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Le quotidien l'Union du 06 Avril 2007

 

LIBRE PROPOS

A propos des recettes des matches des compétitions internationales

Par Pierre Alain Mounguengui

LA gestion financière des équipes nationales et des clubs, engagés aux compétitions internationales, souvent source de discorde entre le ministère des Sports et la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), interpelle les différents acteurs du sport national à une profonde réflexion, afin d'établir les responsabilités des uns et des autres d'une part, et d'autre part, envisager des solutions appropriées. Avant cette réflexion, il convient de revenir sur les missions dévolues aux principaux organes du football national, notamment le ministère et la Fégafoot et également rappeler un tarit soit peu, les dispositions qui règlementent la participation des équipes aux compétitions organisées par la CAF et la FIFA.

S'agissant des missions du ministère de la jeunesse et des Sports. il est clairement établi qu'en matière de sports, le ministère conçoit et applique la politique du gouvernement. Il contrôle et oriente les activités de la Fégafoot parmi lesquelles, l'organisation des compétitions nationales et internationales. A ce titre, le ministère doit apporter à la Fégafoot une aide morale, technique, matérielle et financière utiles à son essor.

Concernant la Fégafoot, celle-ci a pour mission d'organiser globalement le football au plan national. Elle reçoit du ministère des Sports une délégation de pouvoir lui permettant de mener certaines missions qui sont du ressort de l'Etat. C'est donc ce pou voir qui lui confère le droit d'engager des équipes nationales ou des clubs aux compétitions internationales.

Signalons par ailleurs, que ces équipes inscrites aux joutes internationales sont engagées sous le label du pays et leur prestation a forcément un impact positif ou négatif sur la nation tout entière. 'agissant des règlements des compétitions internationales, celles-ci disposent que: toute association nationale membre de la CAF, désireuse de prendre part aux compétitions internations ou interclubs, doit se conformer aux dispositions suivantes, concernant particulièrement les charges.

Charge de la fédération hôte :

A/Match à domicile

1/Officiels de la CAF (commissaire, arbitre et arbitres assistants)

a) transport international, b) hébergement et restauration, c) transport local, d) indemnités.

2/Equipe visiteuse

a) hébergement et restauration, b) transport local.

Outre, les charges liées au séjour des délégations visiteuses et au paiement des indemnités des officiels, la CAF exige des fédérations hôtes qu'elles prélèvent sur la recette au guichet de chaque match les pourcentages ciaprès

• Match inter-nations

Préliminaires

2 % pour la FIFA

2 % pour le fonds de développement technique de la CAF (minimum 600$)

Matches de groupes

2 % pour la FIFA

2 % pour le fonds de développement technique de la CAF (minimum 1500$)

La CAF autorise également un prélèvement sur la recette au guichet de 30% maximum pour le paiement des taxes gouvernementales si elles ont été effectivement payées. Il s'agit notamment de: la location du stade et la taxe municipale.

Droits de TV

Tous les matches inter-nations et interclubs sont la propriété de la CAF par conséquent, pour toute retransmission en direct par la télévision d'un match de qualification, l'association nationale organisatrice doit payer à la CAF une redevance de :

Match préliminaire 500$

Match de groupe 900$

B/Match à l'extérieur

Pour les matches à l'extérieur, l'équipe en déplacement prend en cfiarge uniquement Fès frais de voyage aller et retour de toute la délégation (règlementairement composée de 25 personnes) et ce, jusqu'à la capitale du pays hôte.

Qu'est-ce qui constitue alors la pomme de discorde ?

Il y a lieu avant tout de rappeler la démarche qui est celle de la Fégafoot et aussi celle du ministère des Sports. En effet, la Fégafoot établit un programme chiffré qu'elle transmet au gouvernement via le ministère des Sports.

Ce programme prend en compte :

• Ie transport international des joueurs professionnels gabonais évoluant à l'extérieur.

• le transport interprovincial des joueurs locaux.

• les primes de regroupement des joueurs et encadreurs.

• les primes de match gagné en cas de victoire pour les loueurs et encadreurs.

• tous les autres frais liés à la préparation et à la participation de l'équipe nationale au match y compris les frais de voyage aller et retour en cas de match à l'extérieur.

Il convient de souligner que l'Etat a toujours honoré cet engagement en débloquant en totalité les sommes sollicitées, quoique parfois avec du retard. La Fégafoot pour sa part, imprime les billets d'accès et assure la vente de ceux-ci. La recette générée par le match est en totalité gardée par la Fégafoot.

La discorde tient donc de ce qu'il paraît arbitraire que, toutes les charges liées à l'organisation et à la participation des équipes aux compétitions internationales soient assurées par l'Etat et qu'en retour, les recettes générées par ces matches soient gardées par la Fégafoot sans qu'un pourcentage soit reversé à l'Etat.

Autrement dit, les sommes injectées, pour l'organisation, la préparation et la participation des équipes aux compétitions internationales sont à considérer comme des fonds perdus pour l'Etat. Et comme on peut le constater, les recettes produites par les matches ne couvrent que les redevances de la CAF qui s'élèvent à

Match préliminaire : 500$, soit 250 000 F CFA

Match de groupe 900$, soit 450 000 F CFA.

D'où la récurrente question à quoi et à qui servent les recettes générées par les matches des compétitions internationales ? La réponse à cette question pourrait être toute simple.

Quelles solutions envisager pour assainir cette situation ?

Premièrement

• Mettre en place une structure nationale chargée de la gestion des finances des compétitions internationales qui sera composée de: ministère des Finances et celui des Sports, le Trésor public, la Fégafoot et de l'Office de gestion des stades.

• Ouvrir un compte au Trésor public placé sous la gestion directe de l'agent comptable mis à la disposition du ministère des Sports.

Deuxièmement

• La structure nationale établira des contrats avec toutes les structures qui interviennent dans l'organisation des compétitions, notamment: les hôtes, les agences de voyage et les agences de location des véhicules (bus et voitures légères)

Troisièmement

• Au début de chaque saison sportive, les fédérations sportives nationales transmettent à la direction des Sports et du Plein air, leurs calendriers des compétitions internationales, auxquelles leurs équipes sont engagées; en y Joignant les budgets y relatifs, établis sur l'ensemble de chaque compétition. A partir des éliminatoires jusqu'en finale. - La structure mise en place élabore un budget général soumis à l'Assemblée nationale par le ministère des Sports, pour adoption. La somme correspondante dégagée par le ministère des Finances est créditée dans le compte commun ouvert au Trésor public.

Quatrièmement

A chaque échéance, à domicile ou à l'extérieur, la fédération organisatrice adresse à la structure nationale, un état spécifique, des dépenses inhérentes au match. Celles-ci sont entièrement acquittées par la structure nationale. En outre, la structure nationale sera chargée de l'impression, de la mise en vente des billets d'accès au stade et du recouvrement des recettes.

Après déduction des redevances dues à la CAF et à la FIFA, d'une part et le paiement des taxes gouvernementales prélevées sur les recettes aux guichets d'autre part, la structure nationale reverse un pourcentage à la Fédération organisatrice, pour son fonctionnement. La recette nette est totalement reversée dans le compte commun ouvert au Trésor public.

En définitive cette organisation permettrait, d'une part, à l'Etat, principal bailleur de fonds, de maintenir un équilibre financier (dépenses et recettes) et d'autre part, aux fédérations nationales dont les activités ne produisent pas de recettes importantes de fonctionner.

Ancien secrétaire général de la Fégafoot

Source : Journal L'Union Plus du 06 Avril 2007

 



   

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