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Le quotidien l'Union du 15 Mars 2007

 

APRÈS LA DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE

Le gouvernement face à la problématique de l'impunité

Parmi les principaux thèmes abordés par Jean Eyéghé Ndong, l'Etat de droit figure en bonne position. Cependant, les grands axes de la stratégie pour rendre effectif ce principe laissent plutôt sceptique quant à leur efficacité.

LE Premier ministre, chef du gouvernement, jean Eyéghé Ndong, a dernièrement fait sa Déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale qui lui a d'ailleurs accordé sa confiance. Le locataire de l'immeuble du 2-Décembre a dévoilé les grands axes de l'action de son équipe pendant le temps qu'il sera en fonctions. Parmi les principaux thèmes abordés par l'hôte des députés, l'État de droit figure en bonne place.

Jean Eyéghé Ndong présente l'État de droit comme étant «la soumission des pouvoirs publics à la norme, c'est-à-dire à la loi. » Il partage le constat selon lequel notre pays dispose de textes de qualité, mais dont l'application n'est pas toujours effective. Ce qui a pour conséquence, poursuit-il, « les dérives de toute sorte se traduisant par les inégalités, la corruption, l'abus de pouvoir l'arbitraire, toutes choses susceptibles d'entamer la cohésion sociale .»

Le Premier ministre souligne que ces insuffisances dans l'application ou le respect de la loi, interpellent aussi bien l'Etat dans toutes ses composantes, que les citoyens. « En ce qui concerne les pouvoirs publics, di-t-il, il incombe prioritairement au gouvernement, en charge de la gestion quotidienne e l'État, de tout mettre en oeuvre pour que la loi soit effectivement bien appliquée. Aux côtés du gouvernement, les autres institutions de l'État ne doivent pas être en reste dans cette mission. Je pense notamment au Parement et à la justice. »

Et par rapport aux juridictions, le chef du gouvernement reconnaît que l'État, dans le respect du principe de séparation des pouvoirs, doit garantir l'indépendance de la justice. « Nul n'étant au-dessus de la loi, rappellent il, aucun justiciable ne doit se soustraire à la rigueur de celle c-, quel que soit son statut ou sa position dans la société .» Et de poursuivre « Il faut combattre les passe-droits et l'impunité à tous Ies niveaux.»

SANCTION • Pour Jean Eyéghé Ndong, la sanction constitue une arme efficace dans la lutte contre le non respect de la loi. « L'Etat de droit, souligne l'homme, induit forcément la nonne et la sanction qui fonde du reste l'autorité de l'État. Si l'inobservation de la loi ne rencontre pas de sanction, l'État s'affaiblit, dans le même temps si le corps de règles qui régit l'État est foulé aux pieds,il n'y a plus de puissance publique.»

Parallèlement à la sanction, le Premier ministre prône la redynamisation de l'instruction civique. Dans son entendement, celle-ci vise l'émergence d'un « citoyen nouveau ». Dans ce sens, le gouvernement se propose d'engager un train de mesures dans ce sens. En instituant notamment une « journée citoyenne », et en organisant une meilleure prise en compte de cette exigence dans les programmes scolaires. Tout comme, le gouvernement entend renforcer les campagnes de vulgarisation par le biais de l'éducation populaire...

A la lecture des intentions du gouvernement pour combattre l'impunité, on se rend comte que par rapport à 20 6, jean Eyéghé Ndong a mis beaucoup d'eau dans son vin. La modération, la mesure ont succédé à la détermination et à l'audace. « En regardant le peuple gabonais droit dans les yeux, je prends l'engagement de tout mettre en oeuvre pour que chacun sache bien qu'if n'y a pas dans notre pays deux catégories de citoyens: ceux qui pensent être au-dessus de la loi et ceux sur qui peut s'abattre allègrement cette loi. »C'est en ces termes que le Premier ministre avait exprimé sa volonté de lutter contre l'impunité en 2006.

PEDAGOGIE PAR L'EXEMPLE • La modération du locataire de l'immeuble du 2-Décembre aujourd'hui, montre que, un an après, il s'est rendu compte, à juste titre, que les choses ne sont pas aussi faciles que ça. L'impunité est toujours de mise dans notre pays. Les différentes juridictions et autres organes chargés de faire appliquer la loi sont constamment débordés. D'où le scepticisme suscité dans l'opinion par les déclarations du Premier ministre sur ce sujet. La lutte contre l'impunité nécessite plus. Une détermination à tous les niveaux à jouer franc jeu. Ce qui exige que le gouvernement et les autres institutions concernées par l'application de la loi dans notre pays prennent des dispositions claires pour faire appliquer en profondeur le principe de la séparation des pouvoirs.

Dés lors, il y a lieu d'associer les médias à la lutte contre ce fléau qui affaiblit dangereusement l'autorité de l'Etat. La transparence doit être de mise. Notamment au niveau de la justice. Celle-ci doit informer la presse sur les origines des pressions exercées sur elle pour étouffer telle ou telle autre affaire. A partir de là, l'opinion informée par la situation, saura à quel(s)niveaux se trouvent les fossoyeurs de l'Etat de droit dans notre pays.

Sur un autre registre, il faut dire que la lutte contre l'impunité passe également par ce qu'il convient d'appeler "la pédagogie par l'exemple". Ce qui interpelle davantage les gouvernants et autres détenteurs d'une parcelle de pouvoirs pour souscrire aux exigences de la loi. Car, aujourd'hui, outre les manquements de tous genres au niveau des hommes de la loi, l'expérience a montré que les hommes et les femmes du pouvoir impliqués dans des affaires de manipulation des deniers publics par exemple, ne sont pas traites conformément à la loi. Alors que c'est sur eux que l'exemple de fermeté devrait venir.

Dans tous les cas, il s'agit là d'autant de pistes susceptibles de transformer le scepticisme des Gabonais en espoir, quant à la volonté du gouvernement de Jean Eyéghé Ndong à lutter efficacement contre l'impunité.

Source : Journal L'Union Plus du 15 Mars 2007

 



   

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