UN CAMION PLONGE DANS l'OGOOUÉ
À LAMBARÉNÉ
Trois
personnes portées disparues
C'est le bilan de l'accident
de la circulation qui s'est produit vendredi
dernier au pont Adouma. Des cinq personnes à
bord du camion transportant un chargement de
bananes, seules deux d'entre elles ont pu avoir
miraculeusement la vie sauve. Jusqu'à hier les
sauvetages n'avaient pas encore commencé.
Un accident de la circulation
aussi spectaculaire que funeste s'est produit
vendre dernier au pont Adouma à Lambaréné. Le
camion, de marque Mercedes 2628 I.O immatriculé
8958 GIU qui se dirigeait vers Libreville,
revenait de Tchibanga transportant environ
quinze tonnes de bananes et cinq passagers.
Celui-ci, arrivé au pont Adouma la nuit tombée
(était environ 19h 30), a quitté la chaussée
avant de plonger dans le fleuve Ogooué
actuellement en crue.
cinq passagers, seuls deux
ont pu s'extraire miraculeusement du véhicule et
regagné la rive du côté de la statue roi Kombé
Ademba. Il s'agit de Marlin Manfoumbi, le
chauffeur du camion et Amanda Christie Moutsinga,
une passagère. Les trois autres sont toujours
portés disparus sûrement encore bloqués dans le
camion.
Les raisons de cet accident
font l'objet de supputations en tout genre à
Lambaréné. Pour les uns, en l'occurrence les
chauffeurs de poids lourds, l'accident serait
peut-être dû au blocage de la direction du
véhicule, le pont se situant juste au sortir
d'un virage, celui-ci n'a pu se redresser. La
chaussée étant en plus glissante en raison de la
fine pluie qui tombait, cela n'a fait que
compliquer les choses, d'autant qu'il n'a pas eu
le temps d'actionner les freins. La plupart des
personnes interrogées estiment pour leur part
que le chauffeur était sûrement en état
d'ébriété et n'a pu redresser le volant au
sortir du virage. A moins qu'il était fatigué.
Autant d'hypothèses recevables, mais que réfute
complètement le chauffeur. Lequel dans sa
version des faits dit être parti de Tchibanga le
jeudi 25 octobre pour dormir une nuit à Mouila.
MIRACLE• C'est donc vendredi
qu'ils sont partis de Mouila pour Lambaréné où
ils ont marqué une pose d'une heure environ, au
quartier Isaac avant de prendre la route pour
Libreville. Une version confirmée par l'autre
rescapé. Et durant la pose, il affirme n'avoir
pris aucune goutte d'alcool. Ce qui veut dire,
pour lui, que l'hypothèse de la fatigue ne tient
pas. Pour ce qui est de l'état d'ébriété, aucune
autre version n'est venu contredire celle du
chauffeur. Pour lui l'origine de l'accident est
dû au fait qu'il a été ébloui par un minibus qui
revenait de Libreville avec les pleins phares
activés et droit sur eux juste au moment où il
amorçait son entrée sur le pont. C'est en
tentant de l'éviter que le véhicule s'est
retrouvé hors de la chaussée, heurtant les
garde-fous avant de faire la plongée dans l'eau
et d'être complètement englouti.
Comment alors expliqués que
tout le monde n'ait pu s'extraire du véhicule ?
Pour Cela est sans doute dû, selon Marlin
Manfoumbi, au fait qu'il pleuvait. Car, ses deux
aide-chauffeurs qui avaient voyagé jusque-là
derrière le camion, de Tchibanga à Lambaréné,
ont pris place dans la cabine qui peut contenir
effectivement cinq personnes sinon plus. C'est
donc en se débattant sous l'eau que les uns ont
pu s'en sortir plutôt que les autres qui sont
peut-être sortis du véhicule, mais eu égard aux
efforts déployés se sont noyés avant de regagner
la rive, à moins qu'ils aient été tout
simplement bloqués à l'intérieur du véhicule.
Pour Amanda Christie
Moutsinga, sa survie ne enlève que du
miracle. "C'est Dieu qui m'a sorti de
l'eau"; dit-elle, dans une voie à peine audible.
Car poursuit elle "étant sous l'eau ou
il y avait un noir absolu, J'ai
perdu connaissance J'ai juste confié en ce
moment ma vie à Dieu en lui demandant au
fond de mon être de me sauver sans que je
ne sache comment, car je ne sais pas du
tout nager, je me suis retrouvée au bord de la
rive en train d'attraper l'herbe. Malgré qu'elle
glissait j'ai pu m'accrocher jusqu'à être
complètement hors de danger. Ce dont je me
souviens avant de perdre connaissance,
c'est que sous l'eau dans la voiture tous
les cinq passagers se débattaient je sais
que le chauffeur s'en est sorti puisque
je l'ai aperçu au bord de la rivière, mais je ne
sais pas pour les autres".
On eE saura peut-être jamais
le sort de ces autres. Car aucun secours n'a été
observé dans le lieu du drame, quoique l'on
apprend, aux dernières nouvelles, que
l'opération de récupération du véhicule a lieu
aujourd'hui. Il n'empêche que notre pays fait
preuve de faiblesse en matière de secourisme.
Les souvenirs de la sablière sont encore vivaces
dans nos mémoires.