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Le quotidien l'Union du 27 Avril 2007

 

AFFAIRE DES VOLEURS DE BOIS D'OWENDO

Jérôme Sellier : victime innocente ou véritable instigateur des vols de grumes ?

Dans l'affaire des voleurs de billes de bois dans les parcs d'Owendo et de Sobraga, Jérôme Sellier, qui affirmait avoir été floué par des revendeurs, était en réalité parfaitement informé de la provenance du bois. L'homme avait ailleurs déjà été entendu par les services Judiciaires compétents.

DANS une correspondance datée du 6 avril 2007, adressée au Procureur de la République, près le Tribunal de première instance de Libreville, par le Directeur des affaires criminelles de l'état-major des polices d'investigations judiciaires, le commandant Joachim Loubinene, Jérôme Sellier doit être poursuivi pour association de malfaiteurs et recel de choses volées. "Il est inconcevable, conclut le courrier du commandant, qu'un responsable d'entreprise de sa trempe se mette à plusieurs reprises à engager des transactions commerciales avec des individus ne justifiant d'aucune crédibilité d'une part, et d'autre part, les tarifs pratiqués par ses "vendeurs" sont largement en-dessous de ceux en vigueur, sans que cela ne l'émeuve."

En effet, on ne vend as du bois comme on vend dés beignets. La vente de grumes obéit à des règles strictes et bien définies par l'administration des Eaux et Forêts. Et appliquées par la SNBG, les exploitants forestiers et les négociants. Ainsi, le vendeur doit-il présenter un bordereau de spécifications sur lequel sont répertoriées toutes les informations sur le volume, le diamètre et la longueur des billes qui, elles, sont martelées et numérotées.

Un vendeur qui ne fournit pas ces informations attire nécessairement l'attention du client. Or, M. Sellier, identifié dans ces milieux, non comme un forestier mais comme un négociant, n'a bas hésité à acheter du bois dans des conditions pour le moins douteuses. Et cela dure depuis plusieurs années.

L'Homme semble avoir jeté son dévolu sur la société Olam qui enregistre ainsi; lors de chaque inventaire de fin d'année des manquants de stocks de 10 000 à 15 000 m3, sans qu'elle ne puisse en identifier la cause, malgré les enquêtes menées. Cette situation s'est tellement répétée (de 2000 à 2007) au point que le préjudice est estimé aujourd'hui à 750 000 000 de francs.

QUIÉTUDE. Le réseau des malfaiteurs procédait de la manière suivante: grâce à des complicités au niveau du parc à bois, on détournait des billes dont on effaçait avec de la peinture, les initiales, marteaux et numéros de plaquettes apposés sur le bois. Puis on lés remplaçait par ceux de E.G.D., l'entreprise de M, Sellier. Il ne restait plus à ce dernier qu'à exporter en toute quiétude le bois qu'il avait d'ailleurs acquis a vil prix.

Mais comme il y aune fin à tout, M. Sellier a été pris la main dans le sac le 2 mars 2007, "en flagrant délit de maquillage des grumes". Interrogé sur les lieux du forfait par Me Hyacinthe Benga, huissier de justice, l'Homme a déclaré ne s'être pas rendu compte que le bois qu'il achetait était volé. "Seulement ajoute-t-il, un jour j'avait remarqué un fond de peinture vert sur une grume et j'ai eu droit à des explications évasives ".Une attitude pour le moins désinvolte et curieuse pour un professionnel de la filière.

D'ailleurs, au moment où il venait d'embarquer dans le navire Pélagos, actuellement en rade, une importante quantité de bois volé (800 m3) au détriment de la société Olam, le tribunal est allé, vu les faits, jusqu'à autoriser la saisie immédiate et la vente desdites grumes avant même de vérifier le fond du dossier. Le 27 mars dernier, le président du Tribunal de première instance de Libreville ordonnait en effet la dépossession, au profit de la société Olam, de tous les bois maquillés de E.G.D. partout où ils se trouvent au Gabon. De même, il en autorisait la vente dès leur saisie.

Outre cette cargaison, il a été saisi 396 rondins dont 249 au parc de Sobraga et 47 billes au parc à bois d'Owendo.

Dans les milieux des forestiers, on continue de se demander comment M. Sellier, un simple négociant, a-t-il pu acheter auprès de petits' exploitants, et exporter des quantités de bois que seules les grandes entreprises peuvent produire. Affaire à suivre…

Source : Journal L'Union Plus du 27 Avril 2007

 



   

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