FILIÈRE CACAO/DE LA PRODUCTION
À LA DÉGUSTATION
Le
chocolat 100% gabonais séduit le palais
La confiserie "Espace de
fêtes" implantée à Libreville, qui vient de
réaliser un chocolat typiquement gabonais, a
organisé une séance de dégustation vendredi
dernier à l'immeuble Arambo. Occasion pour le
ministre délégué, "gourmand" en la circonstance,
de magnifier le président de la République pour
sa foi dans la diversification des produits de
notre économie.
LE chocolat gabonais était à
l'honneur vendredi dernier à l'annexe du
ministère de l'Economie et des Finances sur le
boulevard Triomphal, à l'occasion d'une séance
de dégustation qui on allait dire heureusement
n'a pas enregistré les foules habituelles en
pareille circonstance. Une petite structure
dénommée "Espace de fêtes" a présenté son
chocolat, une production 100% gabonaise, de la
plantation à la dégustation. C'était au cours
d'une cérémonie où les usages protocolaires ont
imposé de d'abord tenir des discours avant de
passer à ce qu'on pouvait considérer comme les
choses sérieuses, en l'occurrence la dégustation
elle-même.
Premier orateur, le Directeur
général de la Caistab, Mathias Otounga
Ossibadjouo, a tenu à rendre à César ce qui
revenait à César. "Nous récoltons ici les
lauriers de mon prédécesseur, Adrien Nkoghé
Essingone, qui a pris l'initiative qui a
abouti à cette réalisation", a-t-il dit
avec une rare modestie.
Occasion pour le ministre
délégué Charles Mba d'avouer son faible pour ce
produit. Mais occasion également de rappeler
notre tradition de la cacaoculture et de la
caféiculture qui, malheureusement, sont tombées
en désuétude depuis quelques années. Occasion
surtout, dans un tel contexte de délabrement
cultural, de faire partager son admiration pour
le président de la République qui, selon le
ministre, a toujours cru en la diversification
de l'économie nationale.
Face à la faiblesse de la
production nationale, Charles Mba prône la
qualité. Prenant prétexte de la présence
insignifiante de l'assistance lors de cette
cérémonie de dégustation, Charles Mba a
allégoriquement cité la faiblesse démographique
du Gabon pour un vaste territoire. Et en
convergence de vues avec le directeur général de
la Caistab, Mathias Otounga Ossibadjouo, le
ministre a pris le pan de la qualité.
Dépassant le cadre de la
cérémonie, le ministre a décliné les étapes
successives par lesquelles il sera nécessaire de
passer pour atteindre les quotas de production
souhaités. Cette qualité passe par trois étapes,
a-t-il affirmé, dont la première est le retour à
l'agriculture. La recherche de la qualité passe
ensuite, pour le gouvernement dans sa vision
régalienne, par la contribution à l'émergence
d'une nouvelle classe de planteurs formatés pour
la recherche de résultats qualitatifs. Ainsi
pourra-t-on compenser la faiblesse de -la
production. Enfin, la recherche de la qualité
impose d'encourager quand même la production
pour atteindre des seuils rentables.
Ce n'est qu'à l'issue de ce
processus que pourra se constituer un faisceau
d'investisseurs qui pourront dégager des moyens
nécessaires pour créer des superficies
industriellement exploitables. Ainsi pourra-t-on
parvenir à une transformation locale pour
échapper aux cercles vicieux de l'exportation de
la matière brute.
Enfin, a dit le ministre
délégué, la présente cérémonie de dégustation,
qui consacre la réalisation de ce chocolat en
terre gabonaise, du début à la fin, est la
démonstration de la subtile intuition du chef de
l'Etat de procéder, par la Caistab interposée, à
la relance de la filière cacao-café.