FÊTES TOURNANTES (SUITE)
Et si on
changeait d'approche ?
En décidant de revenir au
principe des Fêtes tournantes, le chef de l'Etat,
Omar Bongo Ondimba, visait un objectif clair:
hâter le développement équilibré du pays. Si
aujourd'hui, les choses ont marqué le pas c'est
sans doute en partie, a cause de la manière de
mettre en musique cette décision du président de
la République.
AU début de ses années de
pouvoir, le chef de l'Etat,Bongo Ondimba, a
instauré la célébration tournante de la fête
nationale, dans les chefs-lieux des provinces.
Cette décision visait essentiellement le
développement harmonieux du pays. Et la plupart
des équipements qui existaient jusqu'à la repris
de cette politique, en 2002, dans nos provinces
dataient de cette époque.
Toutefois, dans son discours
du 16 août 2001, le président de la République
soulignait que "Pour avoir été arrêtées à un
certain moment, ces fêtes tournantes n'ont
pas pour autant induit un réel développement
". Et de poursuivre, "Aussi, en vue de
créer un développement durable et
progressif,du Gabon profond , j'ai décidé qu'à
partir de l'an 2002 et jusqu'en 2005 inclus,
nous rétablirons les Fêtes tournantes. La
fête de l'Indépendance se déroulera désormais,
chaque années dans deux provinces différentes.
Les 15 et16 août dans la première et le 17 et l8
août dans la deuxième".
C'est dans le même discours
que Omar Bongo Ondimba annonçait la création
d'une commission chargée d'assurer le suivi de
l'exécution des travaux. Tout comme il précisait
que les fonds utilisés dans cette optique
sortaient du budget d'investissement.
Depuis 2002, la décision
présidentielle est régulièrement exécutée. La
célébration tournante de la Fête de
l'Indépendance dans deux provinces différentes
est effective. La Nyanga et l'Ogooué-Ivindo en
2062, la Ngounié et le Moyen-Ogooué en 2003, l'Ogooué-Lolo
et le Haut-0gooué en 2004, et le Woleu-Ntem et
l'Ogooué-Maritime en 2005.
Comme le chef de l'Etat a
décidé la poursuite de cette politique jusqu'en
2007, l'Estuaire a été choisie pour abriter
l'évènement en 2006 et 2007.
Si d'un point de vue festif,
les choses ont été intégralement respectées,
peut-on en dire autant en ce qui concerne le
développement ?
Le moins que l'on puisse
affirmer par rapport à cet aspect des choses,
c'est qu'il y a eu des hauts et des bas. Si dans
certaines provinces on peut dire que les choses
se sont plus ou moins bien passées, dans
d'autres par contre, ça a été un fiasco. Les
fonds dégagés pour la réalisation des projets
retenus ont tout simplement disparu au point où,
le gouvernement a dû, dans certains cas
commettre des audits. Lesquels sont
malheureusement restés sans suite, du moins à la
connaissance de l'opinion.
NOUVELLE APPROCHE. D'une
manière générale, il faut souligner que la
gestion des Fêtes tournantes depuis leur retour
était au départ le fait de la Commission pour le
17 Août. Celle-ci était composée aussi bien des
politiques que des techniciens, notamment ceux
des ministères des Travaux publics et des
Finances. Mais dans le fond, les hommes
politiques (membres du gouvernement et
parlementaires jouent un grand rôle dans le
choix des projets, comme ils influencent le
choix des entreprises...
Le constat c'est que
plusieurs projets n'ont pas été réalisés, des
marchés ont enté parfois attribués sans
respecter le Code général des marchés publics,
favorisant ainsi le désordre et les
détournements. D'où la nécessité, si on veut
continuer avec cette politique, de changer
d'approche. Comment ?
En laissant le gouvernement,
par le biais du ministère de la Planification
recenser les besoins (ce qui , est déjà fait
dans le cadre du DSCRP). L'attribution des
marchés devant se faire sur la base des appels
d'offres gérés par la direction générale des
marchés,publics. Un contrôle de la qualité des
travaux sera effectué par le ministère des
Travaux publics. Et la Commission nationale de
Lutte contre l'Enrichissement illicite et la
Corruption devra être présente à tous les
niveaux, pour éviter les détournements et la
corruption.
Sinon, les Fêtes tournantes
contribueront à enrichir davantage les individus
au détriment du développement réel du pays.