GABON TELECOM
La
colère de Léandre Nzué
Le conseiller technique de l'Administrateur-directeur
général, Léandre Nzué, a interdit l'accès de
Gabon Télécom au personnel en service dans cette
entreprise désormais gérée par les Marocains.
TRES
tôt hier, une information se répand à travers
Libreville : un ancien cadre d'administration de
Gabon Télécom s'est rendu dans son ancienne
entreprise et s'est comporté comme un cow boy du
Far West. Nous nous rendons donc à Gabon Télécom
pour vérification. Là, en lieu et place du
directeur général en déplacement, c'est le
directeur de la communication qui nous reçoit et
nous relate l'histoire.
En effet, selon François
Epouta, un certain Nzué Léandre, ancien
conseiller technique de l'Administrateur-directeur
général de Gabon Télécom s'est rendu au siège de
cette entreprise. Au 6e étage. Et à l'aide d'un
serrurier, il a forcé les portes de deux
bureaux. Il a récupéré le mobilier du premier
bureau pour le transférer dans le second, celui
qu'il occupait. "Au moment de la privatisation,
un décret décidait que les fonctionnaires
devaient regagner leurs administrations
d'origine. On ne sait pas si Nzué Léandre a été
exempté...", a-t-il déclaré, avant d'indiquer
que, hier matin, il a barré l'accès du Delta
Postal aux personnels encore en service. Ceux
ayant un véhicule et qui avaient l'habitude des
parkings, à l'intérieur du siège de Gabon
Télécom, ont été contraints de les laisser à
l'extérieur.
A en croire François Epouta,
l'acte posé par Léandre Nzué a fait monter
l'adrénaline, au point que certains, mécontents,
ont estimé qu'il est inacceptable que cet
individu paralyse une entité comme Gabon
Télécom. "S'il estime qu'il est lésé, ce n'est
pas l'attitude qu'il doit adopter. Car il y a
des voies de recours", a-t-il dit.
De son côté, Léandre Nzué dit
avoir agi pour attirer l'attention du
gouvernement sur ce qui se passe réellement à
Gabon Télécom où les Marocains affichent un
mépris souverain vis-à-vis des cadres gabonais.
Et travaillent en vase clos.
Pour lui, le décret dont on
parle et qui met fin aux responsabilités des
fonctionnaires, n'est que le produit de
l'imagination des nouveaux gérants de Gabon
Télécom, car il ne l'a jamais vu. Il n'a jamais
été notifié aux intéressés. Cette situation l'a
décidé à rencontrer le directeur général qui lui
a toujours opposé une fin de non recevoir. La
suspension de salaire à la fin du mois dernier a
été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
S'appuyant sur le droit,
Léandre Nzué a dit que la loi est claire dans ce
genre de situation: en cas d'arrêt de la mise en
disponibilité, l'employeur paie à l'employé 4
mois de son salaire, ajouté à l'indemnité de
services rendus (ISR). Ce qui n'a pas été fait.
A propos de l'accusation
portée sur sa personne, il a répondu qu'il est
simplement allé reprendre ce qui lui appartient
et qui a été, en son absence, soustrait de son
bureau par Christian Milaghe. "Si le décret
existe, il n'est pas sélectif, il doit
s'appliquer à tous les fonctionnaires", a-t-il
soutenu.
II est prévu que le directeur
général reçoive Léandre Nzué, a son retour.