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Le quotidien l'Union du 14 Février 2007

 

RENCONTRE ENTRE LE MINISTRE DES MINES ET VEOLIA

A quoi la SEEG s'était-elle engagée en 1997 ?

Le contrat à durée limitée - 20 ans - peut être rompu si le concessionnaire n'assume pas ses obligations comme prévu.

LE 13 juin 1997, les actes consacrant la privatisation de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) sont signés entre la Compagnie générale des eaux et la République gabonaise en présence du chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba et du président de la CGE Jean-Marie Messier.

Il s'agit en réalité de la délégation du service public à un gestionnaire privé, dans le cadre d'un contrat précis dit de concession, à durée limitée, et sous la tutelle de l'État.

L'État conserve donc un droit de regard sur la SEEG, Il a aussi un droit de veto sur certaines décisions stratégiques, parce qu'à l'origine de la privatisation, il était confronté à certaines complications dans la gestion du secteur de l'eau et de l'électricité.

"Faut-il garder l'eau et l'électricité au sein d'une même entreprise ? Doit-on séparer production, acheminement et distribution de l'électricité ? Y a-t-il lieu d'introduire la concurrence pour la production d'électricité ? Peut-on garder un système de concession, ou adopter une autre méthode ? Quelle méthodologie de privatisation mettre en oeuvre ?'Voici quelques-unes des questions sur lesquelles le gouvernement s'était penché entre février et juin 1996 lorsqu'il s'est agi de privatiser la SEEG. A cette occasion, de nombreux acteurs avaient été consultés pour y répondre. Il n'est peut-être pas mutile de revenir sur certaines de ces questions. Notamment sur celle portant sur le monopole de services aussi stratégiques que l'eau et l'électricité.

Dans la phase de recherche d'un partenaire, la grande campagne de marketing organisée dans le monde entre avril et août 1997, avait pour but de capter des compagnies internationales pour les intéresser à la SEEG. Finalement, 4 sociétés ont été retenues pour participer au concours Saur International (France), Lyonnaise des Eaux (France), et Générale des Eaux (France)/ESBI (Irlande).

Les discussions, qui ont duré près de 5 mois, ont permis de recueillir les commentaires de toutes les parties, l'ambition de l'Etat étant que les contrats définitifs reflètent l'esprit de partenariat nécessaire au bon fonctionnement d'une relation de longue durée.

Parallèlement à la phase de négociations, une importante restructuration financière de la SEEG a été mise en oeuvre pour assainir le bilan de l'entreprise. : apurement des pertes du passé, paiement des arriérés des factures d'eau et d'électricité de l'Etat, pour environ deux ans et demi de consommation non réglées.

La phase de négociations achevée, les trois candidats déposent leurs offres techniques et financières sur la table des autorités le 20 mars 1997. Toutes sont jugées recevables. Le 24 mars, la sélection définitive a lieu en séance publique au Méridien. Alors que l'opinion mise majoritairement sur la Lyonnaise des Eaux, c'est le consortium Compagnie générale des eaux/ESB International qui est retenu. Pour une raison simple: il propose la réduction la plus importante des tarifs de l'eau et de l'électricité, 17,25% de baisse de tarifs contre 11,51 % pour la Lyonnaise des Eaux et 5,8 % pour Saur international. Est-ce du bluff ?

Toujours est-il qu'après la sélection de l'actionnaire, on a pu procéder à la vente des actions de l'Etat dans la SEEG, le prix ayant été fixé avant l'adjudication, a 1,95 milliard de francs. Ce prix, relativement faible, avait été décidé parce que, dans cette transaction, l'Etat voulait obtenir une réduction des tarifs de l'eau et de l'électricité la plus importante possible, réduction qui devait par la suite bénéficier à l'ensemble de la population, plutôt que la maximisation immédiate des recettes tirées de la privatisation.

En retour, l'État souhaitait obtenir du repreneur un engagement financier fort, afin d'assurer l'avenir de l'entreprise, sans que cela ait un impact négatif sur les tarifs.

Dernière chose : dans le cadre de cette concession, les infrastructures et installations demeurent tous la propriété de l'État : barrages, centrales thermiques et hydroélectriques, stations de traitement de l'eau, lignes de transmission du courant, conduites d'approvisionnement d'eau, postes de transformation de courant électrique, canalisations de distribution d'eau potable, compteurs d'eau et de courant chez les usagers, bâtiments SEEG, etc.

La SEEG ne fait que gérer ces biens de l'Etat et en est responsable. Elle est engagée à les utiliser selon les règles de l'art, a les entretenir comme lui appartenant, à les moderniser et à les remplacer en temps utile, à les accroître par de nouvelles installations pour répondre à la demande.

~a concession consiste donc à mettre lesbiens du secteur, propriété de l'État, à la disposition de la JEEG, afin d'assurer le service public de production, de transport, de distribution et de commercialisation de l'eau et de l'électricité, dans des conditions précises stipulées dans le contrat de concession. Ce contrat est à durée limitée et connue - 20 ans - et peut être rendu caduc si le concessionnaire n'assume pas ses obligations comme prévu au contrat.

Source : Journal L'Union Plus du 14 Février 2007

 



   

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