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Le quotidien l'Union du 02 Avril 2007

 

PORT-GENTIL/ FAIT DIVERS

Mort suspecte d'un marin

Le corps inerte du sergent Christian Mboumba-Akendengué (34 ans) a été retrouvé dans la chambre de son habitation où il dormait seul. Dévêtue au moment de la découverte, la victime présentait des blessures et son bras droit semblait, selon les témoignages d'un agent, fracturé. La thèse d'une agression est la plus avancée.

QU'EST-IL réellement arrivé au sergent Christian Mboumba-Akendengué, en service à la marine nationale ? La question taraude encore de nombreux esprits. L'enquête diligentée par les forces compétentes, si elle aboutit fera toute la lumière sur la mort de ce jeune compatriote trouvé étendu, inerte, jeudi matin, dans sa chambre, torse nu, portant uniquement une culotte bleue.

Celui que ses proches appelaient familièrement "Cristo" habitait dans la zone dite "Derrière Codev", sur un terrain familial. Sa maison, en matériau périssable, jouxtait celle des autres membres de la lignée. Il y logeait seul. Tous partageaient le patrimoine commun et vivaient en parfaite harmonie.

En bon militaire, raconte-t6on, il sortait du lit en général vers 5 heures du matin pour se rendre à son lieu de travail pour ne rentrer, bien souvent, que le soir. Une fois revenu au bercail, il dînait chez ses soeurs tout à côté avant d'aller au lit. Un homme affable et sans histoires. "C'était un garçon calme qui n'avait pas l'habitude de parler", témoigne l'une d'elles, visiblement atterrée devant le procureur de la République, Anicet Embo, venu constater le décès. Comment son corps a-t-il été découvert ?

Ce jeudi matin, aux environs de 9 heures, deux individus, munis du matériel de maçonnerie, sont à la recherche du défunt. Ils vont frapper d'abord à sa porte, puis à sa fenêtre. Aucune réponse ! Au moment de rebrousser chemin, sa jeune soeur et son frère cadet sont attirés par le bruit et les voilà dehors. Ils savent que leur frère n'a jamais dormi jusqu'à 6 heures du matin. Ils se mettent à leur tour à frapper à la porte. Vainement. Pourtant le ventilateur tourne encore.

A l'aide d'une technique qu'ils maîtrisaient parfaitement, ils ouvrent la fenêtre et aperçoivent une partie du corps sur le sol. L'inquiétude monte aussitôt. On se précipite à la porte. Surprise : Christian Mboumba ne vit plus. Des cris et des pleurs fusent. Les voisins accourent. Ses collègues sont saisis et se transportent sur les lieux.

A découverte du corps, celui-ci présente plusieurs blessures et le bras droit, selon un agent, est fracturé. Des traces qui laissent entrevoir que le combat était rude et que, la partie adverse a dû user de grands moyens pour refroidir un garçon qui avait du punch et du muscle à revendre. Tout de suite la thèse d'une agression est la plus avancée. Mais qui pouvait en vouloir à un jeune aussi tranquille au point de lui ôter la vie ? Personne, pour l'instant, pour répondre à cette interrogation.

Un sexagénaire qui travaille dans la famille donne une piste aux enquêteurs. D'après lui, Christian avait une amie vers Saint Paul, chez qui il se rendait régulièrement. La veille, lui et Christian étaient d'ailleurs à cet endroit. "Il y a un homme qui tourne autour de la fille dont il serait même le copain qui a voulu livrer une bagarre contre lui. J'ai dissuadé Christian pour éviter les problèmes. Il m'a compris et on est reparti." Mais la victime qui aimait sa petite amie aurait promis de repartir. N'est-il donc pas revenu sur ses pas ? On en est aux hypothèses que tous ses proches souhaitent ardemment voir élucidées.

Ce sont autant de questions auxquelles les enquêteurs devront apporter des éléments de réponse. Tout comme on devra savoir si Christian, après l'impitoyable traitement, a regagné seul la maison sans même alerter ses frères et soeurs à côté, ou alors son corps a-t-il été transporté nuitamment par ses bourreaux et déposé dans sa chambre. Parce que le marin avait sur lui la clé de sa maison. Pour l'heure, c'est la consternation qui est la chose la mieux partagée dans son entourage. Pour notre part, nous te disons : Adieu "l'ami Christo".

Source : Journal L'Union Plus du 02 Avril 2007

 



   

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