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Le quotidien l'Union du 03 et 04 Février 2007

 

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Assemblée générale du Syndicat national des enseignants et chercheurs (SNEC)

La coupe est pleine !

Les enseignants et chercheurs réunis, hier, en matinée, ont décidé de la suspension immédiate des cours pour cause d'insécurité sur le campus.

LA grève que les étudiants ont déclenchée, avant-hier, avec le cortège d'humiliations infligées aux boucs émissaires, a débouché sur la suspension immédiate des cours à l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville. Cette suspension, il faut le dire, est le résultat de la décision prise, en toute collégialité par ensemble des enseignants et chercheurs réunis, hier, en matinée, en assemblée générale, dans la salle de première année de droit. Parce que la coupe est pleine.

Comment est-on arrivé là ? Simplement à cause de ce que les "Seigneurs du chahut et de la contestation stérile" ont violenté un enseignant. Il s'agit de Médard Obiang Ebanéga, enseignant au département de Géographie de fa Faculté de lettres et sciences humaines (Flsh).

En effet, selon son récit, la victime de la furie des étudiants reçoit, à 12 h 15 des collègues avec qui il a l'habitude de discuter des questions pédagogiques. Avec eux, il se dirige vers la sortie de l'Institution. Au niveau du secrétariat général, ils remarquent que le portail est barré : des barricades y ont été érigées. Deux de ses collègues interpellent des étudiants pour s'enquérir de la situation. Lui-même aperçoit deux de ses étudiants à qui il demande ce qu'ils font là, alors qu'il y a quelques minutes seulement, ils étaient en cours. Les apprenants répondent qu'ils sont là par solidarité. Obiang Ebanéga émet le souhait de voir les barricades être levées pour libérer la voie afin de laisser passer les enseignants. Les étudiants exigent des enseignants qu'ils lèvent, eux-mêmes, lesdites barricades. Ayant compris qu'on vit désormais dans une société qui a perdu ses repères et qui ressemble à un champ de maïs, les enseignants tentent de déplacer les troncs d'arbres pour se frayer un chemin. C'est à ce moment crue des étudiants déferlent. L'un d'eux est poussé vers Obiang Ebanéga. Geste provocateur. L'enseignant se défend. Mais il fera face à la sauvagerie des apprenants. Il se replie pour éviter le pire. Aidé en cela par les collègues qui ont également témoigné; confirmant la version de l'enseignant de géographie. "Face à l'excitation à la violence des étudiants, si les enseignants avaient opposé une quelconque résistance, les choses auraient tourné à la tragédie"; ont-ils déclaré.

En écoutant ce récit, on se rend bien compte que les enseignants exprimaient leur volonté d'aller a l'extérieur du campus, sans défier les étudiants, lesquels avaient juré de faire la peau aux enseignants. D'où l'impossibilité du dialogue. Lynchage programmé ? On peut répondre par l'affirmative, car depuis plusieurs mois déjà, les signes annonciateurs étaient perceptibles. On fait allusion à la séquestration de Samuel Léopold Codjo Rawembia. Celle-ci est intervenue après que les étudiants ont dit ouvertement qu'ils en voulaient aux enseignants.

On ne doit pas gommer de la mémoire ce qui était arrivé au Pr Daniel Ona Ondo, à l'époque recteur de l'UOB. Cet homme avait été séquestré et humilié par des étudiants aujourd'hui haut placés dans l'Exécutif et le Législatif. Depuis lors, on n'a plus vécu pareille folie.

Pour les enseignants, si les politiques font peu de cas de l'infinie dérive de l'UOB, ce qui est arrivé à Médard Obiang Ebanéga qui a fait preuve de sang-froid et qui pourrait arriver a quelqu'un d'autre sur le campus, est désormais une affaire des seuls enseignants.

Qu'adviendrait-il des enseignants face à la brutalité de ceux qu'ils forment dans le but de tenir plus tard les leviers du pays ? Pour répondre à cette question et face à cette date à inscrire dans la mémoire des enseignants et de l'Institution, la communauté universitaire a décidé de suspendre immédiatement les cours, de déposer un préavis de grève qui poserait comme condition de reprise la mise en place de mesures de sécurité, l'expulsion de la cité universitaire des étudiants exclus par décision décanale et d'entrer en grève si le conseil de discipline ne se tient pas pour sanctionner les étudiants ayant "caillassé" Médard Obiang Ebanéga.

Les enseignants ne sont pas décidés à reculer. Au contraire ils veulent agir dans une dynamique universitaire et par solidarité pour leur collègue victime de la violence des étudiants. Disons plutôt du groupuscule d'étudiants qui prend en otage le fonctionnement de l'Université et qui contraint ses véritables propriétaires à n'être que des quantités négligeables.

Une marche de protestation et une conférence de presse sont prévues dans les tout prochains jours.

Source : Journal L'Union Plus du 03 & 04 Février 2007

 



   

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