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Le quotidien l'Union du 27 Avril 2007

 

A QUATRE MOIS DE LA FÊTE DU 17 AOÛT

Une occasion ratée

LES années 90 ayant été particulièrement marquées par le mouvement en faveur du changement politique, les questions du développement du pays avaient quelque peu marqué le pas. Et le constat de stagnation du progrès économique fut dressé au sortir de cette période très mouvementée de la vie politique nationale.

Pour rendre à nouveau le train du développement, le président de la République avait décidé, en 2002, le retour aux fêtes tournantes du 17 Août. Les précédentes expériences ayant été pour le moins bénéfiques pour l'ensemble du territoire qui avait connu, on s'en souvient, une amorce somme toute significative dans la progression du bien-être des populations.

L'0gooué-Ivindo et la Nyanga furent les deux premières provinces à ouvrir le bal au cours de cette année-là. Avant de voir en 2003 la Ngounié et le Moyen-Ogooué prendre le relais. Puis vinrent les tours de l'Ogooué-Lolo et du Haut0gooué en 2004, l'Ogooué-Maritime et le Woleu-Ntem. venant tout juste avant l'Estuaire.

Chacune des provinces de l'arrière-pays avait reçu une enveloppe substantielle de 25 milliards de nos francs, hormis l'Ogooué-Maritime dont la dotation fut portée à 30 milliards compte tenu du poids économique et démographique de cette province. En dépit de quelques couacs qui ont émaillé l'organisation de cet événement à l'intérieur du pays, il reste que tout le monde, -même les compatriotes les plus radicaux-, s'accorde à reconnaître qu'un certain nombre de réalisations ont vu le jour. En témoignent la construction des infrastructures de souveraineté dans le cadre du renforcement de l'autorité de l'Etat, à savoir les palais présidentiels, les préfectures, gouvernorats, Assemblées départementales, etc., et la construction des équipements collectifs.

Après les commémorations concomitantes à l'intérieur du pays des fêtes tournantes du 17 Août, le tour revenait à l'Estuaire de les abriter pendant deux ans en 2006 et 2007. Cette province étant particulière du fait qu'elle abrite non seulement la capitale gabonaise, Libreville, vitrine de notre pays, mais aussi il s'y trouve l'essentiel de la population gabonaise. Il s'ensuit donc que les besoins et les enjeux ne sont pas du tout identiques à ceux des autres provinces.

NOURRIR L'ELECTORAT• Toutes choses qui ont amené le président de la République a doter cette province au cours des deux ans prévus pour célébrer le 17 août une enveloppe conséquente et non moins enviable de 100 milliards de nos précieux francs. Soit 50 milliards pour chaque année.

Au contraire des réalisations qui se sont effectuées à l'intérieur du pays, celles de l'Estuaire laissent plutôt dubitatifs plus d'un Gabonais. D'autant que sur le chapelet de projets annoncés et avec un budget pour le moins conséquent, Estuaire n'a vu que quelques réalisations éparses qui ont fortement ressemblé à du saupoudrage. En plus du fait que certains projets, à image de la tribune officielle sur le bord de mer, ont été exagérément surfacturés pour des réalisations aussi modestes. Pis des réalisations budgétisées dans un cadre non lié aux fêtes tournantes ont été curieusement inscrites comme en faisant partie. Cas de l'arboretum de Sibang.

Pour beaucoup d'observateurs, l'échec des fêtes tournantes dans la province de l'Estuaire est consécutif à la guerre de leadership que se livrent entre eux les fils de la province. Chacun voulant à tout prix exercer une influence toute puissante sur les projets de façon que ceux-ci soient réalisés dans sa circonscription électorale. C'est à se demander à quoi servent finalement les commissions provinciale et nationale si la réalisation de chaque projet doit subir le diktat des poids lourds que compte chaque province.

Loin de répondre aux appels des populations et à l'idée du président de la République, les fêtes tournantes, notamment dans la province de l'Estuaire, n'auront pas l'effet escompté. Indubitablement, on passe à côté d'une occasion de développement, les questions d'intérêt personnel ayant pris le pas sur l'intérêt général.

L'on oublie très souvent, et c'est bien là le drame, que le développement de nos villes et villages est le principal déterminisme ayant conduit le président de la République à décider du retour des fêtes tournantes. A cet égard, les projets, dont l'objectif n'était pas de parvenir à cette fin auraient dû être d'emblée écartés.

L'expérience ayant plutôt montré le contraire, tout porte à croire que les investissements de l'Etat ne servent qu'à nourrir l'électorat des hommes politiques gabonais. L'Estuaire constituant tout simplement la forme la plus aboutie de ce détournement d'objectif.

Source : Journal L'Union Plus du 27 Avril 2007

 



   

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