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Le quotidien l'Union du 29 Octobre 2007

 

UN CAMION PLONGE DANS l'OGOOUÉ À LAMBARÉNÉ

Trois personnes portées disparues

C'est le bilan de l'accident de la circulation qui s'est produit vendredi dernier au pont Adouma. Des cinq personnes à bord du camion transportant un chargement de bananes, seules deux d'entre elles ont pu avoir miraculeusement la vie sauve. Jusqu'à hier les sauvetages n'avaient pas encore commencé.

Un accident de la circulation aussi spectaculaire que funeste s'est produit vendre dernier au pont Adouma à Lambaréné. Le camion, de marque Mercedes 2628 I.O immatriculé 8958 GIU qui se dirigeait vers Libreville, revenait de Tchibanga transportant environ quinze tonnes de bananes et cinq passagers. Celui-ci, arrivé au pont Adouma la nuit tombée (était environ 19h 30), a quitté la chaussée avant de plonger dans le fleuve Ogooué actuellement en crue.

cinq passagers, seuls deux ont pu s'extraire miraculeusement du véhicule et regagné la rive du côté de la statue roi Kombé Ademba. Il s'agit de Marlin Manfoumbi, le chauffeur du camion et Amanda Christie Moutsinga, une passagère. Les trois autres sont toujours portés disparus sûrement encore bloqués dans le camion.

Les raisons de cet accident font l'objet de supputations en tout genre à Lambaréné. Pour les uns, en l'occurrence les chauffeurs de poids lourds, l'accident serait peut-être dû au blocage de la direction du véhicule, le pont se situant juste au sortir d'un virage, celui-ci n'a pu se redresser. La chaussée étant en plus glissante en raison de la fine pluie qui tombait, cela n'a fait que compliquer les choses, d'autant qu'il n'a pas eu le temps d'actionner les freins. La plupart des personnes interrogées estiment pour leur part que le chauffeur était sûrement en état d'ébriété et n'a pu redresser le volant au sortir du virage. A moins qu'il était fatigué. Autant d'hypothèses recevables, mais que réfute complètement le chauffeur. Lequel dans sa version des faits dit être parti de Tchibanga le jeudi 25 octobre pour dormir une nuit à Mouila.

MIRACLE• C'est donc vendredi qu'ils sont partis de Mouila pour Lambaréné où ils ont marqué une pose d'une heure environ, au quartier Isaac avant de prendre la route pour Libreville. Une version confirmée par l'autre rescapé. Et durant la pose, il affirme n'avoir pris aucune goutte d'alcool. Ce qui veut dire, pour lui, que l'hypothèse de la fatigue ne tient pas. Pour ce qui est de l'état d'ébriété, aucune autre version n'est venu contredire celle du chauffeur. Pour lui l'origine de l'accident est dû au fait qu'il a été ébloui par un minibus qui revenait de Libreville avec les pleins phares activés et droit sur eux juste au moment où il amorçait son entrée sur le pont. C'est en tentant de l'éviter que le véhicule s'est retrouvé hors de la chaussée, heurtant les garde-fous avant de faire la plongée dans l'eau et d'être complètement englouti.

Comment alors expliqués que tout le monde n'ait pu s'extraire du véhicule ? Pour Cela est sans doute dû, selon Marlin Manfoumbi, au fait qu'il pleuvait. Car, ses deux aide-chauffeurs qui avaient voyagé jusque-là derrière le camion, de Tchibanga à Lambaréné, ont pris place dans la cabine qui peut contenir effectivement cinq personnes sinon plus. C'est donc en se débattant sous l'eau que les uns ont pu s'en sortir plutôt que les autres qui sont peut-être sortis du véhicule, mais eu égard aux efforts déployés se sont noyés avant de regagner la rive, à moins qu'ils aient été tout simplement bloqués à l'intérieur du véhicule.

Pour Amanda Christie Moutsinga, sa survie ne enlève que du miracle. "C'est Dieu qui m'a sorti de l'eau"; dit-elle, dans une voie à peine audible. Car poursuit elle "étant sous l'eau ou il y avait un noir absolu, J'ai perdu connaissance J'ai juste confié en ce moment ma vie à Dieu en lui demandant au fond de mon être de me sauver sans que je ne sache comment, car je ne sais pas du tout nager, je me suis retrouvée au bord de la rive en train d'attraper l'herbe. Malgré qu'elle glissait j'ai pu m'accrocher jusqu'à être complètement hors de danger. Ce dont je me souviens avant de perdre connaissance, c'est que sous l'eau dans la voiture tous les cinq passagers se débattaient je sais que le chauffeur s'en est sorti puisque je l'ai aperçu au bord de la rivière, mais je ne sais pas pour les autres".

On eE saura peut-être jamais le sort de ces autres. Car aucun secours n'a été observé dans le lieu du drame, quoique l'on apprend, aux dernières nouvelles, que l'opération de récupération du véhicule a lieu aujourd'hui. Il n'empêche que notre pays fait preuve de faiblesse en matière de secourisme. Les souvenirs de la sablière sont encore vivaces dans nos mémoires.

Source : Journal L'Union Plus du 29/10/2007

 

 



   

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