FORCES DE DÉFENSE ET DE
SÉCURITÉ
La
gendarmerie à la recherche d'un nouveau souffle
Créée au soir de
l'indépendance, la gendarmerie est une force
militaire chargée d'assurer le maintien de
l'ordre public, l'exécution des lois sur tout le
territoire national ainsi que la sécurité aux
armées. A la tête de ce corps depuis 2002, le
général Honoré Oléry met tout en oeuvre pour
donner un nouveau souffle à cette force
militaire, afin de lui permettre de relever les
nouveaux défis qui l'interpellent.
TOUT
change avec le temps et nous devrons changer
avec le temps. Cette invite d'un célèbre
écrivain africain, le commandant en chef de la
gendarmerie, le général Honore Oléry, se l'est
appropriée. Depuis son arrivée à la tête de
cette force militaire, l'officier supérieur a
entrepris un certain nombre de réformes pour
donner une nouvelle impulsion à la gendarmerie,
en transit entre deux époques.
Pourtant, les choses ne sont
pas si simples dans une société où les mauvaises
habitudes ont la vie dure. Mais le général Oléry-
du reste connu pour sa rigueur - met
progressivement en place les pièces du difficile
puzzle qu'est la refonte de la gendarmerie. Son
premier combat est celui contre les pratiques
qui galvaudent l'image de la Gendarmerie. Dans
ce schéma, n'hésite pas à radier des effectifs
de la gendarmerie tout agent coupable d'actes
qui souillent l'honneur du corps.
Pour donner l'exemple qu'il
ne fait pas dans le népotisme, il a exclu son
propre cousin, Aristide Onkra, qui avait empoché
les fonds volés au Trésor provincial de
Tchibanga par une pègre. D'autres agents
indélicats ont fait les frais de sa rigueur.
Outre l'épée de l'exclusion suspendue au-dessus
des têtes des brebis galeuses, le commandant en
chef met un accent particulier sur une meilleure
utilisation des ressources humaines. Concrète
ment, il confie les responsabilités aux
collaborateurs en fonction dé leurs compétences,
l'objectif étant, bien sûr, d'arriver à un
rendement optimal.
S'agissant des réformes en
cours, il a demandé à la sphère décisionnelle de
l'Etat de revoir l'âge de recrutement des
agents.
"Au lieu de prendre des
jeunes âgés de 18 à 25 ans, on peut recruter de
18 à 30 ans. Cela nous permettrait de recruter
même des universitaires. Mais nous avons obtenu
l'accord pour recruter jusqu'à 28 ans. C'est
déjà un grand acquis" a relevé le général
Oléry.
A la lumière de ces
explications, il ressort que la gendarmerie va
être orientée vers les missions de maintien de
paix sur le continent. Toute chose qui exige des
soldats un bon niveau d'études et de culture.
"Dans l'armée, on dit que être un bon
militaire, il suffit d'être gros, grand et bête.
Mais le contexte a changé pour être un bon
gendarme, par exemple il faut avoir un niveau
d'études élevé ; a-t-il fait remarquer.
Au lendemain de sa prise de
fonction en 2002, il a organisé un concours pour
recruter 500 agents. A cette occasion, un accent
particulier avait été aussi mis sur le niveau
d'études. Sur les 500 agents, 150 étaient des
bacheliers.
VOLONTE• Ce qui a permis
à la gendarmerie d'accroître son vivier de
cadres à même de relever les défis de ce siècle
de compétitivité et de concurrence. A ce jour,
la gendarmerie accuse un déficit de 4000 agents.
En moyenne, trois gendarmes meurent par mois. La
principale cause de cette mortalité est, dit on,
le VIH-SIDA. Pour augmenter les effectifs, un
autre concours a été organisé l'année dernière.
8000 candidats se bousculaient au portillon pour
accéder à l'école d'instruction d'Owendo.
Malheureusement, seuls 200 jeunes seront
retenus, conformément aux instructions du
ministère des Finances, qui n'a mis à la
disposition de la gendarmerie que 200 postes
budgétaires.
Là encore, un accent
particulier est mis sur le niveau d'études. De
même, la hiérarchie de la gendarmerie tient
compte de la configuration socio-éthnique du
pays. Il y avait des ethnies qui n'avaient
pas un seul gendarme .Nous avons, par exemple,
les Puvi, les Akélés et les Mahongwés.
Nous sommes en voie de recruter des
pygmées qui sont des citoyens à part
entière. Nous voulons intéresser toutes
les ethnies du Gabon. Le fait qu'on
n'impose plus la taille a permis
d'élargir l'horizon; a expliqué le général
Oléry.
Le corps d'élite offre de
nombreuses opportunités dans différents secteurs
d'activités. C'est ainsi qu'elle recrute des
maçons, des mécaniciens auto, des électriciens,
des infirmiers, etc. Très souvent le recrutement
obéit aux besoins exprimés.
Au demeurant, la hiérarchie
de la gendarmerie est mue par la volonté de
donner un nouveau souffle à ce corps d'élite.
Sur ce flan, elle dispose d'atouts indéniables,
à savoir l'esprit entreprenant du ministre de
tutelle, Ali Bongo Ondimba, qui soutient les
efforts du commandement en chef, la
détermination du général Oléry et la volonté de
nombreux jeunes appelés à faire carrière dans la
gendarmerie. Avant le 10 mars prochain, la
nouvelle promotion intégrera les locaux de
l'école d'instruction d'Owendo.
Il reste que certains ne vont
pas souvent jusqu'au bout de leur formation. Ils
reculent parfois devant certaines difficultés.
En 2003, un jeune homme, admis à suivre la
formation, a démissionné au moment d'entrer en
possession de son uniforme. Il était en rang
avec les autres. Un moment, il a supplié son
père de l'accompagner à la maison, arguant qu'il
y avait oublié quelque chose d'important. Une
fois à la maison, il s'est enfermé dans sa
chambre. Lorsque son père l'a appelé pour qu'il
le raccompagne retrouver les autres,il a menacé
de se suicider", a expliqué le commandant en
chef de la gendarmerie.