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Le quotidien l'Union du 02 Avril 2007

 

LEGISLATIVES 2006 / AU DERNIER JOUR DE L'EXAMEN DU CONTENTIEUX POST-ELECTORAL

Coup de tonnerre à Lalala

La Cour constitutionnelle qui a rendu public le samedi 31 mars 2007 les dernières décisions du volumineux contentieux soumis à son examen, a invalidé l'élection de l'ancien Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane pour corruption avérée et falsification des résultats.

POUR une surprise, l'invalidation de l'élection du candidat du Parti démocratique gabonais au 2e siège du 5e arrondissement de Libreville, Jean-François Ntoutoume Emane, en est une, assurément. Car dans l'affaire l'opposant à Raymond-Placide Ndong Méyo du Rassemblement pour le Gabon (RPG), lui aussi candidat à ce même siège, personne, pas même les commentateurs politiques les plus avisés, ne pouvait parier qu' elle se trancherait aux torts de l'ancien Premier ministre.

Pourtant, tel est bien le verdict de la Cour constitutionnelle. Qui donne du coup raison à Raymond-Placide Ndong Méyo qui l'avait saisie aux fins qu'elle annule ladite élection, du fait de nombreuses irrégularités ayant émaillé le scrutin dans ce siège du 5e arrondissement de Libreville à l'issue duquel Jean-François Ntoutoume Emane avait été déclaré élu.

Manifestement, la requête de Raymond Placide Ndong Méyo a abouti dans le sens qu'il avait souhaité. D'autant que la haute juridiction a effectivement reconnu que les élections dans ce siège ne se sont pas déroulées dans le strict respect des dispositions de la loi électorale. Puisqu'il est porté à l'actif du fils de Lalala la falsification des résultats électoraux dans plusieurs bureaux de vote, la modification des observations faites par les représentants des différents candidats dans plusieurs procès-verbaux, au point qu'il est apparu des différences énormes entre les procès- verbaux détenus par la Cour constitutionnelle et ceux présentés par le candidat déclaré élu. Irrégularités auxquelles il faut ajouter les cas de corruption avérée. A ce sujet justement l'enquête diligentée par la Cour constitutionnelle confirme les témoignages du représentant du RPG qui affirme avoir reçu la somme de 500.000 francs dans le but de falsifier les résultats électoraux par le bourrage des urnes. Quoiqu'ayant accepté l'argent, il dit avoir refusé de respecter les termes du contrat. Comme si le fait d'avoir accepté cet argent visait un but : débusquer les lièvres par exemple.

PARTIELLE. La même enquête révèlerait que la représentante des partis politiques de l'opposition dans ce même siège avait elle aussi été approchée par les partisans de Jean-François Ntoutoume Emane dans le but de falsifier les procès-verbaux contre la somme de 400.000 francs. Cette dernière ayant refusé l'offre, elle a été proprement "virée" de son bureau.

Autant de faits allant à l'encontre des dispositions de la loi 7/96 modifiée relative aux élections politiques au Gabon et qui constituent pour le moins des causes d'annulation d'une élection. Puisqu'il a été démontré que le candidat du PDG a utilisé des moyens illégaux, qui ont fortement altéré le scrutin, dans le but de remporter les élections.

Au reste, l'audience de samedi dernier a donné lieu à trois autres annulations, partielles celles-là. Et dont deux d'entre elles ont débouché sur un retour aux urnes. C'est le cas de Claudio Ndembi Nzinga de l'UPG au 1er siège du 5e arrondissement de Libreville, dont l'élection sera reprise au centre de vote de Bisseghé, notamment au bureau de vote N°7 mis en cause par son principal adversaire, Louis-Daniel Akerey Rassaguiza et où, effectivement, la Cour constitutionnelle a reconnu que des irrégularités y ont été commises durant le scrutin. La suppression des résultats dudit bureau sur l'ensemble des résultats dans ce siège a fait que le candidat de l'UPG a perdu l'avance qu'il avait sur ses adversaires.

Il en est de même en ce qui concerne le 3e siège du département du Komo-Kango. Où là aussi les élections seront reprises dans le bureau de vote d'Andok Foula, les précédentes ayant tout simplement fait l'objet d'annulation par la haute juridiction qui a remis en cause la sincérité du scrutin dans ce bureau d'Andok Foula.

S'agissant de l'élection de l'actuel premier vice-président de l'Assemblée nationale Daniel Ona Ondo, si les résultats de quatre bureaux de vote ont été invalidés, il reste que cela ne remet nullement en cause son élection.

Pour le reste, Jean Boniface Assélé et Rose-Marie Melighé-Me-Ngwa n'ont pas eu gain de cause. Leurs requêtes ayant tout simplement été rejetées pour avoir versé dans leurs dossiers des arguments inopérants.

Commencées le vendredi 23 février 2007, les audiences publiques à la Cour constitutionnelle sont donc arrivées à leur terme samedi 31 mars dernier, après plus de deux mois d'examen d'un contentieux qui s'est avéré aussi dense que riche en enseignements. Pour la circonstance, la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo a fait une déclaration dans laquelle elle situe non seulement le rôle de la Cour constitutionnelle, mais stigmatise la classe politique, notamment certains acteurs qui se livrent à des pratiques qui contreviennent à la loi en voulant coûte que coûte se faire élire.

Source : Journal L'Union Plus du 02 Avril 2007

 



   

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