FAIT DIVERS
Un
gendarme étranglé par des
détenus à Ntoum
L'adjudant Alphonse Nzigou
Mbina, âgé d'une quarantaine d'années, aurait
été envoyé ad patres par deux gardés à vue alors
qu'il assurait la garde de nuit.
UN gendarme qui était de
garde à la brigade de gendarmerie de Ntoum,
l'adjudant Alphonse Nzigou Mbina, âgé d'une
quarantaine d'années, a été étranglé, dans la
nuit de jeudi dernier, par deux détenus, qui se
trouvaient dans la cellule de cette unité. Les
deux gardés en vue se sont ensuite évanouis dans
la nature après avoir commis leur crime.
Aussitôt informé du drame, le
commandant en chef de la gendarmerie, le général
Honoré Oléry a ordonné une enquête pour
retrouver les auteurs de ce forfait et
déterminer les circonstances exactes de la mort
de son agent. Selon une source proche de la
gendarmerie de Ntoum, l'adjudant Alphonse Nzigou
Mbina, nouvellement affecté au sein de cette
unité militaire, aurait été surpris dans son
sommeil par ses bourreaux.
"Il y avait deux détenus en
cellule. Il est fort probable que ce sont eux
qui l'ont étranglé. Notre collègue devait
déjà dormir puisque sa chemise était accrochée
au mur. Ils ont dû profiter du fait qu'il était
seul pour le tuer. Après leur crime, ils se sont
évadés; nous a confié un agent, sous couvert de
l'anonymat. Selon toujours une source proche de
la brigade de gendarmerie de Ntoum, les agents
travaillent dans des conditions difficiles, en
raison notamment du local atteint par la
décrépitude.
Le bâtiment devant abriter la
nouvelle brigade de gendarmerie n'est toujours
pas terminé. Or, l'ancienne bâtisse ne
présenterait aucune garantie de sécurité. La
salle de garde, par exemple, n'est pas dotée
d'une porte digne de ce nom. Tout comme la pièce
réservée aux gardés à vue. "Même un bébé peut
ouvrir la porte de la cellule"; a déclaré un
agent, visiblement en colère. A la brigade de
gendarmerie de Ntoum où l'on se refuse pourtant
à tout commentaire, les gendarmes attendent donc
l'amélioration de leurs conditions de travail.