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Le quotidien l'Union du 27 Avril 2007

 

A QUATRE MOIS DE LA FÊTE DU 17 AOÛT

Les politiques de l'Estuaire face au défi des Fêtes tournantes

Après le semi-échec de la première phase 2006 marquée par la réfection de quelques tronçons routiers à Libreville et la réalisation de travaux dans d'autres localités, le retard accusé dans le lancement des chantiers suscite de sérieuses interrogations dans l'opinion.

LES acteurs politiques de la province de l'Estuaire sont confrontés à la réalisation des travaux d'aménagement du territoire prévus dans le cadre des festivités marquant l'accession de notre pays à la souveraineté nationale qu'abritent la province de l'Estuaire depuis 2006.

A quatre mois de cette commémoration marquée depuis 2002 par un important volet de travaux destinés à promouvoir le développement équilibré et harmonieux des provinces, le retard accusé, une fois encore, dans le lancement et la poursuite des chantiers non achevés lors de la première phase en 2006, suscite de sérieuses inquiétudes aussi bien à Libreville et Owendo que dans d'autres localités. Notamment parmi les acteurs politiques (membres du gouvernement, élus nationaux et locaux), les notables ainsi que dans l'opinion qui espéraient bien cette année voir la réalisation de nombreux projets.

Exprimant leurs préoccupations au cours de l'audience que le président de la République., Omar Bongo Ondimba, leur avait accordée, puis lors des réunions présidées par le Premier ministre jean Eyeghé Ndong, et le vice-Premier ministre, Paul Mba Abessole, en charge des Grands travaux et des Fêtes tournantes, ces acteurs politiques semblent tous conscients de ce qu'après le semi- échec de la phase des travaux de 2006 qui n'a guère abouti aux résultats escomptés, peu de structures ont été inaugurées. Pour cette classe politique la dernière phase 2007 de la procédure rotative des Fêtes tournantes dans l'Estuaire, devrait tout au moins déboucher sur d'importantes réalisations. Celles-ci étant inscrites dans le cadre de l'embellissement de la ville, le désenclavement de certaines zones habitables.

EN DEÇA DES ESPOIRS. Effectivement, si dans les autres provinces, on a enregistré à chacune des festivités des investissements à caractère social ou administratif, traduits par la construction des palais présidentiels provinciaux, les travaux de voirie et d'assainissement, la construction de logements pour l'hébergement des fonctionnaires des services déconcentrés, de casernes, commissariats, l'aménagement des aires de jeux, l'ouverture des guichets de banques, des centres téléphoniques et postaux, en revanche, la liste des réalisations concrètes de Libreville est bien courte. En tout cas, elle est en deçà des attentes et des espoirs suscités par le retour de ces festivités rotatives dans l'Estuaire, principalement, son chef-lieu.

En dehors du boulevard du bord de mer, de la construction de la tribune officielle, cadres du défilé civilo-militaire, et du renforcement, bitumage des voiries de quelques arrondissements. Ainsi que la construction dans d'autres localités de la province des écoles, les travaux d'adduction d'eau et d'électrification de certaines zones, etc, les participants à la réunion présidée par le vice-Premier ministre Paul Mba Abessole, n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère, estimant que le bilan est bien négatif. Ce d'autant plus que malgré la priorité accordée à la route qui, devrait, selon les directives présidentielles recueillir le plus d'investissements, l'état du réseau routier de Libreville n'a guère changé ou presque, à en luger par les nombreuses artères ici et là et par l'importance de zones encore enclavées ne facilitant pas les déplacements.

Une situation somme toute déplorable qui ne cesse de soulever l'ire des habitants de plusieurs quartiers qui en viennent, de plus en plus, à s'interroger sur l'impact réel de ces fêtes tournantes. Surtout que la priorité avait été accordée à la route dans le vaste programme d'aménagement urbain qui sous-tend la relance de ce processus ayant amené l'Etat gabonais à allouer chaque année la bagatelle de 25 milliards de francs à chacune des provinces abritant les festivités. L'Estuaire, du fait qu'elle abrite la capitale ayant bénéficié du double, soit 100 milliards pour les deux années 2006/2007.

SURFACTURATION A l'origine de ce fort décalage entre le nombre de projets programmés et ceux réalisés, les difficultés financières - on parle d'un déficit de 16 milliards de francs sur les 50 alloués l'année dernière à la Province de l'Estuaire-. D'autres facteurs aussi importants ont trait, comme ce fut le cas dans d'autres provinces, aux graves dysfonctionnements enregistrés, il faut le dire, dans attribution des marchés souvent de gré à gré, les détournements de fonds, la surfacturation, la lourdeur, l'absence de célérité dans le traitement des dossiers et le démarrage des chantiers, ainsi que la guéguerre que se livrent certains acteurs ~ cette province. Pis, le constat qui se dégage dans certains, » , oie des fonds ont été pourtant alloués et décaissés, de nombreuses entreprises ont bâclé les travaux dans plusieurs arrondissements de Libreville, d'autres n'ont pas respecté leurs cahiers de charges. (Nzeng Ayong, Rond-Point de la Démocratie, Pk 8, Carrefour Léon Mba; Okala, etc).

Au demeurant, pour les acteurs politiques de l'Estuaire qui doivent affronter, au lendemain des festivités du 17 Août des élections en vue du renouvellement des assemblées municipales, toute la bataille porte sur la concrétisation des projets retenus pour cette phase. Ce qui n'est pas acquis si l'on en juge par l'importance des difficultés et problèmes qui entourent la réalisation desdits travaux d'aménagement du territoire.

Source : Journal L'Union Plus du 27 Avril 2007

 



   

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