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Le quotidien l'Union du 21 Février 2007

 

FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ

La gendarmerie à la recherche d'un nouveau souffle

Créée au soir de l'indépendance, la gendarmerie est une force militaire chargée d'assurer le maintien de l'ordre public, l'exécution des lois sur tout le territoire national ainsi que la sécurité aux armées. A la tête de ce corps depuis 2002, le général Honoré Oléry met tout en oeuvre pour donner un nouveau souffle à cette force militaire, afin de lui permettre de relever les nouveaux défis qui l'interpellent.

TOUT change avec le temps et nous devrons changer avec le temps. Cette invite d'un célèbre écrivain africain, le commandant en chef de la gendarmerie, le général Honore Oléry, se l'est appropriée. Depuis son arrivée à la tête de cette force militaire, l'officier supérieur a entrepris un certain nombre de réformes pour donner une nouvelle impulsion à la gendarmerie, en transit entre deux époques.

Pourtant, les choses ne sont pas si simples dans une société où les mauvaises habitudes ont la vie dure. Mais le général Oléry- du reste connu pour sa rigueur - met progressivement en place les pièces du difficile puzzle qu'est la refonte de la gendarmerie. Son premier combat est celui contre les pratiques qui galvaudent l'image de la Gendarmerie. Dans ce schéma, n'hésite pas à radier des effectifs de la gendarmerie tout agent coupable d'actes qui souillent l'honneur du corps.

Pour donner l'exemple qu'il ne fait pas dans le népotisme, il a exclu son propre cousin, Aristide Onkra, qui avait empoché les fonds volés au Trésor provincial de Tchibanga par une pègre. D'autres agents indélicats ont fait les frais de sa rigueur. Outre l'épée de l'exclusion suspendue au-dessus des têtes des brebis galeuses, le commandant en chef met un accent particulier sur une meilleure utilisation des ressources humaines. Concrète ment, il confie les responsabilités aux collaborateurs en fonction dé leurs compétences, l'objectif étant, bien sûr, d'arriver à un rendement optimal.

S'agissant des réformes en cours, il a demandé à la sphère décisionnelle de l'Etat de revoir l'âge de recrutement des agents.

"Au lieu de prendre des jeunes âgés de 18 à 25 ans, on peut recruter de 18 à 30 ans. Cela nous permettrait de recruter même des universitaires. Mais nous avons obtenu l'accord pour recruter jusqu'à 28 ans. C'est déjà un grand acquis" a relevé le général Oléry.

A la lumière de ces explications, il ressort que la gendarmerie va être orientée vers les missions de maintien de paix sur le continent. Toute chose qui exige des soldats un bon niveau d'études et de culture. "Dans l'armée, on dit que être un bon militaire, il suffit d'être gros, grand et bête. Mais le contexte a changé pour être un bon gendarme, par exemple il faut avoir un niveau d'études élevé ; a-t-il fait remarquer.

Au lendemain de sa prise de fonction en 2002, il a organisé un concours pour recruter 500 agents. A cette occasion, un accent particulier avait été aussi mis sur le niveau d'études. Sur les 500 agents, 150 étaient des bacheliers.

VOLONTE• Ce qui a permis à la gendarmerie d'accroître son vivier de cadres à même de relever les défis de ce siècle de compétitivité et de concurrence. A ce jour, la gendarmerie accuse un déficit de 4000 agents. En moyenne, trois gendarmes meurent par mois. La principale cause de cette mortalité est, dit on, le VIH-SIDA. Pour augmenter les effectifs, un autre concours a été organisé l'année dernière. 8000 candidats se bousculaient au portillon pour accéder à l'école d'instruction d'Owendo. Malheureusement, seuls 200 jeunes seront retenus, conformément aux instructions du ministère des Finances, qui n'a mis à la disposition de la gendarmerie que 200 postes budgétaires.

Là encore, un accent particulier est mis sur le niveau d'études. De même, la hiérarchie de la gendarmerie tient compte de la configuration socio-éthnique du pays. Il y avait des ethnies qui n'avaient pas un seul gendarme .Nous avons, par exemple, les Puvi, les Akélés et les Mahongwés. Nous sommes en voie de recruter des pygmées qui sont des citoyens à part entière. Nous voulons intéresser toutes les ethnies du Gabon. Le fait qu'on n'impose plus la taille a permis d'élargir l'horizon; a expliqué le général Oléry.

Le corps d'élite offre de nombreuses opportunités dans différents secteurs d'activités. C'est ainsi qu'elle recrute des maçons, des mécaniciens auto, des électriciens, des infirmiers, etc. Très souvent le recrutement obéit aux besoins exprimés.

Au demeurant, la hiérarchie de la gendarmerie est mue par la volonté de donner un nouveau souffle à ce corps d'élite. Sur ce flan, elle dispose d'atouts indéniables, à savoir l'esprit entreprenant du ministre de tutelle, Ali Bongo Ondimba, qui soutient les efforts du commandement en chef, la détermination du général Oléry et la volonté de nombreux jeunes appelés à faire carrière dans la gendarmerie. Avant le 10 mars prochain, la nouvelle promotion intégrera les locaux de l'école d'instruction d'Owendo.

Il reste que certains ne vont pas souvent jusqu'au bout de leur formation. Ils reculent parfois devant certaines difficultés. En 2003, un jeune homme, admis à suivre la formation, a démissionné au moment d'entrer en possession de son uniforme. Il était en rang avec les autres. Un moment, il a supplié son père de l'accompagner à la maison, arguant qu'il y avait oublié quelque chose d'important. Une fois à la maison, il s'est enfermé dans sa chambre. Lorsque son père l'a appelé pour qu'il le raccompagne retrouver les autres,il a menacé de se suicider", a expliqué le commandant en chef de la gendarmerie.

Source : Journal L'Union Plus du 21 Février 2007

 



   

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