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Le quotidien l'Union du 11 Octobre 2007

 

JUSTICE / AFFAIRE THALASSA/SPCC

La plaignante déboutée

La propriétaire de l'espace commercial officiant dans la zone de Grand-Village, pour se défaire de l'étau et échapper à l'amende que lui a infligée le service provincial de la concurrence et de la consommation de l'Ogooué-Maritime, pour pratique des prix illicites, a déposé plainte au tribunal, afin de demander aux agents de l'Etat de cesser le trouble. Mal lui en a pris, car force reste à la loi.

AGENTS du ministère des Finances, Aristide Idowiza, en mission dans la capitale et Georges Gayault, assurant l'intérim du chef de service provincial de la concurrence et de la consommation, ont été traînés devant le tribunal de Port-Gentil le 28 septembre dernier par les Établissements Thalassa implantés dans les environs de Grand-Village qui exigeaient d'eux la cessation de trouble.

Les deux fonctionnaires effectuaient dans un premier temps un contrôle de routine à travers plusieurs espaces commerciaux de la ville. Une vérification intervenant au lendemain de la publication, le 6 septembre 2007, d'un arrêté soumettant, pendant six mois, certains articles de consommation courante (huile, lait, ciment, etc.) au régime de liberté contrôlée des prix. En somme, une mesure à caractère social.

Le document souligne clairement que les infractions au présent arrêté seront constatées et poursuivies conformément aux dispositions de la loi n°29/63 du 15 juin 1963 portant réglementation des prix en République gabonaise".

Or justement, les Etablissements Thalassa, comme bon nombre d'opérateurs économiques véreux, pris en flagrant délit de pratique des prix prohibitifs, se sont vu infliger une amende de 1 500 000 francs. La propriétaire prétend qu'elle tournerait à perte si elle se conformait à ces dispositions. Ce sont là les exigences de la loi! Il faut donc s y soumettre sous peine de poursuites.

Pour se défaire de l'étau qui se resserrait autour d'elle, la propriétaire a cru bon d'ester en justice les agents précités. Mal lui en a pris. Le tribunal, après avoir entendu les deux parties en audience de référé, a débouté la plaignante, estimant que force devrait rester à la loi. Il l'a condamnée, en sus, au paiement d'une amende de 500 000 francs.

Toutefois, le service provincial de la concurrence se heurte à la résistance et l'arrogance de deux gros importateurs de ciment qui refuseraient obstinément de se soumettre au respect des prix de 5100 (à Libreville) et 5300 (Port-Gentil) le sac fixés par l'Etat.

Les deux opérateurs, qui seraient, semble-t-il, sous le parapluie d'une autorité, font de la résistance et narguent, pratiquement les agents dûment mandatés par l'Etat. L'un d'eux serait enclin à la pratique de la corruption. Résultat des courses : prix du sac de ciment est toujours maintenu à 7000 francs, si ce n'est plus. "je vends mon ciment à ce prix, c'est à prendre ou à laisser!"; a craché l'autre jour un revendeur, méprisant et moqueur à un client éventuel. Les résidents qui voudraient jouir pleinement des bienfaits de ces mesures sociales édictées au plus haut sommet de l'Etat attendent des pouvoirs publics qu'ils frappent du poing sur la table, pour ramener tous les réfractaires sur le chemin de la légalité et par ricochet restaurer l'autorité. On en est à dénoncer, dans la foulée, le silence coupable des associations de consommateurs sur lesquelles pèseraient des soupçons de connivence avec les affameurs fraudeurs.

Déterminé à ne pas reculer, envers et contre tout, le service provincial de la concurrence invite les consommateurs à participer à cette croisade en exigeant les factures de leurs achats à la caisse. Et surtout à dénoncer les commerçants qui pratiquent des prix hors normes. A charge pour eux de traquer les récalcitrants. Avec un certaine ruse, ils sont bien nombreux ces commerçants, comme s'ils s'étaient passés le mot, qui refusent carrément de délivrer les reçus lorsqu'il s'agit des produits dits protégés.

Nous l'avons vécu encore avant-hier matin à Banco dans une quincaillerie. Après l'achat de 10 sacs de ciment, la vendeuse s'est abstenue de nous donner un reçu. "Nous ne pouvons pas vous livrer un reçu parce que les contrôleurs sont derrière nous. J'attends d'avoir vidé ce stock et puis je ne vendrai plus du ciment jusqu'à nouvel avis"; nous a-t-elle confié.

Source : Journal L'Union Plus du 11/10/2007

 

 



   

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