APRÈS L'ABOLITION EN CONSEIL
DES MINISTERES DE LA PEINE DE MORT
Le
MAD soutient sans réserve la décision du chef de
l'Etat et du gouvernement
Une déclaration du président
de ce parti de Pierre-Claver Zeng Ebome fait
apparaître clairement son inclination à imaginer
d'autres formes de sanctions en lieu et place de
la peine de mort.
LA décision du Conseil des
ministres du jeudi 13 septembre 2007 d'abolir la
peine de mort a suscité la réaction du Mouvement
africain pour le développement (MAD), formation
politique de la majorité présidentielle. Son
président, et non moins député à l'Assemblée
nationale, Pierre-Claver Zeng Ebome, l'a
qualifié, dans une déclaration parvenue à notre
rédaction, de "décision heureuse". Pour autant
que le Gabon à travers cette décision "s'apprête
à entrer dans le cercles très restreint des
nations civilisées du monde", peut-on lire dans
le texte.
A l'évidence, le MAD, à
travers son président, soutient
"irréversiblement" cette décision. Un
soutien qui ne signifie nullement que ce parti
d'inclination socialiste prend fait et cause
pour la "barbarie". Loin s'en faut. Car,
précise-t-il "Nous ne serons jamais du côté des
bourreaux, des assassins et autres auteurs de
crimes rituels de plus en plus nombreux
dans notre pays, des crimes qui horrifient nos
contemporains, provoquent une légitime émotion
de 1pinion et une haine tout à fait
compréhensible vis-à-vis des auteurs de
ces actes".
Le président du MAD ne croit
pas si bien dire: D'autant plus qu'au sein de
l'opinion cette décision est diversement
commentée. Quand les uns sont intimement
convaincus de ce que la suppression de la peine
de mort peut faire courir le risque de voir le
pays connaître la recrudescence de la
criminalité sous toutes ses formes, les autres
pensent quant à eux que la peine capitale est
d'une certaine manière une sentence douce pour
les criminels de tous pois, et que le meilleur
moyen consisterait à les maintenir le plus
longtemps possible en captivité pour qu'ils
bayent à la société les actes qu ils ont commis.
Arguant également qu'il n'est pas du devoir des
humains d'ôter la vie à leurs semblables.
CO-AUTEUR• Pour le MAD en
tout cas : "Les valeurs partagées d'humanisme
et de tolérance, (...)nous conduisent à imaginer
d'autres formes de sanctions contre ceux des
nôtres qui ont choisi la barbarie. En aimant la
vie, nous devons refuser de a société toute
entière au nom de laquelle la justice est
rendue".
Manifestement, le président
du MAD, qui a occupé les fonctions de ministre
de la Justice et des Droits de l'homme au tout
début des années 90 partage les mêmes valeurs
d'humanisme que celles défendues parle président
de la République qui s'est résolument engagé
transformer avantageusement la suspension des
exécutions des condamnés il y a de cela 20 ans.
Un moratoire était pour le député du deuxième
siège du département du Woleu (canton Ellelem).
Rappelons pour mémoire que
les années 1980 ont été particulièrement
marquées par une série d'exécutions des
condamnés à mort. Cette sentence suprême avait
ainsi été appliquée aux prévenus Nzigou, Mouemba,
Medang, Mandza, etc. Amenant, si on peut le dire
ainsi, la communauté Mpongwè à se rendre au
palais de présidence de la République demander
au chef de l'Etat de mettre fin aux exécutions
des condamnés qui se déroulaient devant
Hollando, ex-grand magasin de Libreville, dont
le nom était étroitement lié à ces actes
funestes. Bien évidemment, le président de la
République avait accédé à cette République
annonçant dans la foulée la suspension des
exécutions des condamnés. Depuis lors, aucun
condamné n'a plus jamais été passé par les armes
et la décision de jeudi 13 septembre dernier
constitue donc le début du processus de
l'adoption d'une loi en la matière.
Au reste, cette décision fait
en sorte que le Gabon, à la demande des
gouvernements espagnol et français, et de
l'Union européenne, pourrait devenir co-auteur
du projet clé résolution sur l'abolition de la
peine de mort qui sera présenté par l'UE au
cours de la 61e assemblée générale des Nations
unies.