JOURNÉE NATIONALE DE LUTTE
CONTRE LES CRIMES RITUELS
Haro sur
la barbarie humaine
Une association de lutte
contre cette pratique inhumaine vient de voir le
jour à Libreville pour combattre avec le
concours des défenseurs des droits humains, ce
fléau qui gangrène notre société.
LES crimes rituels qui sont
légion dans notre pays suscitent désormais une
vive réprobation de la part de nombreux
citoyens. C'est ainsi qu'une association de
lutte contre cette pratique d'un autre âge vent
de voir le jour à Libreville, à l'occasion des
assises organisées vendredi dernier au Centre
culturel français St-Exupéry par l'Organisation
des nations unies pour l'éducation, la science
et la culture (Unesco).
A cette occasion, la nouvel.
le structure associative et l'organisme des
Nations unies ont relevé la nécessité de tout
mettre en oeuvre pour circonscrire, sinon
éradiquer cette pratique qui entache l'image de
notre société, Les acteurs sociaux impliqués
dans cette lutte ont, d'ailleurs, procédé à la
mise en place du bureau qui sera désormais
chargé de mener ce combat qui s'annonce de
longue haleine.
Comme pour marquer leur appui
aux acteurs impliqués dans cette lutte,
l'ambassadeur des Etats-Unis dans notre pays,
R. Barrie Walkley, et le représentant de
l'Unesco ont participé à ces assises organisées
pour dessiller les yeux -hautes autorités du
pays, le fait, des êtres démoniaques sans foi ni
loi, commettent des crimes et pensent que de
telles pratiques occultes et obscurantistes sont
capables d'apporter des solutions satisfaisantes
à leurs besoins et aux ambitions de leurs
commanditaires.
Pourtant, la convention des
Nations unies relatives aux Droits de l'enfant
et la charte africaine des droits et du
bien-être des enfants disposent que "l'enfant
a le droit de grandir sous la sauvegarde et la
responsabilité de ses parents et, en tout état
de cause, dans une atmosphère d'affection et de
sécurité morale et matérielle". Mais pour
de nombreux enfants, la réalité est toute
autre. Exposés à l'insécurité, nombre d'entre
eux sont souvent retrouvés mutilés à Libreville
et d'autres contrées du pays.
D'où, évidemment, la
désapprobation de l'Unesco et de l'association
de lutte contre les crimes rituels. L'objectif
de cette nouvelle structure est de travailler
avec tous les défenseurs des droits humaine et
de la civilisation et de nos traditions, afin
que soit définitivement mis un terme à ces actes
ignobles et contraires nos valeurs
morales, spirituelles et culturelles.
Le comble est que les crimes
rituels restent souvent impunis dans notre pays.
Du moins, les conclusions des enquêtes souvent
annoncées à grand battage médiatique ne sont
jamais connues, Une conduite qui rend les
autorités complices de cette pratique d'un autre
âge. Or, il ne se passe pas de mois sans que
l'on ne retrouva un enfant mutilé à Libreville
et ses environs.
Parmi les crimes qui ont plus
choqué la conscience collective ces dernières
années, l'on cite l'assassinat des petits fric
et Ibrahim, retrouves vidés de leur sang à la
plage. Tout comme trois autres enfants retrouvés
morts dans une voiture à Mindoubé. Les auteurs
de ces crimes continuent à savourer les délices
de la vie. Comme si de rien n'était.