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Le quotidien l'Union du 24 Avril 2007

 

AFFAIRES DES ÉTUDIANTS EXCLUS DE L'UNIVERSITÉ OMAR BONGO

Les douze étudiants incarcérés retrouvent leur liberté

La Cour d'appel du tribunal de Libreville, en application des articles 139 et 140 G du Code pénal, a jugé illégale la détention des prévenus.

LA salle d'audience de la Cour d'appel du tribunal de première instance de Libreville a été prise d'assaut hier matin par une foule nombreuse. Le procès en instance concernait (affaire opposant Fidèle Nzé Nguéma, recteur de l'Université Omar Bongo (UOB), Médard Obiang Ebanéga,enseignant au département de géographie' de la même institution, contre les douze étudiants présumés coupables d'agression physique, d'actes de vandalisme et de prise en otage de l'UOB pendant la période qui a précédé leur interpellation par la Gendarmerie nationale.

Dans cette affaire, la Cour d'appel a ordonné la libération des détenus pour n'avoir pas trouvé des motifs et preuves valables qui justifient leur incarcération jusqu'à hier. Une décision qui a été saluée par les ovations de la foule présente dans la salle.

Ainsi, la Cour d'appel est elle venue à la "rescousse" de la Cour correctionnelle en dénonçant la détention illégale des prévenus et, ordonnant au passage leur relaxe pure et simple. Pour ce faire la Cour s'est appuyée sur les articles 139 et 140 G du Code pénal qui abrogent la procédure pénale dans le cas où la loi n'est pas respectée.

Ces articles stipulent, en effet, qu'un détenu poursuivi pour coups et agression volontaires ayant eu des conséquences évidentes chez la victime, "doit être traduit en justice à la plus prochaine audience ".

Dans le cas contraire, sa détention dans une maison d'arrêt et les procédures judiciaires intentées à son égard, sont nulles et non avenues. Etant donné que les détenus ont été présentés à la barre plus

D'une semaine après leur incarcération à la prison centrale de Libreville nonobstant le fait que leurs avocats avaient formulé une requête auprès du tribunal correctionnel, pour la libération de leurs clients. Demande rejetée par la Cour correctionnelle, au motif qu'elle devait approfondir l'enquête pour statuer définitivement sur cette affaire.

Ce rejet a conduit la partie défenderesse à interjeter un recours à la Cour d'appel pour un examen minutieux de ce dossier épineux. "Je suis très contente que la Cour d'appel ait infirmé la décision rendue par le tribunal correctionnel. Cela prouve à suffisance que nous pouvons faire confiance à notre justice, et que lorsqu'on s'est trompé au tribunal, la Cour d'appel est là pour reformuler les décisions et redresser le droit", a déclaré, ravie, Me Gisèle Eyué, l'un des avocats des étudiants.

Les signes précurseurs de cette décision étaient déjà perceptibles lors de l'audience du 16 avril dernier. Car, le procureur général de ladite Cour avait dénoncé les irrégularités et vices de procédure de la part du tribunal, quant à la "détention prolongée" des incriminés. "Je souhaite que cette affaire prenne fin dès la semaine prochaine, sinon...", avait prévenu le procureur.

En définitive, il faut donc saluer le triomphe de la justice dans ce conflit opposant étudiants et responsables de l'Université. "La justice n'a fait que son travail", a reconnu l'un des avocats de la partie plaignante. Il revient maintenant à l'Etat de se pencher davantage sur les conditions de fonctionnement de nos universités pour éviter ce genre de situations qui entachent la renommée de ces temples du savoir.

Source : Journal L'Union Plus du 24 Avril 2007

 



   

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