AFFAIRES DES ÉTUDIANTS EXCLUS
DE L'UNIVERSITÉ OMAR BONGO
Les
douze étudiants incarcérés retrouvent leur
liberté
La Cour d'appel du tribunal de
Libreville, en application des articles 139 et
140 G du Code pénal, a jugé illégale la
détention des prévenus.
LA
salle d'audience de la Cour d'appel du tribunal
de première instance de Libreville a été prise
d'assaut hier matin par une foule nombreuse. Le
procès en instance concernait (affaire opposant
Fidèle Nzé Nguéma, recteur de l'Université Omar
Bongo (UOB), Médard Obiang Ebanéga,enseignant au
département de géographie' de la même
institution, contre les douze étudiants présumés
coupables d'agression physique, d'actes de
vandalisme et de prise en otage de l'UOB pendant
la période qui a précédé leur interpellation par
la Gendarmerie nationale.
Dans cette affaire, la Cour
d'appel a ordonné la libération des détenus pour
n'avoir pas trouvé des motifs et preuves
valables qui justifient leur incarcération
jusqu'à hier. Une décision qui a été saluée par
les ovations de la foule présente dans la salle.
Ainsi, la Cour d'appel est
elle venue à la "rescousse" de la Cour
correctionnelle en dénonçant la détention
illégale des prévenus et, ordonnant au passage
leur relaxe pure et simple. Pour ce faire la
Cour s'est appuyée sur les articles 139 et 140 G
du Code pénal qui abrogent la procédure pénale
dans le cas où la loi n'est pas respectée.
Ces articles stipulent, en
effet, qu'un détenu poursuivi pour coups et
agression volontaires ayant eu des conséquences
évidentes chez la victime, "doit être traduit
en justice à la plus prochaine audience ".
Dans le cas contraire, sa
détention dans une maison d'arrêt et les
procédures judiciaires intentées à son égard,
sont nulles et non avenues. Etant donné que les
détenus ont été présentés à la barre plus
D'une semaine après leur
incarcération à la prison centrale de Libreville
nonobstant le fait que leurs avocats avaient
formulé une requête auprès du tribunal
correctionnel, pour la libération de leurs
clients. Demande rejetée par la Cour
correctionnelle, au motif qu'elle devait
approfondir l'enquête pour statuer
définitivement sur cette affaire.
Ce rejet a conduit la partie
défenderesse à interjeter un recours à la Cour
d'appel pour un examen minutieux de ce dossier
épineux. "Je suis très contente que la Cour
d'appel ait infirmé la décision rendue par le
tribunal correctionnel. Cela prouve à suffisance
que nous pouvons faire confiance à notre
justice, et que lorsqu'on s'est trompé au
tribunal, la Cour d'appel est là pour reformuler
les décisions et redresser le droit", a
déclaré, ravie, Me Gisèle Eyué, l'un des avocats
des étudiants.
Les signes précurseurs de
cette décision étaient déjà perceptibles
lors de l'audience du 16 avril dernier. Car, le
procureur général de ladite Cour avait dénoncé
les irrégularités et vices de procédure de la
part du tribunal, quant à la "détention
prolongée" des incriminés. "Je souhaite
que cette affaire prenne fin dès la semaine
prochaine, sinon...", avait prévenu le
procureur.
En définitive, il faut donc
saluer le triomphe de la justice dans ce conflit
opposant étudiants et responsables de
l'Université. "La justice n'a fait que son
travail", a reconnu l'un des avocats de la
partie plaignante. Il revient maintenant à l'Etat
de se pencher davantage sur les conditions de
fonctionnement de nos universités pour éviter ce
genre de situations qui entachent la renommée de
ces temples du savoir.