PORT-GENTIL/ FAIT DIVERS
Mort
suspecte d'un marin
Le corps inerte du sergent
Christian Mboumba-Akendengué (34 ans) a été
retrouvé dans la chambre de son habitation où il
dormait seul. Dévêtue au moment de la
découverte, la victime présentait des blessures
et son bras droit semblait, selon les
témoignages d'un agent, fracturé. La thèse d'une
agression est la plus avancée.
QU'EST-IL
réellement arrivé au sergent Christian
Mboumba-Akendengué, en service à la marine
nationale ? La question taraude encore de
nombreux esprits. L'enquête diligentée par les
forces compétentes, si elle aboutit fera toute
la lumière sur la mort de ce jeune compatriote
trouvé étendu, inerte, jeudi matin, dans sa
chambre, torse nu, portant uniquement une
culotte bleue.
Celui que ses proches
appelaient familièrement "Cristo" habitait dans
la zone dite "Derrière Codev", sur un terrain
familial. Sa maison, en matériau périssable,
jouxtait celle des autres membres de la lignée.
Il y logeait seul. Tous partageaient le
patrimoine commun et vivaient en parfaite
harmonie.
En bon militaire,
raconte-t6on, il sortait du lit en général vers
5 heures du matin pour se rendre à son lieu de
travail pour ne rentrer, bien souvent, que le
soir. Une fois revenu au bercail, il dînait chez
ses soeurs tout à côté avant d'aller au lit. Un
homme affable et sans histoires. "C'était un
garçon calme qui n'avait pas l'habitude de
parler", témoigne l'une d'elles, visiblement
atterrée devant le procureur de la République,
Anicet Embo, venu constater le décès. Comment
son corps a-t-il été découvert ?
Ce jeudi matin, aux environs
de 9 heures, deux individus, munis du matériel
de maçonnerie, sont à la recherche du défunt.
Ils vont frapper d'abord à sa porte, puis à sa
fenêtre. Aucune réponse ! Au moment de
rebrousser chemin, sa jeune soeur et son frère
cadet sont attirés par le bruit et les voilà
dehors. Ils savent que leur frère n'a jamais
dormi jusqu'à 6 heures du matin. Ils se mettent
à leur tour à frapper à la porte. Vainement.
Pourtant le ventilateur tourne encore.
A l'aide d'une technique
qu'ils maîtrisaient parfaitement, ils ouvrent la
fenêtre et aperçoivent une partie du corps sur
le sol. L'inquiétude monte aussitôt. On se
précipite à la porte. Surprise : Christian
Mboumba ne vit plus. Des cris et des pleurs
fusent. Les voisins accourent. Ses collègues
sont saisis et se transportent sur les lieux.
A découverte du corps,
celui-ci présente plusieurs blessures et le bras
droit, selon un agent, est fracturé. Des traces
qui laissent entrevoir que le combat était rude
et que, la partie adverse a dû user de grands
moyens pour refroidir un garçon qui avait du
punch et du muscle à revendre. Tout de suite la
thèse d'une agression est la plus avancée. Mais
qui pouvait en vouloir à un jeune aussi
tranquille au point de lui ôter la vie ?
Personne, pour l'instant, pour répondre à cette
interrogation.
Un sexagénaire qui travaille
dans la famille donne une piste aux enquêteurs.
D'après lui, Christian avait une amie vers Saint
Paul, chez qui il se rendait régulièrement. La
veille, lui et Christian étaient d'ailleurs à
cet endroit. "Il y a un homme qui tourne autour
de la fille dont il serait même le copain qui a
voulu livrer une bagarre contre lui. J'ai
dissuadé Christian pour éviter les problèmes. Il
m'a compris et on est reparti." Mais la victime
qui aimait sa petite amie aurait promis de
repartir. N'est-il donc pas revenu sur ses pas ?
On en est aux hypothèses que tous ses proches
souhaitent ardemment voir élucidées.
Ce sont autant de questions
auxquelles les enquêteurs devront apporter des
éléments de réponse. Tout comme on devra savoir
si Christian, après l'impitoyable traitement, a
regagné seul la maison sans même alerter ses
frères et soeurs à côté, ou alors son corps
a-t-il été transporté nuitamment par ses
bourreaux et déposé dans sa chambre. Parce que
le marin avait sur lui la clé de sa maison. Pour
l'heure, c'est la consternation qui est la chose
la mieux partagée dans son entourage. Pour notre
part, nous te disons : Adieu "l'ami Christo".