A QUATRE MOIS DE LA FÊTE DU 17
AOÛT
Les
politiques de l'Estuaire face au défi des Fêtes
tournantes
Après le semi-échec de la
première phase 2006 marquée par la réfection de
quelques tronçons routiers à Libreville et la
réalisation de travaux dans d'autres localités,
le retard accusé dans le lancement des chantiers
suscite de sérieuses interrogations dans
l'opinion.
LES
acteurs politiques de la province de l'Estuaire
sont confrontés à la réalisation des travaux
d'aménagement du territoire prévus dans le cadre
des festivités marquant l'accession de notre
pays à la souveraineté nationale qu'abritent la
province de l'Estuaire depuis 2006.
A quatre mois de cette
commémoration marquée depuis 2002 par un
important volet de travaux destinés à promouvoir
le développement équilibré et harmonieux des
provinces, le retard accusé, une fois encore,
dans le lancement et la poursuite des chantiers
non achevés lors de la première phase en 2006,
suscite de sérieuses inquiétudes aussi bien à
Libreville et Owendo que dans d'autres
localités. Notamment parmi les acteurs
politiques (membres du gouvernement, élus
nationaux et locaux), les notables ainsi que
dans l'opinion qui espéraient bien cette année
voir la réalisation de nombreux projets.
Exprimant leurs
préoccupations au cours de l'audience que le
président de la République., Omar Bongo Ondimba,
leur avait accordée, puis lors des réunions
présidées par le Premier ministre jean Eyeghé
Ndong, et le vice-Premier ministre, Paul Mba
Abessole, en charge des Grands travaux et des
Fêtes tournantes, ces acteurs politiques
semblent tous conscients de ce qu'après le semi-
échec de la phase des travaux de 2006 qui n'a
guère abouti aux résultats escomptés, peu de
structures ont été inaugurées. Pour cette classe
politique la dernière phase 2007 de la procédure
rotative des Fêtes tournantes dans l'Estuaire,
devrait tout au moins déboucher sur
d'importantes réalisations. Celles-ci étant
inscrites dans le cadre de l'embellissement de
la ville, le désenclavement de certaines zones
habitables.
EN DEÇA DES ESPOIRS.
Effectivement, si dans les autres
provinces, on a enregistré à chacune des
festivités des investissements à caractère
social ou administratif, traduits par la
construction des palais présidentiels
provinciaux, les travaux de voirie et
d'assainissement, la construction de logements
pour l'hébergement des fonctionnaires des
services déconcentrés, de casernes,
commissariats, l'aménagement des aires de jeux,
l'ouverture des guichets de banques, des centres
téléphoniques et postaux, en revanche, la liste
des réalisations concrètes de Libreville est
bien courte. En tout cas, elle est en deçà des
attentes et des espoirs suscités par le retour
de ces festivités rotatives dans l'Estuaire,
principalement, son chef-lieu.
En dehors du boulevard du
bord de mer, de la construction de la tribune
officielle, cadres du défilé civilo-militaire,
et du renforcement, bitumage des voiries de
quelques arrondissements. Ainsi que la
construction dans d'autres localités de la
province des écoles, les travaux d'adduction
d'eau et d'électrification de certaines zones,
etc, les participants à la réunion présidée par
le vice-Premier ministre Paul Mba Abessole, n'y
sont pas allés avec le dos de la cuillère,
estimant que le bilan est bien négatif. Ce
d'autant plus que malgré la priorité accordée à
la route qui, devrait, selon les directives
présidentielles recueillir le plus
d'investissements, l'état du réseau routier de
Libreville n'a guère changé ou presque, à en
luger par les nombreuses artères ici et
là et par l'importance de zones encore enclavées
ne facilitant pas les déplacements.
Une situation somme toute
déplorable qui ne cesse de soulever l'ire des
habitants de plusieurs quartiers qui en
viennent, de plus en plus, à s'interroger sur
l'impact réel de ces fêtes tournantes. Surtout
que la priorité avait été accordée à la route
dans le vaste programme d'aménagement urbain qui
sous-tend la relance de ce processus ayant amené
l'Etat gabonais à allouer chaque année la
bagatelle de 25 milliards de francs à chacune
des provinces abritant les festivités.
L'Estuaire, du fait qu'elle abrite la capitale
ayant bénéficié du double, soit 100 milliards
pour les deux années 2006/2007.
SURFACTURATION A
l'origine de ce fort décalage entre le nombre de
projets programmés et ceux réalisés, les
difficultés financières - on parle d'un déficit
de 16 milliards de francs sur les 50 alloués
l'année dernière à la Province de l'Estuaire-.
D'autres facteurs aussi importants ont trait,
comme ce fut le cas dans d'autres provinces, aux
graves dysfonctionnements enregistrés, il faut
le dire, dans attribution des marchés souvent de
gré à gré, les détournements de fonds, la
surfacturation, la lourdeur, l'absence de
célérité dans le traitement des dossiers et le
démarrage des chantiers, ainsi que la guéguerre
que se livrent certains acteurs ~ cette
province. Pis, le constat qui se dégage dans
certains, » , oie des fonds ont été pourtant
alloués et décaissés, de nombreuses entreprises
ont bâclé les travaux dans plusieurs
arrondissements de Libreville, d'autres n'ont
pas respecté leurs cahiers de charges. (Nzeng
Ayong, Rond-Point de la Démocratie, Pk 8,
Carrefour Léon Mba; Okala, etc).
Au demeurant, pour les
acteurs politiques de l'Estuaire qui doivent
affronter, au lendemain des festivités du 17
Août des élections en vue du renouvellement des
assemblées municipales, toute la bataille porte
sur la concrétisation des projets retenus pour
cette phase. Ce qui n'est pas acquis si l'on en
juge par l'importance des difficultés et
problèmes qui entourent la réalisation desdits
travaux d'aménagement du territoire.