APPUI A L'AMÉNAGEMENT
FORESTIER DURABLE
Les
détenteurs de petits permis vont bénéficier d'un
appui technique de qualité
Un partenariat leur permettant
de se lancer dans un processus de gestion
durable, responsable et profitable du patrimoine
forestier qui leur a été concédé par l'Etat,
vient d'être scellé entre le ministère de l'Economie
forestière et un consortium compétent en la
matière.
LE
projet d'extension de la dynamique de
l'aménagement durable des forêts aux petits
permis forestiers est en marche. Le ministre de
l'Economie forestière, des Eaux, de la Pêche et
des Parcs nationaux, Emile Doumba, a signé,
vendredi à son cabinet, une convention qui
scelle de manière officielle le partenariat
entre son département ministériel et le
consortium qui aura à travailler sur ce dossier,
en étroite collaboration avec une cellule
"Projet" composée d'une quinzaine de cadres
nationaux du ministère.
Ce consortium, retenu au
terme d'une procédure d'appel d'offres lancée
par la Commission interministérielle de
sélection des offres, est constitué : du bureau
Forêt Ressources Management (FRM), du
département forestier du Centre de coopération
internationale en recherche agronomique pour le
développement (CIRAD) et du bureau Terre
Environnement Aménagement (TEREA).
En signant le document avec
le Dr Bernard Cassagne (représentant le
consortium), le ministre Doumba a rappelé que le
secteur forêt et environnement, centré sur la
gestion durable des ressources naturelles, fait
partie des actions présentes ou à venir retenues
pour appuyer la diversification de l'économie
gabonaise.
INSTRUCTION. Il a
souhaité un engagement total et une bonne
implication du consortium dans ce projet qui,
selon lui, tient à coeur le chef de l'Etat et le
gouvernement.
"Vous trouverez auprès de moi
et de mon ministère tout le soutien nécessaire
pour mener à bien ce projet ", a insisté Emile
Doumba en s'adressant à ses hôtes. Pour sa part,
le Dr Bernard Cassagne s'est dit conscient de la
tâche qui les attend, avant d'assurer que le
consortium est très motivé et va se mobiliser
entièrement pour relever le défi.
Quant au directeur de
l'Agence française de développement (AFD) au
Gabon, Eric Baulard, il a dit que son
institution accorde une grande importance à ce
projet très ambitieux et complexe.
" Soyons très vigilants. Le
consortium a un rôle fondamental à jouer. Bonne
chance au projet et qu'il soit un bon exemple
pour les Gabonais ", a insisté M. Baulard.
Le code forestier gabonais
met l'accent sur la gestion durable des
ressources forestières.
Il prévoit que toutes les
forêts de production doivent être dotées de
plans d'aménagement. "Les Gabonais détenteurs
des petits permis forestiers n'ont pas les
moyens techniques et financiers nécessaires pour
assurer une exploitation durable des ressources
forestières ", affirme le ministre Doumba.
Ce mode d'exploitation
nécessite, en effet, une très bonne connaissance
de la ressource que l'on obtient par des
inventaires. A partir de ces données, il est
possible de calculer le potentiel exploitable de
manière à ne pas compromettre la pérennité du
peuplement forestier, mais, au contraire, d'en
assurer la régénération naturelle.
Ces procédures de bonne
gestion font l'objet d'une programmation de
l'exploitation sur une période d'une vingtaine
d'années, appelée "rotation".
Cette programmation est
décrite dans un plan d'aménagement qui concerne
l'ensemble du massif sur la durée de la
rotation, puis précisée dans des plans de
gestion quinquennaux sur chaque portion du
massif et enfin dans des plans annuels
d'opération sur les assiettes de coupe, qui sont
les zones mises en exploitation. La mise en
oeuvre d'un tel processus d'aménagement
forestier nécessite le regroupement des petits
permis forestiers.
Conscient des difficultés
qu'éprouvent les nationaux, détenteurs de petits
permis forestiers, le chef de l'Etat, Omar Bongo
Ondimba, a donné instruction au gouvernement de
mettre rapidement en place des mécanismes afin
de leur permettre de s'arrimer au processus
d'aménagement durable.
RENTABILITE ECONOMIQUE•
C'est dans ce cadre que le gouvernement a lancé
en 2006, avec le concours de l'AFD sous forme de
prêt, et du Fonds français pour l'environnement
mondial (FFEM) en termes de don, un projet
destiné à aider les détenteurs de ces petits
permis forestiers à se regrouper de manière à
disposer d'ensembles forestiers susceptibles
d'être aménagés avec une meilleure rentabilité
économique.
Ainsi donc, à l'instar des
grandes sociétés déjà engagées dans
l'aménagement forestier, les nationaux,
détenteurs de petits permis, vont pouvoir se
lancer dans un processus de gestion durable,
responsable et profitable du patrimoine
forestier qui leur a été concédé par l'Etat, en
bénéficiant d'un appui technique de grande
qualité auquel ils pourront avoir accès en se
rapprochant du ministère de I'Economie
forestière.
Ce département ministériel
avait déjà réuni les détenteurs de petits permis
forestiers, le 27 décembre 2005, pour les
informer de ce projet. Une cellule d'information
a également été mise en place au sein du
ministère.
Pour mener à bien cet
important projet, le ministère s'est adjoint
l'expertise d'un cabinet d'aménagement forestier
pour lui apporter un appui technique.