ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Affaire des étudiants exclus
de l'UOB
Les
parents interpellent a nouveau les autorités
Le collectif des parents des
treize étudiants exclus réclame plus de lumière
dans cette affaire, afin que le droit et la
justice triomphent. Tandis que du côté de la
partie plaignante, on attend le verdict du
tribunal.
LE
collectif des parents des étudiants exclus de
l'Université Omar Bongo (UOB) et incarcérés à la
prison centrale de Libreville en février
dernier, a donné une énième conférence de presse
le week-end dernier au centre préscolaire des
"'Soeurs bleues'. A cette occasion, les
parents ont de nouveau plaidé l'innocence de
leurs enfants dans cette affaire qui suit son
cours au tribunal de Libreville. Mais surtout,
ils ont interpellé les autorités compétentes
afin qu'elles prennent toutes les dispositions
nécessaires pour que la lumière soit faite et
que le droit et la justice triomphent. 'Nous
tenons une fois encore a' rappeler (..) que la
justice est le même pour tous et qu'elle se doit
d'être appliquée, pour servir non pas les
intérêts particuliers, ni partisans"; a
déclaré Marcel lin Allogo Edou, porte-parole du
collectif.
Une position que semble
partager la partie plaignante. Selon la
déclaration faite dans une chaîne de télévision
par le recteur de l'UOB, File Nzé Nguéma, son
institution laisse libre cours à la justice pour
faire son travail. Et que nul n'est justement
au-dessus de la loi.
VICTIMES D'UN REVE• Pour
les parents des étudiants exclus, tout le monde
sait que les problèmes de l'université gabonaise
ne datent pas d'aujourd'hui, et que leurs
enfants ne sont nullement les responsables du
mal de cette institution et partant, de tout le
système éducatif gabonais. 'Nos enfants sont
victimes d'un rêve, d'un idéal pour leur
université", a poursuivi le porte-parole du
collectif. A ce qu'il semble, chaque partie
campe sur ses positions. Toutefois, au niveau du
fonctionnement de l'UOB, les activités
académiques se déroulent normalement après cette
période dé troubles qui a paralysé l'institution
pendant plus d'un mois.
Cependant, on peut se
demander, à juste titre, si les deux parties
étaient obligées d'amener l'affaire devant les
tribunaux S'il est vrai que chaque camp réfute
les allégations de l'autre, sur l'agression ou
non d'un enseignant du département de
géographie, il n'en reste pas moins qu'une
institution aussi importante devrait avoir les
moyens de résorber en interne une crise aussi
banale dans la mesure où on pourrait la
qualifier de "consubstantielle" à l'UOB.
Dont l'image sortira forcément écornée du fait
de cette démission des autorités rectorales
incapables d'user des vertus de la concertation
et du dialogue si chères au chef de l'Etat Omar
Bongo Ondimba.
Que gagnerait un étudiant qui
moleste son maître, si ce n'est la malédiction ?
Et qu'espère le maître en retour, en excluant
son disciple du temple du savoir, après tant
d'années de dur labeur? "N'est-ce pas les
problèmes posés sont aujourd'hui sur la table
d'études et d'autres en pleine exécution? Les
reformes souhaitées par nos enfants en vue de
s'arrimer aux universités modernes ne sont-elles
pas en train de voir le jour?" s'est
interrogé Marcellin Allogo Edou.
A noter que le 9 mars
dernier, les avocats des détenus avaient demandé
l'annulation de la procédure et leur relaxe. Le
tribunal correctionnel ayant rejeté cette
requête, les mêmes avocats ont interjeté appel.