ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR /
UNIVERSITÉ OMAR BONGO
Au lendemain de la publication
des décisions du Conseil de discipline à
l'encontre de quelques étudiants
Des
sanctions jugées sévères
Hier, le climat était calme au
sein de la première université gabonaise.
L'ANNONCE,
mercredi soir, des décisions du Conseil de
discipline de l'Université Omar Bongo par le
secrétaire général de cette institution, Michel
Mboumi, particulièrement celles portant
exclusion temporaire ou définitive d'une dizaine
d'étudiants, a suscité indignation et
étonnement, voire du dépit, de la part des
étudiants résidant dans les six pavillons du
campus universitaire.
La majorité des étudiants
rencontrés hier matin jugent, en effet, trop
sévère cette décision. Pourtant, il fallait
s'attendre à de lourdes sanctions après les
malheureux évènements du ter février dernier et
leurs corollaires dont l'agression de
l'enseignant Médard Ebenega Obiang. D'autant que
lors d'une rencontre élargie à tous les
enseignants chercheurs, le ministre de
l'Enseignement supérieur, le Pr Albert Ondo
Ossa, avait prévenu et tiré la sonnette d'alarme
sur l'importance des décisions "exemplaires"
qui devraient être prises à l'encontre des
coupables de cette énième agression sur un
membre du corps enseignant.
Aussi, interrogés, de
nombreux étudiants, tout en condamnant cet acte
odieux et irrespectueux, jugent-ils tout de même
trop sévères ces décisions. Allant jusqu'à les
qualifier de "récupérés" par des
enseignants pour régler leurs comptes à certains
étudiants. Ces derniers se disent d'ailleurs
outrés par le déroulement du conseil de
discipline et l'arbitraire constaté dans la
cooptation de certains de leurs collègues qui ne
faisaient pas partie, indique-t-on, des
manifestants lors du mouvement du ter février
dernier.
"Nous avons l'impression
aujourd'hui que l'agression supposée de cet
enseignant par les étudiants n'était qu'une
manière de remettre, au goût du jour, le cahier
de charges de ces enseignants, qui était déjà
dans les tiroirs. Car, pourquoi ne présente-t-on
pas cet enseignant agressé et son certificat
médical à l'opinion, afin que l'on soit édifié
sur la gravité de son état de santé'; s'est
exclamé un étudiant en psychologie.
Hier matin à l'UOB, en
dehors du bruit provenant de la "Maison des
étudiants" où certains retiraient les bons de
caisse de leur bourse, il régnait un silence de
cathédrale. Ici et là, de petits groupes
d'apprenants étaient visibles, spéculant sur ce
qui est qualifié aujourd'hui dans le monde
estudiantin de "sentence du 14 février'',
jour de la célébration de l'Amour.
Pour J.B. du département de
droit et sciences économiques, "ces
exclusions abusives, sans le souhaiter,
pourraient mettre de l'huile sur le feu.
Car, non seulement elles viennent confirmer la
véritable place de l'étudiant gabonais,
considéré comme un sous homme dans notre
société, niais aussi une manière de nous imposer
une seconde trêve sociale sans mesures
d'accompagnement". Avant de conclure : "
nous sommes étouffés par nos problèmes d'études
et de vie dans ce campus".
Il faut dire que-la majorité
des étudiants rencontrés semblent donner raison
à leurs condisciples sanctionnés. Pour cela, ils
s'appuient sur le fait que certains de ceux qui
ont été frappés par la mesure d'exclusion sont
ceux qui avaient oeuvré pour l'annulation de la
pénalité lors des inscriptions, l'équipement en
ordinateurs de quelques pôles de recherche des
étudiants et enseignants à l'UOB et l'achat et
l'équipement des salles de classe en
tables-bancs et du restaurant U en chaises.
Quoiqu'il en soit, les
mesures rectorales peuvent avoir l'effet d'un
thermomètre cassé sans pour autant faire baisser
la fièvre, car plus de 1000 étudiants se
retrouvent encore sans bourse, sans eau et
électricité en cité universitaire.