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Le quotidien l'Union du 11 Avril 2007

 

CHRONIQUE POLITIQUE

L'arène aux fauves

APRÈS les manifestations commémoratives de la création du Parti démocratique gabonais organisées à Libreville, la fête du 12 mars s'est célébrée en différé dans les différents chefs-lieux de provinces, de départements et autres localités du pays, dans une ferveur militante souvent onction de l'audience du parti au pouvoir dans la contrée.

Si jusque-là ce grand moment de retrouvailles annuelles de cadres et autres militants de cette formation politique a été mis à profit par les pédégistes de chaque coin, pour démontrer la domination et la suprématie de leur parti dans l'arène politique locale et nationale, ce à travers la démonstration de force à laquelle on assiste régulièrement lors du défilé des structures de base, les prestations des groupes socio-culturels et aussi, la présence quasi obligatoire de cadres, ces localités ne sont pas moins le théâtre de tensions consécutives à l'exacerbation des rivalités, pour ne pas dire, à la guéguerre pour le leadership à laquelle se livrent certaines personnalités, appelées encore, grosses légumes du coin. Lesquelles, en dépit, de unité de façade qu'elles affichent publiquement et des engagements souvent pris devant les instances dirigeantes du Parti démocratique gabonais, des fonds dégagés pour l'organisation des festivités, ne se privent pas de poser des actes visant à saboter les actions des uns et des autres, au point de nuire, au besoin, à la cohésion du parti au sein duquel ils militent.

ROUBLARDISE. Cet état de fait pour le moins regrettable et déplorable s'est traduit récemment encore dans certaines localités. Effectivement, alors que l'on croyait révolues les scènes auxquelles les pédégistes nous ont régulièrement habitués sur les bords du Ntem, où l'on a souvent vécu l'organisation de deux fêtes du 12 mars, conséquence directe de la rivalité tenace entre Emmanuel Ondo Metogho et René Ndemezo Obiang. Les acteurs politiques de Tsamba- Magotsi, de Bakoumba, etc, sont eux aussi descendus dans l'arène aux fauves jalonnée de chausse-trapes où pleuvent les coups bas, en organisant une double fête dans la même localité. Cela, pour des motifs, tenant tout à la fois de l'incompréhension, de la roublardise, de l'égoïsme des uns et des autres, sans oublier les ambitions affichées ou cachées, la volonté de barrer la voie aux nouvelles "figures de proue" dans leurs contrées.

Une situation quelque peu gênante pour le principal parti au pouvoir, en ce sens qu'au-delà, des raisons profondes qui peuvent être à l'origine de ces manifestations organisées séparément sur fond d'intrigues politiciennes, celle-ci n'étonne nullement, puisque les protagonistes, voire les auteurs sont coutumiers du fait. Mais aussi, parce que derrière ces agissements se cache la rivalité entre ces hommes dans leur contrée. D'un côté, le vice-Premier ministre, vice-président du PDG, Mayila et l'ancien ministre des Finances, député et trésorier du PDG, Doupamby à Tsamba-Magotsi. De l'autre, à Bakoumba entre Bayogha Nembé, actuel ministre délégué à la Planification, membre du bureau politique, élu de la contrée et Bernard Moukayi, membre du bureau exécutif du PDG.

CROCS -EN- JAMBE. Dans le premier, cas, cette situation peut, selon certains s'expliquer par la rancoeur, les soupçons fondés ou non qui pèsent fortement encore sur l'ancien président du Conseil économique et social, régulièrement engagé, selon ses adversaires, dans une posture de confrontation faite de coups bas et autres distorsions. Et, aussi, par la volonté de son frère-ennemi, Doupamby, de faire barrage aux manoeuvres politiciennes tendant à lui nuire dans son fief où, il faut bien le dire, à la suite des différents scrutins, il s'est imposé comme étant la figure de proue. Toutes choses qui alimentent très souvent les tensions dans cette localité d'autant que leurs différentes troupes ne sont pas prêtes à fumer le calumet de la paix après les différentes périodes d'animosité.

Dans le second, les deux hommes se vouent une haine viscérale au point que l'un et l'autre ne ratent pas l'occasion de se faire des crocs -en-jambes, le plus malin réussissant toujours à se positionner aux premières loges. Au fil du temps, il y a dans cette bataille fratricide comme une volonté claire de détruire politiquement son adversaire et de s'imposer dans l'arène quitte à mettre à mal la cohésion dont a tant besoin le parti dans cette bourgade.

En définitive, cette double célébration du 12 mars à laquelle on a eu droit dans ces deux localités, si elle a donné l'occasion aux uns et aux autres de faire étalage de leurs prétendues forces politiques, n'en dessert pas moins le Parti démocratique gabonais et son président-fondateur, lesquels au lieu d'avoir des troupes unies et solidaires, se retrouvent avec des militants et cadres pris en otage et contraints de servir les intérêts égoïstes d'acteurs politiques plus préoccupés par leur situation politique personnelle que par l'avenir du PDG, des filles et fils de tels contrées respectives, voire de la nation. Ce qui devrait, assurément, amener les instances dirigeantes de l'ancien parti unique à revoir leur stratégie en tenant compte, notamment, du fait que son principal ennemi, le PDG, le couve dans son sein douillet.

Source : Journal L'Union Plus du 11 Avril 2007

 



   

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