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Le quotidien l'Union du 06 Février 2007

 

VIE DES SYNDICATS/NEGOCIATIONS SALARIALES

Six organisations syndicales des travailleurs suspendent leur participation

Elles ont demandé le départ sans condition du ministre du Travail, tout en proposant au Premier ministre d'être dorénavant leur interlocuteur sur les problèmes inhérents au monde du travail.

LES jours qui viennent diront si la confrontation sera décisive. En tout, lors de leur point de presse tenu samedi dernier au siège de la Confédération démocratique des syndicats autonomes (CDSA), cinq organisations syndicales (Entente syndicale des travailleurs du Gabon, Confédération démocratique des syndicats autonomes, Confédération gabonaise du travail/Force libre, Congrès syndical du Gabon, Union générale des salariés responsables, Confédération syndicale démocratique du travail) n'ont pas fait dans la

dentelle pour exprimer leur ire face à ce qu ils considèrent comme les manoeuvres dilatoires du ministre du Travail. Tendant à affaiblir les chances de réussite des négociations en cours. Celles-ci concernent essentiellement la mesure d'augmentation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), décidée dernièrement par le président de la République pour valoriser le pouvoir d'achat des Gabonais.

Tout en rappelant qu'à la suite de cette décision d'augmentation du Smig, les agents de la Fonction publique et de la municipalité de Libreville ont bénéficié rapidement de cette majoration, les responsables syndicaux font remarquer que ceux du secteur privé devaient, par contre, faire l'objet de négociations sectorielles avec prise d'effet au mois d'octobre 2006. Et pour cela, un accord d'étape avait été signé en novembre 2006 au cours d'une rencontre tripartite gouvernement employeurs et travailleurs, sous la présidence du ministre du Travail et de l'Emploi, Christiane Bitougat.

Depuis lors, la partie se joue sur les chausses-trappes. Et la conclusion des syndicalistes est sans appel : "nous sommes en droit de dire que les négociations salariales entre les employeurs et les travailleurs sont un échec, une mascarade".

N'y allant pas avec le dos de la cuillère, ils pointent un doigt accusateur sur le ministre du Travail, en charge de cette organisation, dont ils demandent le départ sans condition pour avoir "excellé dans les manipulations, dans le but d'affaiblir les chances de réussite des travailleurs"

Et les griefs sont multiples : "l'on notera que le ministre du Travail et de l'Emploi, en violation flagrante des conventions 87 et 135 de l'OIT (Organisation internationale du travail, Ndr) reprises par les articles 14 et 270 du Code du travail relatives aux actes d'ingérence et de discrimination de nature à porter atteinte à la liberté syndicale, s'est permis de s'opposer et de rayer les noms des représentants des travailleurs proposés parleur organisation syndical respective aux négociations, sans consultation des Centrales. Car, la recommandation 163 de l'OIT, dans son article 3.a, confère la reconnaissance aux seules organisations des travailleurs et d'employeurs aux fins de négociation collective".

MANQUEMENTS• En outre, dénoncent les organisations syndicales,"ledit ministère n'a pas communiqué aux

Organisations des travailleurs les lieux et les heures des négociations en temps utile, au point que plusieurs représentants des travailleurs n'ont pu prendre part aux dites négociations. Ceux qui furent informés d'un lieu de négociation donné arrivèrent 24 heures voire 48 heures après leur tenue. Cette mauvaise organisation a fait que plusieurs secteurs d'activités professionnelles n'ont pas fait l'objet de négociations de salaire".

Outre ces manquements relevés par les syndicalistes, ces derniers interpellent les pouvoirs publics sur 'l'abus d'autorité, manque de respect, de la dignité des leaders syndicalistes, du fait des propos malveillants et humiliants du ministre du Travail et de l'emploi".

Autre point soulevé par les six organisations syndicales : la grève des inspecteurs et contrôleurs du travail (qu'elles disent soutenir) dont les conséquences "entraînent un blocage de l'administration du travail, en sorte que de nombreux différends professionnels demeurent non traités, lésant ainsi l'ensemble des organisations syndicales des travailleurs confrontés aux problèmes de dénouements et d'arbitrage en conciliation des dossiers de leurs membres, tant à l'inspection du travail qu'auprès des tribunaux de céans de travail".

Au regard de ce chapelet de difficultés rencontrées dans la bonne tenue des négociations, les leaders syndicalistes qui en appellent au président de la République et au Premier ministre, ont décidé "de suspendre leur participation à toutes réunions convoquées par Mme la ministre du Travail demandant au Premier ministre "d'être dorénavant leur interlocuteur privilégié sur les problèmes inhérents au monde du travail jusqu'à la nomination d'un nouveau ministre en charge du Travail" : Dans le même esprit, ils ont demandé au chef du gouvernement d'organiser la poursuite des négociations salariales dans les secteurs n'ayant fait l'objet d'aucune négociation.

Source : Journal L'Union Plus du 06 Février 2007

 



   

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