans le cadre de ce
projet, un accent sera mis sur le renforcement
du capital humain du Gabon, une composante
essentielle pour le développement de notre pays.
L'éducation est, pour Thierry Mathisse, au
centre des actions que l'institution dont il est
le représentant au Gabon, a entreprises dans le
cadre du 8e FED et les intensifiera dans celui
du prochain FED.
PARADOXE "C'est par
l'orientation que les jeunes doivent
trouver leur place dans ce qui est, pour
beaucoup d'entre eux, l'unique espoir d roté
ration sociale", a-t-il déclaré. En dépit du
fait que l'école a vocation de former des
cadres, techniciens ou des manoeuvres sans
distinction de valeurs, les filières techniques
et professionnelles, selon Thierry Mathisse,
pâtissent encore trop souvent de cette image
négative que la société s'est faite des métiers
manuels.
Or, si l'on se tourne vers
les opérateurs économiques, ils disent que ce
sont ces compétences qu'ils recherchent. Et
c'est là tout le paradoxe de la situation.
Les filières retenues dans le
cadre de ce projet constituent des secteurs
porteurs en matière de diversification de notre
économie. L'on ne doit as, non plus perdre de
vue que la formation de la jeunesse passe par le
développement de l'outil de panification et
surtout, par la formation des formateurs,
c'est-à-dire des cadres du ministère de tutelle.
A ce titre, le représentant
de la Commission européenne a annoncé que
l'engagement de son institution est à la hauteur
de ses ambitions, au regard de l'enveloppe qui
sera consacrée cette action sur quatre ans. Si
le niveau des contributions financières
consenties dans un secteur est essentiel pour
obtenir un impact durable, pour M. Mathisse, la
durée des interventions l'est également.
C'est pourquoi, a-t-il
annoncé, la coopération euro-gabonaise
s'intensifiera dans le domaine de
l'éducation/formation avec le 10e FED qui
débutera l'an prochain. Avec cette signature des
deux conventions de financement, notre pays
atteint, ainsi, l'objectif d'engagement de
l'ensemble des 46,4 milliards de francs alloués
à l'issue de la revue à mi-parcours du programme
de coopération.