INFRASTRUCTURES DE
DÉVELOPPEMENT
Quand la
Loi n° 13/2003 attend désespérément son texte
d'application
Promulguée en grande pompe en
2005, cette disposition qui vise à protéger
notre patrimoine routier contre les dégradations
et les occupations illicites, est toujours en
suspens.
SI l'on se fie à la décision
du dernier conseil des ministres, l'on peut
croire que les pouvoirs publics ont réellement
compris .l'urgence d'améliorer l'état de notre
réseau routier'. Celui-ci comprend environ 9 200
km de linéaires, dont 10% seulement sont
bitumés.
Un taux qui place le Gabon,
dans la sous-région d'Afrique centrale, derrière
le Cameroun (1$%) et la Guinée-Equatoriale
(12%). Economiquement, plusieurs des tronçons
routiers identifies par le conseil des ministres
du vendredi 2 février dernier sont d'un apport
considérable pour notre pays.
Il s'agit, en vrac, des axes
Ntoum-Cocobeach, Delta postal Cap Estérias,
Lalara-Koumameyong-Ovan et, bien sûr, la
bretelle routière Owendo-Pk 15 (dont les travaux
n'ont jamais été lancés, en dépit de leur
décision qui date de 199/), Et c'est peut-être
pour cette raison que, pour ensemble de
chantiers, une enveloppe globale d'environ
198,272 milliards de francs est programmée pour
leur réalisation.
Le moins que l'on puisse dire
ici, c'est qu'au-de là des raisons évoquées par
ailleurs, le problème de la dégradation de nos
routes est dû, non seulement à la vieillesse de
ces infrastructures, mais également à
l'intensité du trafic des camions gros porteurs,
notamment.
Dans les années 1980, les
routes ont été construites pour résister entre
sept et dix ans, sans certainement tenir compte
de l'augmentation des rotations des grumiers.
Aujourd'hui, l'on devrait étudier la possibilité
de réhabiliter les voies et réglementer la
circulation des poids lourds.
L'équipe qui a succédé celles
de Zacharie Myboto au ministère des Travaux
publics, avait émis le voeu d'associer la
corporation forestière à l'entretien routier.
Une perspective tout à fait réalisable, mais qui
devait se heurter à une forte résistance des
forestiers, excipant du fait qu'ils payent des
taxes pour exercer leurs activités. Une
résistance d'autant plus forte qu'il se dit que
des grosses légumes de ce pays sont
propriétaires ou actionnaires des compagnies
forestières qui utilisent nos routes.
Dans un souci de
l'amélioration de notre réseau routier, des
dispositions ont été prises, notamment la Loi
n°13/203 du 17 février 2005 portant protection
du patrimoine routier national. Ladite loi,
prise en appli cation des dispositions de
l'article 47 de la Constitution, vise, bien sûr,
à protéger les routes du Gabon contre les
dégradations et les occupations illicites.
Deux ans après sa
promulgation, la Loi n°13/203 du 7 février 2005
portant protection du patrimoine routier
national attend toujours, comme beaucoup
d'autres avant ou après elle, son texte
d'application, nécessaire pour faire respecter
les dispositions contenues dans cette loi.
Laquelle loi interdit la
circulation des véhicules ou ensemble des
automobiles dont le gabarit et le poids excèdent
les limites qu'elle autorise. Par exemple, le
poids total autorisé en charge (PTAC) des
véhicules automobiles ou remorques est limité à:
21 tonnes pour les véhicules à deux essieux, 27
tonnes pour ceux à trois essieux et 40 tonnes
pour les ensembles de véhicules à quatre
essieux.
Selon cette même loi, le
chargement d'un véhicule automobile ou d'un
ensemble de véhicules affectés au transport des
bois en grumes ou d'autres pièces de grande
longueur ne doit m traîner sur le sol, m
présenter un porte-à-faux de plus de 2,40 mètres
au-delà du point d'appui extrême.
De toute évidence, toutes ces
dispositions ne sont pas respectées. Il suffit
de se positionner en un lieu où passent les
grumiers. Le texte d'application permettrait
d'infliger des amendes à ceux qui contreviennent
à la loi.
Des amendes allant de 300
mille à un million sont prévues pour les punir,
en fonction de la gravité des infractions. Ces
amendes, selon la loi, peuvent être assorties
d'une mobilisation ou d'une interdiction de
circuler pour chaque véhicule ou ensemble de
véhicules, y compris pour les coupables.