JUSTICE / AFFAIRE THALASSA/SPCC
La
plaignante déboutée
La propriétaire de l'espace
commercial officiant dans la zone de
Grand-Village, pour se défaire de l'étau et
échapper à l'amende que lui a infligée le
service provincial de la concurrence et de la
consommation de l'Ogooué-Maritime, pour pratique
des prix illicites, a déposé plainte au
tribunal, afin de demander aux agents de l'Etat
de cesser le trouble. Mal lui en a pris, car
force reste à la loi.
AGENTS du ministère des
Finances, Aristide Idowiza, en mission dans la
capitale et Georges Gayault, assurant l'intérim
du chef de service provincial de la concurrence
et de la consommation, ont été traînés devant le
tribunal de Port-Gentil le 28 septembre dernier
par les Établissements Thalassa implantés dans
les environs de Grand-Village qui exigeaient
d'eux la cessation de trouble.
Les deux fonctionnaires
effectuaient dans un premier temps un contrôle
de routine à travers plusieurs espaces
commerciaux de la ville. Une vérification
intervenant au lendemain de la publication, le 6
septembre 2007, d'un arrêté soumettant, pendant
six mois, certains articles de consommation
courante (huile, lait, ciment, etc.) au régime
de liberté contrôlée des prix. En somme, une
mesure à caractère social.
Le document souligne
clairement que les infractions au présent arrêté
seront constatées et poursuivies conformément
aux dispositions de la loi n°29/63 du 15
juin 1963 portant réglementation des prix en
République gabonaise".
Or justement, les
Etablissements Thalassa, comme bon nombre
d'opérateurs économiques véreux, pris en
flagrant délit de pratique des prix prohibitifs,
se sont vu infliger une amende de 1 500 000
francs. La propriétaire prétend qu'elle
tournerait à perte si elle se conformait à ces
dispositions. Ce sont là les exigences de la
loi! Il faut donc s y soumettre sous peine de
poursuites.
Pour se défaire de l'étau qui
se resserrait autour d'elle, la propriétaire a
cru bon d'ester en justice les agents précités.
Mal lui en a pris. Le tribunal, après avoir
entendu les deux parties en audience de référé,
a débouté la plaignante, estimant que force
devrait rester à la loi. Il l'a condamnée, en
sus, au paiement d'une amende de 500 000 francs.
Toutefois, le service
provincial de la concurrence se heurte à la
résistance et l'arrogance de deux gros
importateurs de ciment qui refuseraient
obstinément de se soumettre au respect des prix
de 5100 (à Libreville) et 5300 (Port-Gentil) le
sac fixés par l'Etat.
Les deux opérateurs, qui
seraient, semble-t-il, sous le parapluie d'une
autorité, font de la résistance et narguent,
pratiquement les agents dûment mandatés par l'Etat.
L'un d'eux serait enclin à la pratique de la
corruption. Résultat des courses : prix du sac
de ciment est toujours maintenu à 7000 francs,
si ce n'est plus. "je vends mon ciment à ce
prix, c'est à prendre ou à laisser!"; a
craché l'autre jour un revendeur, méprisant et
moqueur à un client éventuel. Les résidents qui
voudraient jouir pleinement des bienfaits de ces
mesures sociales édictées au plus haut sommet de
l'Etat attendent des pouvoirs publics qu'ils
frappent du poing sur la table, pour ramener
tous les réfractaires sur le chemin de la
légalité et par ricochet restaurer l'autorité.
On en est à dénoncer, dans la foulée, le silence
coupable des associations de consommateurs sur
lesquelles pèseraient des soupçons de connivence
avec les affameurs fraudeurs.
Déterminé à ne pas reculer,
envers et contre tout, le service provincial de
la concurrence invite les consommateurs à
participer à cette croisade en exigeant les
factures de leurs achats à la caisse. Et surtout
à dénoncer les commerçants qui pratiquent des
prix hors normes. A charge pour eux de traquer
les récalcitrants. Avec un certaine ruse, ils
sont bien nombreux ces commerçants, comme s'ils
s'étaient passés le mot, qui refusent carrément
de délivrer les reçus lorsqu'il s'agit des
produits dits protégés.
Nous l'avons vécu encore
avant-hier matin à Banco dans une
quincaillerie. Après l'achat de 10 sacs de
ciment, la vendeuse s'est abstenue de nous
donner un reçu. "Nous ne pouvons pas vous livrer
un reçu parce que les contrôleurs sont derrière
nous. J'attends d'avoir vidé ce stock et puis je
ne vendrai plus du ciment jusqu'à nouvel avis";
nous a-t-elle confié.