CONSEIL NATIONAL DE L'ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR
Les
universités appelées à être des outils d'aide à
la décision
C'est le Premier ministre,
chef du gouvernement, Jean Eyéghé Ndong qui, à
l'ouverture des travaux de cette grand'messe, a
fixé ces nouvelles missions.
LES travaux du Conseil
national de l'Enseignement ont démarré, hier, en
matinée, à l'hôtel Okoumé Palace
Intercontinental de Libreville. En présence du
gotha universitaire, de quelques membres du
gouvernement de la République et du Premier
ministre qui les a ouverts.
Jean Eyeghé-Ndong, dans son
adresse, a rappelé qu'en avril de l'année en
cours, lors du premier Conseil national de
l'Enseignement supérieur, la réflexion avait
porté sur la création de nouvelles Universités
et sur le contenu à leur donner. Aujourd'hui,
a-t-il affirmé, les trois Universités que le
président de la République avait promises au
Gabonais sont en création, à Mouila, Oyem et
Port-Gentil.
Le chef du gouvernement a
saisi l'occasion qui lui a été offerte, hier,
pour féliciter tous ceux qui ont oeuvré à la
conception et à l'élaboration des textes ayant
permis de donner vie à ces structures de
formation qui se veulent futuristes et adaptées
aux besoins de formation du pays.
L'enseignement supérieur, a
soutenu le Premier ministre, est un domaine en
constant mouvement qui exige des réformes
permanentes. Tout ceci, pour justifier la tenue
de son deuxième Conseil national. Moins d'un an
après le premier.
Selon Jean Eyeghe-Ndong, il
s'agit, dans l'ensemble, d'adapter les
Universités gabonaises et Grandes écoles aux
exigences et au paysage nouveau qu'impose Leur
arrimage, dès cette année académique, au système
Licence-Master-Doctorat (LMD).
Pour lui, si le gouvernement
en a adopté le principe, cette orientation
nouvelle oblige à renforcer l'offre de
formation par la création de nouvelles filières,
mais aussi à explorer de nouvelles pistes pour
le financement des Institutions de
l'Enseignement supérieur et à se pencher sur le
statut particulier des enseignants du supérieur,
appelés à exercer dans un contexte de très forte
compétitivité.
Il a précisé que confier la
formation de l'élite d'un pays à une catégorie
de fonctionnaires mérite que l'Etat accorde leur
une attention particulière. Parce que la
rentabilité et l'efficacité de ce sacerdoce en
dépendent. Il a reconnu qu'il serait peu
raisonnable de demander, d'exiger des hommes et
des femmes, placés à la base du développement du
pays, des efforts dans ce sens sans assurer la
contrepartie à cette charge de travail. C'est la
raison pour la qu'elle, il a émis la souhait de
voir les commissaires engager une réflexion en
profondeur sur le statut particulier des
enseignants du supérieur. L'espoir d'une
Université gabonaise performante et adaptée aux
enjeux de développement du pays repose, selon le
chef du gouvernement, sur un corps enseignant
sécurisé et stabilisé, débarrassé des pesanteurs
sociologiques et même politiciennes qui font du
tort à l'Etat et ternissent l'image que l'élite
gabonaise projette sur la société, cette société
qui attend de son élite qu'elle produise des
idées novatrices, à partir desquelles on
pourrait 'parler d'une pensée gabonaise.
Arrimer les Universités et
Grandes écoles à l'évolution du monde, a
souligné le Premier ministre, signifie également
qu'elles vont de plus en. plus prendre et
contribuer naturellement au processus de
développement. Elles devront en conséquence
s'impliquer davantage dans la recherche des
solutions aux divers problèmes que rencontre la
société gabonaise, en ce qu'elles seront, plus
que par le passé, des outils d'aide à la
décision. Ce rôle nouveau ne peut être assumé,
a-t-il dit, que si des moyens à la hauteur de
cette ambition leur sont alloués, bien que le
pays traverse une période di fiche sur le plan
financier. Toutefois, a déclaré le chef du
gouvernement, au-delà de la subvention annuelle
accordée par l'Etat, les Universités et Grandes
écoles doivent faire preuve d'imagination pour
explorer de nouvelles sources de financement,
pour acquérir des fonds propres. Pour y arriver,
elles doivent se transformer en prestataires de
service. Autrement dit, elles doivent utiliser
leur expertise dans les domaines tels que le
relevé topographique, les études de faisabilité,
les études de marché, l'expertise comptable, les
audits financiers, etc.
Abordant la question des
frais de scolarité, Jean Eyéghé Ndong a demandé
aux universitaires membres de la commission
chargé d'y réfléchir de fournir des propositions
concrètes au gouvernement de la République,
lesquelles s'appuient sur les réalités locales
et sur les engagement au niveau de la
sous-région, tout à la fois. Pour lui, cette
question, plus que d'autres, détermine l'avenir
des Universités et des Grandes écoles du Gabon.
Signalons que les travaux du
deuxième Conseil s'achèveront le vendredi 19
octobre prochain, en début de soirée.