LIBRE PROPOS
A propos
des recettes des matches des compétitions
internationales
Par Pierre Alain Mounguengui
LA
gestion financière des équipes nationales et des
clubs, engagés aux compétitions internationales,
souvent source de discorde entre le ministère
des Sports et la Fédération gabonaise de
football (Fégafoot), interpelle les différents
acteurs du sport national à une profonde
réflexion, afin d'établir les responsabilités
des uns et des autres d'une part, et d'autre
part, envisager des solutions appropriées. Avant
cette réflexion, il convient de revenir sur les
missions dévolues aux principaux organes du
football national, notamment le ministère et la
Fégafoot et également rappeler un tarit soit
peu, les dispositions qui règlementent la
participation des équipes aux compétitions
organisées par la CAF et la FIFA.
S'agissant des missions du
ministère de la jeunesse et des Sports. il est
clairement établi qu'en matière de sports, le
ministère conçoit et applique la politique du
gouvernement. Il contrôle et oriente les
activités de la Fégafoot parmi lesquelles,
l'organisation des compétitions nationales et
internationales. A ce titre, le ministère doit
apporter à la Fégafoot une aide morale,
technique, matérielle et financière utiles à son
essor.
Concernant la Fégafoot,
celle-ci a pour mission d'organiser globalement
le football au plan national. Elle reçoit du
ministère des Sports une délégation de pouvoir
lui permettant de mener certaines missions qui
sont du ressort de l'Etat. C'est donc ce pou
voir qui lui confère le droit d'engager des
équipes nationales ou des clubs aux compétitions
internationales.
Signalons par ailleurs, que
ces équipes inscrites aux joutes internationales
sont engagées sous le label du pays et leur
prestation a forcément un impact positif ou
négatif sur la nation tout entière. 'agissant
des règlements des compétitions internationales,
celles-ci disposent que: toute association
nationale membre de la CAF, désireuse de prendre
part aux compétitions internations ou
interclubs, doit se conformer aux dispositions
suivantes, concernant particulièrement les
charges.
Charge de la fédération hôte
:
A/Match à domicile
1/Officiels de la CAF
(commissaire, arbitre et arbitres assistants)
a) transport international,
b) hébergement et restauration, c) transport
local, d) indemnités.
2/Equipe visiteuse
a) hébergement et
restauration, b) transport local.
Outre, les charges liées au
séjour des délégations visiteuses et au paiement
des indemnités des officiels, la CAF exige des
fédérations hôtes qu'elles prélèvent sur la
recette au guichet de chaque match les
pourcentages ciaprès
• Match inter-nations
Préliminaires
2 % pour la FIFA
2 % pour le fonds de
développement technique de la CAF (minimum 600$)
Matches de groupes
2 % pour la FIFA
2 % pour le fonds de
développement technique de la CAF (minimum
1500$)
La CAF autorise également un
prélèvement sur la recette au guichet de 30%
maximum pour le paiement des taxes
gouvernementales si elles ont été effectivement
payées. Il s'agit notamment de: la location du
stade et la taxe municipale.
Droits de TV
Tous les matches
inter-nations et interclubs sont la propriété de
la CAF par conséquent, pour toute retransmission
en direct par la télévision d'un match de
qualification, l'association nationale
organisatrice doit payer à la CAF une redevance
de :
Match préliminaire 500$
Match de groupe 900$
B/Match à l'extérieur
Pour les matches à
l'extérieur, l'équipe en déplacement prend en
cfiarge uniquement Fès frais de voyage aller et
retour de toute la délégation (règlementairement
composée de 25 personnes) et ce, jusqu'à la
capitale du pays hôte.
Qu'est-ce qui constitue alors
la pomme de discorde ?
Il y a lieu avant tout de
rappeler la démarche qui est celle de la
Fégafoot et aussi celle du ministère des Sports.
En effet, la Fégafoot établit un programme
chiffré qu'elle transmet au gouvernement via le
ministère des Sports.
Ce programme prend en compte
:
• Ie transport international
des joueurs professionnels gabonais évoluant à
l'extérieur.
• le transport
interprovincial des joueurs locaux.
• les primes de regroupement
des joueurs et encadreurs.
• les primes de match gagné
en cas de victoire pour les loueurs et
encadreurs.
• tous les autres frais liés
à la préparation et à la participation de
l'équipe nationale au match y compris les frais
de voyage aller et retour en cas de match à
l'extérieur.
Il convient de souligner que
l'Etat a toujours honoré cet engagement en
débloquant en totalité les sommes sollicitées,
quoique parfois avec du retard. La Fégafoot pour
sa part, imprime les billets d'accès et assure
la vente de ceux-ci. La recette générée par le
match est en totalité gardée par la Fégafoot.
La discorde tient donc de
ce qu'il paraît arbitraire que, toutes les
charges liées à l'organisation et à la
participation des équipes aux compétitions
internationales soient assurées par l'Etat et
qu'en retour, les recettes générées par ces
matches soient gardées par la Fégafoot sans
qu'un pourcentage soit reversé à l'Etat.
Autrement dit, les sommes
injectées, pour l'organisation, la préparation
et la participation des équipes aux compétitions
internationales sont à considérer comme des
fonds perdus pour l'Etat. Et comme on peut le
constater, les recettes produites par les
matches ne couvrent que les redevances de la CAF
qui s'élèvent à
Match préliminaire : 500$,
soit 250 000 F CFA
Match de groupe 900$, soit
450 000 F CFA.
D'où la récurrente question à
quoi et à qui servent les recettes générées par
les matches des compétitions internationales ?
La réponse à cette question pourrait être toute
simple.
Quelles solutions envisager
pour assainir cette situation ?
Premièrement
• Mettre en place une
structure nationale chargée de la gestion des
finances des compétitions internationales qui
sera composée de: ministère des Finances et
celui des Sports, le Trésor public, la Fégafoot
et de l'Office de gestion des stades.
• Ouvrir un compte au Trésor
public placé sous la gestion directe de l'agent
comptable mis à la disposition du ministère des
Sports.
Deuxièmement
• La structure nationale
établira des contrats avec toutes les structures
qui interviennent dans l'organisation des
compétitions, notamment: les hôtes, les agences
de voyage et les agences de location des
véhicules (bus et voitures légères)
Troisièmement
• Au début de chaque saison
sportive, les fédérations sportives nationales
transmettent à la direction des Sports et du
Plein air, leurs calendriers des compétitions
internationales, auxquelles leurs équipes sont
engagées; en y Joignant les budgets y relatifs,
établis sur l'ensemble de chaque compétition. A
partir des éliminatoires jusqu'en finale. - La
structure mise en place élabore un budget
général soumis à l'Assemblée nationale par le
ministère des Sports, pour adoption. La somme
correspondante dégagée par le ministère des
Finances est créditée dans le compte commun
ouvert au Trésor public.
Quatrièmement
A chaque échéance, à domicile
ou à l'extérieur, la fédération organisatrice
adresse à la structure nationale, un état
spécifique, des dépenses inhérentes au match.
Celles-ci sont entièrement acquittées par la
structure nationale. En outre, la structure
nationale sera chargée de l'impression, de la
mise en vente des billets d'accès au stade et du
recouvrement des recettes.
Après déduction des
redevances dues à la CAF et à la FIFA, d'une
part et le paiement des taxes gouvernementales
prélevées sur les recettes aux guichets d'autre
part, la structure nationale reverse un
pourcentage à la Fédération organisatrice, pour
son fonctionnement. La recette nette est
totalement reversée dans le compte commun ouvert
au Trésor public.
En définitive cette
organisation permettrait, d'une part, à l'Etat,
principal bailleur de fonds, de maintenir un
équilibre financier (dépenses et recettes) et
d'autre part, aux fédérations nationales dont
les activités ne produisent pas de recettes
importantes de fonctionner.
Ancien secrétaire général de la
Fégafoot