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Le quotidien l'Union du 05 Février 2007

 

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

• Réaction suite au mouvement d'humeur des étudiants

Grèves à l'UOB à qui profitent-elles ?

Une question que devrait, aujourd'hui, -se poser tout observateur avisé et tout particulièrement l'étudiant qui demeure, d'une manière ou d'une autre, au centre de ces incessantes perturbations.

Par Vladimir BO'OR

IL ne se passe plus une seule année sans que notre glus ancienne Université ne connaisse des blocages. Blocages parfois de longue durée. Quand ce ne sont pas les enseignants qui réclament leurs primes de recherche ou de vacation, c'est le personnel participant à la vie de la cité universitaire qui revendique des meilleures conditions de travail. En outre, comme dans la plupart des cas, ce sont les étudiants qui manifestent soit pour le non paiement des bourses, soit pour le "Resto U" et ou la "B.U". Ceux qui sont passés par là, dans un passé récent ou lointain, sont même gagnés par le pessimisme : '"notre Époque, les problèmes demeurent Ies mêmes. Ce n'est pas vous qui allez changer les choses"; disent-ils. L'on conclut donc que depuis toujours, ce sont Ies mêmes problèmes qui débouchent sur les mêmes crises. Comment alors expliquer cela ? A qui profite cette situation ?

Si les grèves sont devenues traditionnelles sinon institutionnalisées à l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, ce n'est pas par manque de solutions aux différents problèmes. Mais plutôt, parce que les maux qui minent cette institution et contribuent à ses nombreux dysfonctionnements n'ont jamais été traités à la racine avec sincérité, rigueur et bonne foi. D'ailleurs, l'Exécutif s'en tamponne le coquillard. La preuve, c'est qu'on a toujours fait dans le saupoudrage et l'application des solutions inappropriées or la sagesse nous recommande de "ne pas traiter la lèpre comme une simple éruption cutanée". Conséquence : les problèmes demeurent encore et toujours. Ce qui conduit certains esprits malveillants à faire dans la récupération de ces problèmes et l'instrumentalisation des étudiants pour leurs ambitions voilées ou pour des règlements de comptes (inter) personnels. C'est à ce niveau qu'il importe d'en appeler à l'intelligence, à l'objectivité et à la vigilance de l'étudiant, principale victime de ces crises et objet de ces situations déplorables et défavorables à tout épanouissement.

PAMPHLET. Certes, la contestation estudiantine a favorisé l'évolution ou mieux la révolution dans plusieurs

domaines qui participent au fonctionnement de notre pays, singulièrement dans cette Université, mais cette même histoire nous enseigne aussi que les étudiants se doivent maintenant d'éviter "la contestation pour la contestation". Autrement dit, l'étudiant véritablement conscient doit comprendre et retenir cette pensée de Max Weber qui, comme un pamphlet à notre institution, disait "pas de politique à l'Université parce que l'étudiant n'est pas en situation de répondre et surtout parce que l'ordre des valeurs est soumis à un conflit fondamental par la lutte des dieux". Les dieux (s'il ne s'agit pas des démons bien sûr), effectivement, ce sont, d'une part, ces personnes étrangères ou non au milieu qui, pour des mobiles que seules elles-mêmes maîtrisent, téléguident certains mouvements et, d'autre part, ces étudiants guidés par leur instinct opportuniste, partisans de "la politique du ventre" très en vogue dans le pays. Ces derniers, de connivence ou non avec les premiers cités, "entraînent les autres comme des chameaux vers des horizons inconnus". Ils dissimulent leur nature de dealers sous des costumes de leaders, en se servant des autres tout en les exposant.

Ce sont toutes ces pratiques mesquines qui concourent au pourrissement de ces situations regrettables qui, par la suite, ternissent profondément notre Université au point où les succès, les réussites qu'elle enregistre sont ignorés puisqu'efacés par ces grèves à répétition et aux issues parfois douloureuses.

Nous ne remettons aucunement en cause l'existence ou la pertinence de certaines revendications, mais plutôt la manière de les poser et de les traiter. Nous appelons à une remise en cause de tous les acteurs impliqués, de près ou de loin, à la marche de l'UOB et tout particulièrement de l'étudiant véritablement conscient. Car, il est temps, pour lui, de réfléchir et de trouver des moyens de revendications plus intelligents et les solutions idoines. Ceux utilisés jusqu'ici ayant profité à des individus et non a la communauté. A ce rythme, l'Université ira toujours de crise en crise.

CHANGEMENT. C'est pourquoi, il faut changer les manières de penser et d'agir. Pourquoi continuer à croire que l'on ne peut pas avoir gain de cause sans perturber ou suspendre les cours ? Combien sont tombés et tombent encore "au front", pourtant pour la bonne cause, mais sans véritablement ou réellement faire changer les choses ? Parallèlement, combien se sont faits ou veulent se faire une place au soleil en utilisant les problèmes de l'UOB comme piédestal ?

Il faut tout simplement retenir, sans trop vouloir être vulgaire, que le dindon de la farce dans tout cela, c'est l'étudiant gabonais (le vrai). A plusieurs égards, c'est bien lui le grand perdant. Lorsque l'Université est fermée cour ces "pannes entretenues", tout le personnel (enseignant, administratif et technique) continue de percevoir, en toute quiétude, et peut-être sans un brin de souci, ses émoluments, pendant que l'étudiant se ronge les ongles. Au bout du compte, ce sont des années blanches (noires dirons-nous), des années académiques tronquées, des programmes inachevés ou bâclés. Et s'il y a plusieurs coupables, l'unique victime reste, sans aucun doute, l'Etudiant. Lui seul est appelé à assumer ces manquements et errances collectifs. Pour preuves, la journée du 17 janvier, qui devrait nous rappeler les événements malheureux de 1990, passe sous silence. On l'ignore ou feint de l'ignorer. Aucun devoir de mémoire à l'endroit de ces martyrs.

En 2001-2002, on ferme l'Université et 10 milliards de nos francs sont débloqués. Dès la réouverture, nous sommes retombés dans les mêmes travers. La qualité et le volume des travaux réalisés sont là comparés au montant alloué. Pour ceux qui ont subi ces années blanches (1993-1994 et 2001-2002), aucun dédommagement malgré tout le préjudice. Tout au contraire, que ce soit au niveau de certains concours et recrutement ou même au niveau des bourses et stages, on parlera de limite d'âge sans tenir compte de ce qui précède. Alors, à chacun de voir.

*Etudiant en maîtrise au département de Sociologie.

Source : Journal L'Union Plus du 05 Février 2007

 



   

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Pour moi quoi...Makaya
C'est fou ce que les problèmes sont récurrents à l'université qui porte le nom