MARCHÉ FINANCIER SOUS-RÉGIONAL
BVMAC
:
à quand le démarrage ?
PRÉVU pour le 1er trimestre
2007, renvoyé au mois de juin et finalement au
3e trimestre de la même année, le doute
s'installe (et à juste titre) quant au lancement
officiel de la bourse des valeurs mobilières
d'Afrique centrale (BVMAC).
Serpent de mer pensent les
plus sceptiques, tant il est vrai que les
interminables ateliers, séminaires, campagne de
promotion et conférences à travers la Cémac
commencent quelque peu à agacer et à peut-être a
lasser le politique. Ni le ministère des
Finances, la direction générale du Trésor, les
hommes d'affaires nationaux, les banquiers, les
responsables des sociétés de bourses
nouvellement agréés (?!) n'ont daigné se faire
représenter aux assises de Bangui. Le chant du
cygne?
Le président de la commission
de surveillance des marchés financiers d'Afrique
centrale (COSUMAF), Alexandre Gandou, assure
pourtant que toutes les dispositions techniques
sont enfin prêtes.
A savoir, la finalisation du
cadre réglementaire, l'accréditation des deux
sociétés de bourse (SFA Gabon et BGFI Bourse),
l'acquisition des deux ordinateurs de cotation,
la mise en place du dépositaire central -
chambre de compensation (DCCC)...et une épargne
abondante (des centaines de milliards de francs
qui dorment dans les caisses e la BEAC).
Alors qu'est ce qui bloque ?
Si les doigts se pointent plus à tort qu'à
raison vers le Douala Stock Exchange (DES) qui a
lancé, en grande pompe, ses premières cotations
le 30 juin 2006, il n'en est rien rétorquent
plusieurs analystes. Les deux bourses pouvant
être aisément complémentaires ou tout simplement
fusionnées dans le temps.
Mais l'histoire nous rappelle
à nos dépens que si la volonté politique n'a
jamais fait défaut dans les multiples accords
signés par nos gouvernements, elle ne s'est
limitée, dans les faits, qu'aux simples
signatures que la réalité ou l'orgueil de
chacun, jaloux de ses richesses ou de son passé,
a vite grisé. En témoigne la traduction purement
intentionnelle de l'intégration régionale.
Eternelles lanternes rouges
des processus intégrationnnels sous-régionaux,
les Etats de la Cémac ont bien tort de ne pas
donner un coup d'accélérateur aux opportunités
énormes. que peut offrir un marché financier
pour leurs populations qui, à plus de 60%
croupissent dans la pauvreté.