VIE DES SYNDICATS/NEGOCIATIONS
SALARIALES
Six
organisations syndicales des travailleurs
suspendent leur participation
Elles ont demandé le départ
sans condition du ministre du Travail, tout en
proposant au Premier ministre d'être dorénavant
leur interlocuteur sur les problèmes inhérents
au monde du travail.
LES jours qui viennent diront
si la confrontation sera décisive. En tout, lors
de leur point de presse tenu samedi dernier au
siège de la Confédération démocratique des
syndicats autonomes (CDSA), cinq organisations
syndicales (Entente syndicale des travailleurs
du Gabon, Confédération démocratique des
syndicats autonomes, Confédération gabonaise du
travail/Force libre, Congrès syndical du Gabon,
Union générale des salariés responsables,
Confédération syndicale démocratique du travail)
n'ont pas fait dans la
dentelle pour exprimer leur
ire face à ce qu ils considèrent comme les
manoeuvres dilatoires du ministre du Travail.
Tendant à affaiblir les chances de réussite des
négociations en cours. Celles-ci concernent
essentiellement la mesure d'augmentation du
Salaire minimum interprofessionnel garanti
(Smig), décidée dernièrement par le président de
la République pour valoriser le pouvoir d'achat
des Gabonais.
Tout en rappelant qu'à la
suite de cette décision d'augmentation du Smig,
les agents de la Fonction publique et de la
municipalité de Libreville ont bénéficié
rapidement de cette majoration, les responsables
syndicaux font remarquer que ceux du secteur
privé devaient, par contre, faire l'objet de
négociations sectorielles avec prise d'effet au
mois d'octobre 2006. Et pour cela, un accord
d'étape avait été signé en novembre 2006 au
cours d'une rencontre tripartite gouvernement
employeurs et travailleurs, sous la présidence
du ministre du Travail et de l'Emploi,
Christiane Bitougat.
Depuis lors, la partie se
joue sur les chausses-trappes. Et la conclusion
des syndicalistes est sans appel : "nous sommes
en droit de dire que les négociations salariales
entre les employeurs et les
travailleurs sont un échec, une
mascarade".
N'y allant pas avec le dos de
la cuillère, ils pointent un doigt accusateur
sur le ministre du Travail, en charge de cette
organisation, dont ils demandent le départ sans
condition pour avoir "excellé dans les
manipulations, dans le but d'affaiblir les
chances de réussite des travailleurs"
Et les griefs sont multiples
: "l'on notera que le ministre du Travail et
de l'Emploi, en violation flagrante des
conventions 87 et 135 de l'OIT (Organisation
internationale du travail, Ndr) reprises par les
articles 14 et 270 du Code du travail relatives
aux actes d'ingérence et de discrimination de
nature à porter atteinte à la liberté syndicale,
s'est permis de s'opposer et de rayer les noms
des représentants des travailleurs proposés
parleur organisation syndical respective aux
négociations, sans consultation des Centrales.
Car, la recommandation 163 de l'OIT, dans son
article 3.a, confère la reconnaissance aux
seules organisations des travailleurs et
d'employeurs aux fins de négociation
collective".
MANQUEMENTS• En outre,
dénoncent les organisations syndicales,"ledit
ministère n'a pas communiqué aux
Organisations des
travailleurs les lieux et les heures des
négociations en temps utile, au point que
plusieurs représentants des travailleurs n'ont
pu prendre part aux dites négociations. Ceux qui
furent informés d'un lieu de négociation donné
arrivèrent 24 heures voire 48 heures après leur
tenue. Cette mauvaise organisation a fait que
plusieurs secteurs d'activités professionnelles
n'ont pas fait l'objet de négociations de
salaire".
Outre ces manquements relevés
par les syndicalistes, ces derniers interpellent
les pouvoirs publics sur 'l'abus d'autorité,
manque de respect, de la dignité des
leaders syndicalistes, du fait des propos
malveillants et humiliants du ministre du
Travail et de l'emploi".
Autre point soulevé par les
six organisations syndicales : la grève des
inspecteurs et contrôleurs du travail (qu'elles
disent soutenir) dont les conséquences "entraînent
un blocage de l'administration du travail, en
sorte que de nombreux différends professionnels
demeurent non traités, lésant ainsi l'ensemble
des organisations syndicales des travailleurs
confrontés aux problèmes de dénouements et
d'arbitrage en conciliation des dossiers de
leurs membres, tant à l'inspection du travail
qu'auprès des tribunaux de céans de travail".
Au regard de ce chapelet de
difficultés rencontrées dans la bonne tenue des
négociations, les leaders syndicalistes qui en
appellent au président de la République et au
Premier ministre, ont décidé "de suspendre
leur participation à toutes réunions
convoquées par Mme la ministre du Travail
demandant au Premier ministre "d'être
dorénavant leur interlocuteur privilégié sur les
problèmes inhérents au monde du travail
jusqu'à la nomination d'un nouveau
ministre en charge du Travail" : Dans le
même esprit, ils ont demandé au chef du
gouvernement d'organiser la poursuite des
négociations salariales dans les secteurs
n'ayant fait l'objet d'aucune négociation.